Drame au mont Meron : Interrogatoire de deux ingénieurs de la sécurité
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Drame au mont Meron : Interrogatoire de deux ingénieurs de la sécurité

Ce sont les premiers interrogatoires menés par la police depuis la tragédie qui a eu lieu lors de cette fête religieuse où 45 personnes sont mortes écrasées

Les secouristes et la police israélienne après un incident qui a tué et blessé des dizaines de personnes, lors des célébrations de la fête juive de Lag B'Omer, au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)
Les secouristes et la police israélienne après un incident qui a tué et blessé des dizaines de personnes, lors des célébrations de la fête juive de Lag B'Omer, au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)

La police a placé lundi en détention en vue d’un interrogatoire deux ingénieurs qui avaient approuvé les arrangements mis en place pour une fête religieuse, le mois dernier, où 45 personnes sont mortes dans une bousculade géante qui s’est produite sur une rampe étroite et surpeuplée.

Les enquêteurs de l’unité Lahav 433 ont convoqué l’ingénieur et le conseiller à la sécurité qui étaient intervenus lors de la fête de Lag BaOmer qui était organisée sur le mont Meron.

Ce sont les tout premiers interrogatoires officiels et témoignages donnés à la police dans l’enquête sur cette catastrophe survenue il y a onze jours.

La police s’est aussi rendue dans les bureaux des deux hommes, dans la ville arabe de Kaabiyye, pour y chercher des documents qui seraient utiles dans ce dossier, a annoncé la Treizième chaîne.

La semaine dernière, le procureur-général Avichai Mandelblit avait fait savoir qu’une équipe d’investigation conjointe, formée de membres de la police israélienne et de membres du département des enquêtes internes de la police, au sein du ministère de la Justice, examinerait l’incident meurtrier.

Dans un communiqué, Mandelblit avait précisé que l’équipe serait soutenue par le bureau du procureur de l’État et notamment par le procureur intérimaire actuel, Amit Aisman.

Des investigations indépendantes ont d’ores et déjà été lancées par la police et par le département des enquêtes internes. Matanyahu Englman, le contrôleur de l’État, a également indiqué qu’il enquêterait dans le dossier.

Il y a eu des demandes croissantes en faveur de l’établissement d’une commission d’enquête qui pourrait se pencher sur la tragédie, et qui pourrait concentrer ses travaux sur l’organisation du pèlerinage annuel à Lag BaOmer, sur le mont Meron.

Même si certains leaders politiques, et notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont réclamé une enquête minutieuse, aucune initiative n’a été prise jusqu’à présent pour mettre en place une commission d’enquête comme de nombreux officiels du gouvernement anciens et actuels en ont fait la requête.

Les victimes du drame de Meron, le 30 avril 2021. De haut en bas, de gauche à droite : Chen Doron, Haim Rock, Ariel Tzadik, Yossi Kohn, Yisrael Anakvah, Yishai Mualem, Yosef Mastorov, Elkana Shiloh, Moshe Levy, Shlomo Zalman Leibowitz, Shmuel Zvi Klagsbald, Mordechai Fakata, Dubi Steinmetz, Abraham Daniel Ambon, Eliezer Gafner, Yosef Greenbaum, Yehuda Leib Rubin, Yaakov Elchanan Starkovsky, Haim Seler, Yehoshua Englard, Moshe Natan Neta Englard, Yedidia Hayut, Moshe Ben Shalom, David Krauss, Eliezer Tzvi Joseph, Yosef Yehuda Levy, Yosef Amram Tauber, Menachem Knoblowitz, Elazar Yitzchok Koltai, Yosef David Elhadad, Shraga Gestetner, Yonatan Hebroni, Shimon Matalon, Elazar Mordechai Goldberg, Moshe Bergman, Daniel Morris, Ariel Achdut, Moshe Mordechai Elhadad, Hanoch Slod, Yedidya Fogel, Menahem Zakbah, Simcha Diskind, Moshe Tzarfati, Nahman Kirshbaum et Eliyahu Cohen.

La catastrophe est survenue alors que l’État juif est actuellement placé sous l’autorité d’un gouvernement transitoire, après les élections du mois de mars. Un bloc de partis qui négocient actuellement la formation d’une coalition qui pourrait remplacer Netanyahu au pouvoir aurait, pour sa part, l’intention d’établir une commission s’il parvient à mettre en place un gouvernement.

La catastrophe, qui a eu lieu le 30 avril, vers 1 heure 30 du matin, aux abords du tombeau du Rabbin Shimon Bar Yochai, un sage du 2e siècle, s’est produite alors que de nombreux pèlerins ultra-orthodoxes marchaient sur une passerelle étroite et glissante, qui s’achevait sur une volée d’escaliers. Les pèlerins ont commencé à glisser en descendant, entraînant dans leur chute ceux qui se trouvaient devant eux.

Le site, qui est le deuxième site religieux le plus visité en Israël après le mur Occidental, est devenu une zone quasiment extra-territoriale – chaque secte ultra-orthodoxe organisant ses propres événements et mettant en place ses propres arrangements concernant les accès, sans supervision d’ensemble et avec une police dissuadée de faire part de ses objections par le biais des pressions exercées par les ministres du cabinet et par les politiciens ultra-orthodoxes.

D’anciens responsables de la police ont affirmé qu’ils craignaient, depuis des années, que survienne une tragédie lors de Lag BaOmer, sur le mont Meron, en raison de la foule massive et du manque de supervision.

De nombreuses informations parues dans les médias israéliens ont indiqué que les députés religieux avaient exercé de fortes pressions, avant les festivités, pour garantir que le nombre de participants ne serait pas soumis à des restrictions à cause de la pandémie de coronavirus.

Environ 100 000 pèlerins ultra-orthodoxes avaient finalement pris par à l’événement. Le cadre qui avait été établi par le ministère de la Santé, en consultation avec des responsables gouvernementaux, avec la police et d’autres aurait limité le nombre de personnes présentes à 9 000 – mais il n’a pas été appliqué.

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