Drapeau palestinien et affiches : 2 étudiants des Beaux-Arts sanctionnés
Une cinquantaine d'étudiants, tenant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans tels que "soutenir la Palestine n'est pas un crime", se sont réunis devant l'école en soutien
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Mercredi, deux étudiants de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris ont été sanctionnés pour le collage d’affiches, une décision que les étudiants estiment être une réaction à la peinture d’un drapeau palestinien sur les escaliers de l’école, ce que la direction conteste.
L’un a reçu un avertissement et l’autre un blâme, a indiqué la direction.
« Ce sont les sanctions les plus faibles prévues par le règlement intérieur, mais elles indiquent une volonté persistante de faire des exemples dans un contexte de mobilisation collective de l’ensemble des étudiants », a estimé l’avocate des étudiants, Me Prisca Ancion.
Ces deux étudiants ont été convoqués en conseil de discipline pour « dégradation de biens patrimoniaux communs », causée par des affiches placardées « sur les murs de l’école à l’aide d’une colle qui ne permet pas leur retrait », selon la direction de l’établissement.
« Certaines affiches présentaient par ailleurs un caractère injurieux », souligne-t-elle dans un message transmis à l’AFP.
Selon le récit des étudiants, un drapeau palestinien a d’abord été peint en début d’année sur les contremarches d’un escalier lors d’une « action collective », que la direction a fait nettoyer rapidement. En guise de protestation, des étudiants ont ensuite collé des affiches faisant notamment des jeux de mots avec le nom du directeur, Éric de Chassey, comme « chassey le naturel, il revient au galop ».
« On nous attaque pour des affiches, alors qu’on est étudiant dans une école d’art. On revendique notre liberté d’expression à travers des collages, des performances », a déclaré à l’AFP Raphaël, l’un des deux étudiants sanctionnés.
Mercredi, une cinquantaine d’étudiants, tenant des drapeaux « palestiniens » et scandant des slogans tels que « soutenir la Palestine n’est pas un crime », se sont rassemblés devant l’école en soutien, a constaté l’AFP.
Selon la direction, la peinture du drapeau « n’a pas été effacée en raison de son contenu politique », mais « pour une raison strictement patrimoniale », l’escalier étant « classé monument historique et causant ainsi une dégradation d’un bien protégé ».
« La France reconnaît l’État palestinien et la direction de l’école n’a aucune raison de s’y opposer », a-t-elle ajouté.
La reconnaissance de « l’État de Palestine » par la France et plusieurs autres pays est intervenue en septembre dernier, soit près de deux ans après le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
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