Deux pères ayant perdu un fils dans le drame de Meron se réconfortent
Rechercher

Deux pères ayant perdu un fils dans le drame de Meron se réconfortent

"J'ai fait tout ce que j'ai pu", sanglote Avigdor Hayut, qui avait accompagné son fils et un étudiant aux festivités de Lag BaOmer où ils ont tous deux perdu la vie

Le rabbin Avigdor Hayut, à gauche, et le rabbini David Levy, à droite, ont tous les deux perdu leur fils lors de la tragédie du mont Meron en Israël. (Capture d'écran)
Le rabbin Avigdor Hayut, à gauche, et le rabbini David Levy, à droite, ont tous les deux perdu leur fils lors de la tragédie du mont Meron en Israël. (Capture d'écran)

Avigdor Hayut et David Levy, qui ont tous les deux perdu un fils lors de la catastrophe du mont Meron, ce week-end, se sont rencontrés dimanche à Bnei Brak, partageant la même infinie douleur.

Hayut se trouvait sur le site du pèlerinage pour les réjouissances de Lag BaOmer en compagnie de son fils Yedidia, âgé de 13 ans, et d’un ami de ce dernier, Moshe Levy, 14 ans. Yedidia et Moshe n’ont pas survécu à la bousculade géante qui a fait 45 morts vendredi aux environs d’une heure du matin.

« Nous avons perdu deux fils. J’ai fait tout ce que j’ai pu », a dit Hayut à Levy, sanglotant, alors que les deux hommes se rencontraient pour la toute première fois depuis la tragédie, lors d’une visite de Hayut à la famille Levy à Bnei Brak pour la shiva.

« Nous nous sommes tous tenus la main jusqu’à ce que nous tombions et que nous nous retrouvions bloqués au sol », a raconté Hayut, qui enseigne à la yeshiva où les deux jeunes garçons étudiaient.  » Nous nous sommes trouvés séparés de Moshe et de Yedidia. Je les ai perdus. Il était comme mon fils », a ajouté Hayut, arrivé au domicile de Levy dans une chaise roulante en raison de ses blessures lors de la bousculade.

Yedidia Hayut, 13 ans originaire de Bnei Brak, tué dans la bousculade meurtrière du mont Méron, le 30 avril. (Autorisation)

David Levy a déclaré à Kan que cela faisait des années que son fils suppliait de pouvoir assister aux festivités organisées pour Lag BaOmer sur le mont Meron, et qu’il lui avait donné l’autorisation de s’y rendre, cette année, en raison de ses résultats excellents à l’école.

« C’était un enfant formidable. Un ange. Tout le monde l’aimait, ses amis l’adoraient », a-t-il dit.

Hayut était arrivé sur le mont Meron en compagnie des deux jeunes adolescents et de son fils cadet, Shmuel. « Nous avons été happés par la foule », s’est souvenu Hayut au micro de Kan. « J’ai bien vu qu’il y avait beaucoup de gens et que les choses devenaient incontrôlables, et j’ai pris la décision de partir avec les enfants ».

Le père de Yedidya Hayut à l’hôpital après avoir été blessé à Meron, le 30 avril 2021.

Hayut a expliqué que lui et les trois enfants ont été « rapidement happés dans la foule. A un moment, mon fils cadet et moi-même avons été projetés au sol. C’est à ce moment-là que nous avons perdu Yedidia et Moshe. Tous ceux qui étaient derrière nous sont tombés les uns sur les autres. Je ne pouvais plus respirer. J’ai entendu mon fils crier : ‘Papa, je vais mourir’. J’ai essayé de l’encourager, même quand j’ai senti moi-même que la fin pouvait être proche et que je ne sentais plus mon corps ».

Hayut a indiqué qu’il était étendu sur le sol, dans l’incapacité de bouger et ignorant ce qui était arrivé à Shmuel, Yedidia ou Moshe. Une fois arrivé à l’hôpital, Hayut a frénétiquement continué à chercher à obtenir des informations sur les enfants.

Si Shmuel a pu rentrer chez lui largement indemne, Hayut n’a pas pu retrouver Yedidia ou Moshe. « Ce n’est que vendredi après-midi, quand mon frère a identifié son corps sans vie à l’Institut Abu Kabir, que nous avons réalisé ce qui était arrivé ».

Yedidia a été inhumé à Bnei Brak, samedi soir, et Hayut a pu quitter l’hôpital pour assister à la cérémonie. Pour sa part, Moshe a été enterré vendredi à Petah Tikva.

Moshe Levy, 14 ans, mort dans la bousculade meurtrière du mont Meron. (Autorisation)

Avec 45 morts et des dizaines de blessés, la catastrophe, survenue dans la nuit de jeudi à vendredi, est considérée comme la pire tragédie en temps de paix de l’histoire d’Israël, dépassant le bilan de 44 morts lors de l’incendie de forêt du mont Carmel en 2010.

Parmi les victimes, de nombreux enfants et adolescents, et notamment deux fratries composées de deux frères chacune, ainsi que de jeunes pères et des rabbins. Au moins neuf étrangers ont perdu la vie, dont six ressortissants américains, deux Canadiens et un citoyen argentin.

Des juifs ultra-orthodoxes assistent aux funérailles d’une victime de la cohue lors des célébrations de Lag BaOmer au mont Meron dans laquelle 45 personnes sont mortes écrasées dans le nord d’Israël, le 1er mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...