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Devant un avion de chasse F-35, Lapid met en garde l’Iran : « Ne nous testez pas »

Il est trop tôt pour savoir si l'accord nucléaire a été bloqué, mais l’Iran "découvrira le bras long et les capacités d'Israël" s’il continue à menacer, a déclaré le Premier ministre

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre Yair Lapid sur la base aérienne de Nevatim, dans le sud d'Israël, le 6 septembre 2022. (Crédit : Capture d'écran vidéo/GPO)
Le Premier ministre Yair Lapid sur la base aérienne de Nevatim, dans le sud d'Israël, le 6 septembre 2022. (Crédit : Capture d'écran vidéo/GPO)

Le Premier ministre Yair Lapid a déclaré mardi qu’il était trop tôt pour savoir si Israël avait réussi à contrecarrer l’accord nucléaire en cours de négotiations entre les puissances mondiales et l’Iran, qu’il considère comme néfaste.

Lapid, en visite à la base aérienne de Nevatim, au sud d’Israël, où se trouvent les avions de chasse F-35 de l’armée de l’air israélienne, a également lancé un avertissement à l’Iran.

« Il est encore trop tôt pour savoir si nous avons effectivement réussi à bloquer l’accord nucléaire, mais Israël est préparé à toutes les menaces et à tous les scénarios », a déclaré Lapid dans une brève déclaration devant un F-35.

« Si l’Iran continue à nous tester, il découvrira le bras long et les capacités d’Israël. Nous continuerons à agir sur tous les fronts contre le terrorisme et contre ceux qui cherchent à nous nuire », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre Yair Lapid (R) rencontre le commandant de l’armée de l’air Tomer Bar sur la base aérienne de Nevatim, dans le sud d’Israël, le 6 septembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon/PMO)

« Comme le président [américain] Joe Biden et moi-même l’avons convenu, Israël a toute liberté d’agir comme bon lui semble pour empêcher que l’Iran ne devienne une menace nucléaire », a ajouté M. Lapid.

Israël a fait pression sur les États-Unis pour qu’ils ne réintègrent pas l’accord nucléaire de 2015. Un haut responsable de la défense a déclaré le mois dernier qu’Israël avait deux problèmes principaux avec l’accord en négociation : la clause dite de caducité, qui lèverait les restrictions sur le programme nucléaire iranien à l’expiration de l’accord, et l’allègement des sanctions qui permettrait à l’Iran d’augmenter le financement de ses mandataires.

Quand Biden est entré en fonction, un de ses objectifs était de relancer l’accord, abandonné en 2018 par son prédécesseur Donald Trump, qui avait par la même occasion imposé une volée de nouvelles sanctions à l’État dirigé par les religieux.

Le 8 août, l’Union européenne a présenté ce qu’elle a appelé un texte final de l’accord. L’Iran y a proposé des modifications – dont la plupart ont été acceptées par les Européens – que les États-Unis, par l’intermédiaire de médiateurs, ont réagi en affirmant qu’elles n’étaient « pas constructive ». Lundi, l’Iran s’est plaint de ne pas avoir encore reçu de réponse officielle des États-Unis.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, qui supervise les tentatives de sauvetage de l’accord suspendu sur le nucléaire iranien, a déclaré lundi que les récents échanges l’avaient laissé « moins confiant. »

« La dernière interaction ne converge pas, elle diverge. L’ensemble du processus est en danger », a-t-il déclaré.

Installation d’enrichissement nucléaire de l’Iran à Natanz, en Iran. (Crédit : AP Photo/Hasan Sarbakhshian)

Paralèllement, Israël a fait pression sur les États-Unis pour qu’ils préparent une option militaire contre l’Iran, et le président américain Joe Biden a déclaré en juillet qu’il serait prêt à recourir à la force si nécessaire pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.

Le programme nucléaire iranien est considéré comme trop avancé pour être éliminé en une seule frappe et l’on ignore l’ampleur des dégâts qu’une attaque militaire pourrait causer.

Le Premier ministre Yair Lapid (R) et le commandant de l’armée de l’air Tomer Bar regardent un F-35 sur la base aérienne de Nevatim, dans le sud d’Israël, le 6 septembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon/PMO)

La déclaration de Lapid est intervenue alors que le chef de l’agence d’espionnage du Mossad, David Barnea, se trouvait à Washington pour une série de réunions « destinées à expliquer au gouvernement américain notre position concernant les dangers inhérents à l’accord », selon le bureau du Premier ministre.

Israël s’oppose depuis longtemps à l’accord, affirmant que l’Iran cherche à fabriquer une bombe nucléaire, et a publié des renseignements qui, selon lui, révèlent le programme d’armement iranien. L’Iran a nié toute intention malveillante et affirme que son programme est conçu à des fins pacifiques, bien qu’il ait récemment enrichi de l’uranium à des niveaux qui, selon les dirigeants internationaux, n’ont aucune utilité civile.

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