Le « bloc du changement » veut faire prêter serment au nouveau gouvernement mardi
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Le « bloc du changement » veut faire prêter serment au nouveau gouvernement mardi

Avec la pression de Netanyahu sur les députés de Yamina, Lapid et Bennett travaillent à finaliser les accords de coalition entre 7 partis dans les deux prochains jours

Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett (à gauche), et le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, lors de la cérémonie de prestation de serment de la 24e Knesset, dans le bâtiment de la Knesset à Jérusalem, le 6 avril 2021. (Marc Israel Sellem/Pool)
Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett (à gauche), et le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, lors de la cérémonie de prestation de serment de la 24e Knesset, dans le bâtiment de la Knesset à Jérusalem, le 6 avril 2021. (Marc Israel Sellem/Pool)

Le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, et le président de Yamina, Naftali Bennett, tentent d’accélérer les négociations de coalition afin de faire prêter serment à un nouveau gouvernement dès ce mardi, ont déclaré des sources du « bloc du changement » au Times of Israel dimanche.

Selon les sources, cette précipitation est due aux inquiétudes concernant les efforts du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour convaincre les membres de Yamina de s’opposer au gouvernement, suite à l’annonce la semaine dernière du député Amichai Chikli de voter contre.

Netanyahu et son parti, le Likud, font pression sur Yamina dans son ensemble, ainsi que sur certains députés, pour qu’ils ne se joignent pas à Lapid pour former un gouvernement. Les efforts se concentrent sur l’adoption de la position de Chikli par d’autres législateurs du parti de droite de Bennett.

Afin de contourner les efforts de Netanyahu, Lapid et Bennett travaillent à finaliser des accords de coalition entre les partis dans les deux prochains jours, ont indiqué les sources.

Naftali Bennett (à gauche), alors ministre de l’Éducation, et Yair Lapid, président de Yesh Atid, lors d’une cérémonie à Netiv Haavot, dans l’implantation d’Elazar en Cisjordanie, le 23 juillet 2017. (Gershon Elinson/Flash90)

Les équipes de négociation respectives de Lapid et de Bennett ont tenu des discussions marathon samedi soir jusqu’aux premières heures de dimanche matin, au cours desquelles des « progrès significatifs » ont été réalisés, a rapporté le diffuseur public Kan. La chaîne a également déclaré que les deux hommes espèrent conclure des accords de négociation d’ici lundi.

Selon le reportage, les mécanismes généraux et les principes de base qui régiraient le fonctionnement d’un tel gouvernement ont fait l’objet d’un large consensus, et le principal sujet de discorde concerne désormais la répartition des ministères et des postes à la Knesset au sein de la coalition.

Le chef du parti Yesh Atid Yair Lapid lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 6 mai 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

Lapid, qui a reçu la semaine dernière le mandat présidentiel pour tenter de former un gouvernement, mène les négociations au nom du centre-gauche. Les parties se seraient mises d’accord pour que Bennett soit Premier ministre pendant les deux premières années du gouvernement, et Lapid pendant les deux dernières.

Les tentatives de formation d’une coalition par le « bloc du changement » ne tiennent qu’à un fil, car l’opposition d’autres députés pourrait les faire échouer : sans Chikli, le bloc du changement potentiel, incluant Yamina, dispose de 57 sièges au Parlement, contre 53 (y compris Chikli) pour les partis soutenant Netanyahu.

Bien que le gouvernement n’ait pas besoin d’une majorité de 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset pour être formé, il a besoin que plus de députés votent en sa faveur que ceux qui s’y opposent. Le parti islamiste Raam, avec quatre sièges, pourrait donc porter le bloc du changement à 61, ou empêcher la formation d’un gouvernement en donnant 57 au bloc pro-Netanyahu et en provoquant une égalité.

Lapid et Bennett devaient rencontrer le président du parti, Mansour Abbas, dimanche, dans le but de convaincre Raam de soutenir le nouveau gouvernement.

Mansour Abbas, chef du parti Raam, dirige une réunion de faction, au Parlement israélien, le 19 avril 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

M. Abbas a jusqu’à présent refusé de soutenir l’un ou l’autre camp, se positionnant comme un faiseur de roi potentiel en affirmant qu’il soutiendra le gouvernement le mieux placé pour traiter les problèmes auxquels est confrontée la communauté arabe israélienne qu’il représente.

Il ne demandera toutefois pas de poste ministériel dans le nouveau gouvernement et se contentera de la présidence d’une commission de la Knesset – soit les affaires intérieures, soit les affaires économiques – ont indiqué dimanche des sources au sein du bloc du changement.

Au-delà de l’obtention du soutien d’Abbas et de la prévention des défections de Yamina, le bloc du changement s’efforce également de résoudre plusieurs désaccords entre les sept partis qui composeraient le futur gouvernement – Yesh Atid, Yamina, Kakhol lavan, Yisrael Beytenu, Tikva Hadasha, Parti travailliste et Meretz.

Selon les informations, Lapid serait ministre des Affaires étrangères dans le cabinet de Bennett, avec le chef d’Yisrael Beytenu Avigdor Liberman comme ministre des Finances, mais un certain nombre de désaccords subsistent entre les sept partis sur plusieurs ministères clés.

La Douzième chaîne a rapporté que Yamina a donné à ses partenaires potentiels un ultimatum selon lequel la proche alliée de Bennett, Ayelet Shaked, doit être nommée ministre de la Justice ou il n’y aura pas d’accord. Shaked a occupé ce poste de 2015 à 2019.

La députée Yamina Ayelet Shaked à la Knesset, le 26 avril 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le portefeuille de la Justice est actuellement également réclamé par le chef du parti Tikva Hadasha, Gideon Saar. Saar avait préféré le portefeuille de la Défense, mais Benny Gantz de Kakhol lavan insiste pour le conserver.

Selon la Douzième chaîne, Yamina réclame la plupart des portefeuilles dits « idéologiques » au sein du gouvernement, notamment la Justice, les Affaires religieuses, la Sécurité publique et l’Éducation, laissant peu de postes à responsabilité aux autres partis.

Le ministère de l’Education, en particulier, est un point de friction. Nitzan Horowitz, du parti de gauche Meretz, réclame le poste, tandis que Tikva Hadasha le veut pour sa propre candidate, Yifat Shasha-Biton.

Selon Haaretz, les partis envisageraient également une rotation du poste de président de la Knesset entre Meir Cohen de Yesh Atid et Zeev Elkin de Tikva Hadasha.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une conférence de presse à la Knesset, à Jérusalem, le 21 avril 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Avant que Lapid n’obtienne le mandat, Netanyahu lui-même a eu la primeur pendant 28 jours, mais n’a pas réussi à convaincre suffisamment de membres de la Knesset de soutenir sa coalition. Bennett lui-même s’était engagé à soutenir Netanyahu s’il parvenait à former un gouvernement, mais Netanyahu n’a pas réussi à convaincre le Parti sioniste religieux, parti de droite dure, de se joindre à lui, car pour obtenir une majorité à la Knesset, il devait compter sur le soutien de Raam en dehors de la coalition.

Si M. Lapid ne parvient pas à former une coalition au cours de la période de 28 jours qui s’achève le 2 juin, n’importe quel membre de la Knesset pourra tenter d’obtenir l’aval d’une majorité de législateurs pour devenir Premier ministre. Si cette période de 21 jours ne permet pas de former une coalition, le pays serait contraint de se lancer dans le scénario sans précédent d’une cinquième élection en deux ans et demi.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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