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Haïfa : 4 corps retrouvés dans les décombres de l’immeuble touché par un missile iranien

Les victimes ont été exhumées au terme d'une opération de recherche et de sauvetage qui a duré 18 heures, compliquée par la présence d'une ogive non explosée qui aurait pu causer des dégâts bien plus importants ; 4 personnes ont été légèrement blessées lorsque la zone a de nouveau été prise pour cible pendant la nuit

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les équipes de recherche et de sauvetage du Commandement du Front intérieur à l'œuvre dans les décombres d'un immeuble résidentiel frappé par un missile iranien, à Haïfa, le 6 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)
Les équipes de recherche et de sauvetage du Commandement du Front intérieur à l'œuvre dans les décombres d'un immeuble résidentiel frappé par un missile iranien, à Haïfa, le 6 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Les Services d’incendie et de secours ont indiqué lundi que les corps de quatre personnes avaient été retrouvés sous les décombres sur le site de l’impact d’un missile balistique iranien à Haïfa, alors qu’une nouvelle salve visant la même zone a légèrement blessé quatre personnes et causé des dégâts supplémentaires.

Les pompiers ont déclaré, tôt lundi matin, qu’après des heures d’efforts menés conjointement avec le Commandement du Front intérieur, les forces « avaient exhumé deux personnes coincées sous les décombres et ne présentant aucun signe de vie ». Il s’agissait d’un homme et d’une femme d’environ 80 ans.

Quelques heures plus tard, il a été annoncé qu’un troisième corps, celui d’un homme d’une quarantaine d’années, avait été retrouvé sous les décombres du bâtiment.

Peu de temps après, les équipes de secours ont annoncé avoir également retrouvé le corps d’une femme de 35 ans. Le dernier corps a été retrouvé environ 18 heures après l’impact du missile.

Quatre personnes étaient initialement portées disparues après l’attaque, ont indiqué les secouristes dimanche soir, ajoutant que le bâtiment présentait un risque « grave » d’effondrement.

L’identité des victimes n’a pas été rendue publique.

Les équipes de secours israéliennes sur les lieux où un missile balistique tiré depuis l’Iran a frappé un immeuble, à Haïfa, le 6 avril 2026. (Crédit : David Cohen/Flash90)

L’attaque a également fait un blessé grave, un homme de 82 ans, ainsi qu’une femme de 78 ans légèrement à modérément blessée, et une femme de 38 ans ainsi qu’un bébé de 10 mois, tous deux légèrement blessés, ce dernier souffrant d’un traumatisme crânien, selon les secouristes.

Lundi, un porte-parole de l’hôpital Rambam a déclaré que l’homme de 82 ans avait subi une intervention chirurgicale et était sous sédatifs et sous ventilation.

Son épouse, âgée de 78 ans, a également été hospitalisée et son état est satisfaisant, a indiqué l’hôpital.

L’énorme ogive n’a pas explosé

Selon les enquêtes menées par l’armée et la police, l’ogive du missile balistique, qui contenait plusieurs centaines de kilogrammes d’explosifs d’après les estimations, n’a pas explosé lors de l’impact.

L’énergie cinétique générée par l’impact a provoqué l’effondrement de plusieurs étages de l’immeuble résidentiel ; toutefois, les habitations voisines n’ont pas subi de dégâts importants.

Si l’ogive avait explosé, la déflagration aurait probablement détruit l’immeuble tout entier et endommagé les habitations environnantes, ont estimé les secouristes.

Une enquête de l’armée de l’air israélienne a révélé que le missile n’avait pas été intercepté, car il s’était désintégré en vol.

D’importants dégâts sur un immeuble résidentiel à Haïfa à la suite d’une frappe de missile iranien le 5 avril 2026. (Crédit : Magen David Adom)

Les intercepteurs ont manqué leur cible, car le projectile s’est désintégré et sa trajectoire a changé, selon l’enquête.

Une partie du missile, vraisemblablement l’ogive, est ensuite tombée et a frappé l’immeuble résidentiel, provoquant son effondrement partiel.

Les équipes de secours israéliennes inspectant les lieux où un missile balistique tiré depuis l’Iran a frappé un immeuble, à Haïfa, le 6 avril 2026. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Dimanche soir, sur les lieux, le chef de la police israélienne, Danny Levy, a déclaré aux journalistes que l’ogive, toujours enfouie sous les décombres, avait peu de chances d’exploser.

« Nous avons évacué plusieurs bâtiments afin que, dans le cas improbable où le missile exploserait, personne ne soit blessé. Nos sapeurs s’occupent de la situation », a-t-il indiqué.

Les voisins ont décrit une énorme déflagration, suivie d’un champignon atomique, puis d’une explosion de gaz dix minutes plus tard.

De la fumée s’est d’abord élevée des ruines, tandis que les secouristes déblayaient les décombres avec précaution.

La partie du bâtiment détruite se trouvant à flanc de colline, à l’écart de la rue et face à une zone boisée, une grande pelleteuse a déblayé les arbres afin de créer un accès depuis le bas.

Les forces de recherche et de sauvetage du Commandement du Front intérieur travaillant au milieu des décombres d’un immeuble résidentiel frappé par un missile iranien, à Haïfa, le 5 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Vered Ohana, une habitante de Haïfa, a déclaré au site d’information Ynet : « C’était une énorme déflagration, une déflagration incroyable. Il était clair qu’il s’agissait d’un impact direct. »

La plupart des habitants s’étaient réfugiés dans le miklat -abri antiatomique de l’immeuble – et en sont ressortis indemnes, selon les Services d’incendie et de secours.

Les personnes qui ont perdu la vie ne se trouvaient pas dans un abri antiatomique au moment de l’impact, selon les responsables des opérations de recherche et de sauvetage.

Une opération de recherche et de sauvetage « parmi les plus complexes »

Les forces de sécurité et les équipes de secours israéliennes intervenant au milieu des décombres d’un immeuble résidentiel frappé par un missile iranien, à Haïfa, le 5 avril 2026. (Crédit : Ariel Schalit/AP Photo)

Un officier supérieur chargé des opérations de recherche et de sauvetage au sein du Commandement du Front intérieur a qualifié les 18 heures d’efforts déployés pour récupérer les quatre corps de l’une des opérations de sauvetage « parmi les plus complexes » de la guerre.

Selon cet officier, les quatre victimes se trouvaient dans une pièce intérieure d’un appartement situé au rez-de-chaussée de l’immeuble, près de la cage d’escalier, et non dans un mamad – abri antiatomique privé.

« Il s’agissait de l’une des opérations de sauvetage les plus complexes auxquelles nous ayons dû faire face au cours de cette campagne. 18 heures de mobilisation de moyens spécialisés, un travail considérable », a-t-il confié lors d’un entretien téléphonique avec des journalistes.

L’officier a indiqué que les forces avaient agi en partant du principe que les victimes pouvaient être en vie, et avaient donc « travaillé lentement et méthodiquement jusqu’à ce que nous ayons extrait les quatre corps ».

Les équipes de secours israéliennes inspectant les lieux où un missile balistique tiré depuis l’Iran a frappé un immeuble, à Haïfa, le 6 avril 2026. (Crédit : David Cohen/Flash90)

L’opération de sauvetage a également été compliquée par la crainte que l’ogive du missile balistique iranien n’ait pas explosé lors de l’impact.

« L’hypothèse était qu’il y avait soit une ogive, soit des munitions non explosées à l’intérieur de la structure », a expliqué l’officier, ajoutant que les « précautions nécessaires » avaient été prises.

Pour atteindre les victimes le plus rapidement possible, les forces du Commandement du Front intérieur ont creusé plusieurs tunnels dans les décombres.

« La procédure est très complexe ici », a ajouté l’officier.

Les forces de recherche et de sauvetage du Commandement du Front intérieur travaillant au milieu des décombres d’un immeuble résidentiel frappé par un missile iranien, à Haïfa, le 6 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef du Commandement du Front intérieur, le général de division Shaï Klapper, a déclaré sur place dans la nuit que l’armée agirait avec « détermination, professionnalisme et rigueur » jusqu’à ce que tout le monde soit retrouvé.

Il a qualifié la situation de « complexe », mais a souligné que les unités de recherche et de sauvetage de Tsahal, « en collaboration avec les organisations d’urgence, possèdent une grande expertise dans ce type d’opérations ».

Klapper a également indiqué qu’une alerte précoce avait été lancée et que les sirènes avaient retenti à Haïfa pendant l’attaque.

« Je suis conscient que cette campagne est en cours et qu’elle représente un défi. Néanmoins, le respect des consignes et le fait de rester dans des abris sauvent des vies », a-t-il déclaré.

Le chef du Commandement du Front intérieur, le général de division Shaï Klapper (à droite), sur les lieux de l’impact d’un missile balistique iranien, à Haïfa, le 5 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Seconde attaque

Aux premières heures de lundi matin, une autre attaque au missile balistique a été lancée depuis l’Iran et a visé la région de Haïfa.

Contrairement à l’attaque meurtrière de la veille, le missile tiré lundi aurait été équipé d’une ogive à sous-munitions, dispersant des bombes sur une vaste zone, selon l’évaluation de l’armée israélienne.

Quatre personnes ont été légèrement blessées lors de cette attaque, ont indiqué les secouristes.

Un incendie faisant rage après l’impact d’une sous-munition iranienne, à Haïfa, le 6 avril 2026. (Crédit : Magen David Adom)

Le service de secours du Magen David Adom (MDA) a indiqué avoir pris en charge un couple d’une quarantaine d’années et deux jeunes filles qui avaient inhalé de la fumée.

De plus, l’impact d’une des sous-munitions présumées a provoqué l’incendie d’une voiture et une autre a fait basculer un véhicule, comme le montrent des images.

Le centre d’Israël pris pour cible

Par ailleurs, l’Iran a tiré, lundi matin, un missile équipé de sous-munitions sur le centre du pays, dispersant des bombes sur une vaste zone avec quelque 15 à 20 impacts enregistrés.

Au moins deux personnes ont été blessées, dont une gravement, ont indiqué les secouristes.

Le MDA a déclaré avoir pris en charge une femme de 34 ans, touchée après l’explosion d’une sous-munition près d’elle, à Petah Tikva. Elle a été transportée à l’hôpital dans un état grave.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre la femme debout, près de la portière ouverte de sa voiture, au moment de l’attaque. On y voit une explosion à quelques mètres de là qui projette la femme au sol et endommage sa voiture.

Quelques instants plus tard, la femme se relève et s’éloigne en titubant hors du champ de la caméra.

Le Commandement du Front intérieur a exhorté à plusieurs reprises les automobilistes pris sur la route au moment où une sirène retentit à se mettre immédiatement à l’abri dans le miklat le plus proche ou, s’ils ne le peuvent pas, à s’éloigner de leur véhicule et à s’allonger à plat ventre sur le sol en se protégeant la tête avec les mains.

À Tel Aviv, un homme d’une trentaine d’années a été légèrement blessé par des éclats de verre, a indiqué le MDA.

Le centre du pays a également été pris pour cible à deux reprises pendant la nuit, poussant des millions de personnes à courir se réfugier dans un abri antiatomique.

Une femme de 90 ans a été grièvement blessée après être tombée alors qu’elle se rendait à l’abri antiatomique, a indiqué le MDA.

Selon Tsahal, la première salve de missiles a été interceptée, tandis que la seconde, qui comportait une ogive à sous-munitions, s’est dispersée sur une zone dégagée.

Depuis le début de la guerre actuelle, le 28 février, plus de 500 missiles balistiques ont été tirés depuis l’Iran vers Israël.

Au total, au moins quatorze missiles équipés d’ogives conventionnelles contenant des centaines de kilogrammes d’explosifs ont frappé des zones habitées en Israël, causant d’importants dégâts.

On a également dénombré plus de 30 frappes de missiles équipés de sous-munitions ayant touché des zones peuplées, avec plus de 200 sites d’impact distincts.

Depuis le début des hostilités, le 28 février, 18 civils israéliens et ressortissants étrangers ont été tués en Israël lors de ces attaques de missiles balistiques iraniens, ainsi que quatre Palestiniennes en Cisjordanie.

Sue Surkes, Diana Bletter et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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