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14 mai 1948, acte de naissance de l'Israël moderne

Docu : Arthur Koestler raconte les premières heures d’Israël

L'auteur de 'Zero et l'infini', sombre récit de l'univers carcéral soviétique, fut d'abord reporter. Le 15 mai 1948, il était en Israël...

Israeli soldiers in action on Mt. Zion, outside the Old City walls, 1948 (Courtesy of the Government Press Office, Jerusalem)
Israeli soldiers in action on Mt. Zion, outside the Old City walls, 1948 (Courtesy of the Government Press Office, Jerusalem)

Le Figaro a exhumé ce récit des premières heures d’Israël du fond de ses archives. Il émane « des ‘notes’ du grand écrivain » que le Figaro a obtenues en exclusivité française, et a publié une première fois le 16 juin 1948. Elles racontent la guerre d’Indépendance d’Israël.

Ce reportage dans l’Israël des premières heures est signé Arthur Koestler, juif hongrois, militant sioniste révisionniste, co-fondateur du Beitar.

Se rendant en Israël une première fois en 1926, Koestler fonde un hebdomadaire ainsi qu’une association d’aide juridique pour les migrants. Il quitte ensuite Israël pour embrasser une carrière de journaliste et d’écrivain. Militant communiste en 1931, il en sortit dès 1938, contrairement à beaucoup d’autres intellectuels et journalistes, après les purges staliniennes.

Ses notes ont servi de trame à son livre ‘Analyse d’un miracle’ dans lequel il détaille la création de l’Etat d’Israël, en y mêlant ses propres impressions.

« Des écriteaux à l’aéroport de Haïfa : « Douanes-Police-Passeports », fraîchement peints, en hébreu et en anglais. Tout juste nommé, l’officier d’immigration d’Israël n’a pas encore d’uniforme, pas plus d’ailleurs que l’inspecteur des douanes, ou que l’armée elle-même. En fait, l’uniforme de tous les serviteurs de l’Etat d’Israël, qu’ils soient civils ou militaires, se réduit à la vareuse et au short kaki. Les autorités portuaires sont toutes aussi affables, inefficaces et enthousiastes. C’est la bureaucratie dans son état d’innocence virginale, avant qu’elle n’ait eu le temps de se tisser son cocon de règlements. »

Il décrit la fuites des chefs arabes qui a entraîné une chute du moral des combattants :

« Haïfa est tombé parce que la population arabe, bien que légèrement inférieure en nombre mais supérieurement armée, a été entièrement démoralisée par la désertion de ses chefs. Les mêmes ‘effendis’, qui se faisaient les apôtres de l’anti-sionisme pendant qu’ils vendaient leurs terres aux Juifs, se mirent, à prêcher la guerre sainte, mais quittèrent la ville pendant la nuit avec leur famille et leur mobilier en direction de Beyrouth ou de Chypre. »

Il raconte avec détails cette « Guerre des Macchabées et des Mille et Une Nuits », et l’ambiance parfois mystique qui s’empare des belligérants :

« Caractéristique de cette atmosphère est l’histoire suivante, racontée par un témoin du combat qui se déroula dans la Vieille Cité de Jérusalem : la légende veut que, lors de la destruction du temple par les armées de Titus, les prêtres jetèrent les clés de Jérusalem vers le ciel, en implorant Dieu : ‘C’est Toi qui es désormais le Gardien de ces clés ! Une main descendit alors du ciel et prit les clés. Or pendant le siège de la Cité, effectué par la Légion Arabe, la rumeur circulait, parmi les anciens, que Dieu avait rendu les clés.’  »

L’ensemble des notes est disponible sur le site du Figaro.

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