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Drogue : démantèlement d’un réseau qui envoie 5 à 6 millions de SMS par jour

Les machines étaient exploitées dans un entrepôt à Bnei Brak par un ancien officier de Tsahal ; mais la police pense qu'une organisation criminelle est à l'origine de l’opération

Les machines utilisées pour envoyer des millions de SMS par jour proposant des drogues dans un reportage de la Douzième chaîne diffusé le 22 juillet 2022. (Crédit : Capture d’écran/Police israélienne via la Douzième chaîne)
Les machines utilisées pour envoyer des millions de SMS par jour proposant des drogues dans un reportage de la Douzième chaîne diffusé le 22 juillet 2022. (Crédit : Capture d’écran/Police israélienne via la Douzième chaîne)

La police a arrêté un homme soupçonné d’être à l’origine de l’envoi des millions de SMS qui ont inondé les téléphones des Israéliens ces derniers mois, proposant des drogues à la vente.

Dans un reportage de la Douzième chaîne diffusé vendredi, la police a déclaré que l’opération était basée dans un entrepôt de Bnei Brak, dans la banlieue de Tel Aviv, où des machines contenant des centaines de cartes SIM étaient programmées pour envoyer cinq à six millions de SMS par jour.

Le suspect a été désigné par la police comme étant Kobi Magenzi, un homme âgé de 30 ans sans casier judiciaire et qui, jusqu’à il y a quelques mois, était officier dans une unité d’élite de l’armée israélienne.

Dans le cadre de l’enquête, Magenzi a affirmé qu’il travaillait seul et ne gagnait que 2 000 shekels par mois par le biais de cette opération.

« Jusqu’à présent, cette personne menait une vie normale. Mais il avait de grandes connaissances technologiques », a déclaré le commissaire principal Dodi Katz, commandant de l’unité cyber de la police. « Disons-le ainsi – nous avons ici affaire au plus haut niveau d’adversaire que nous aurions pu trouver ».

Toutefois, la police présume qu’une organisation criminelle se trouve derrière toute l’opération, car elle nécessite une capacité financière très importante.

« Trois machines ont été saisies dans cet entrepôt, chaque machine ayant la capacité de contenir 256 cartes SIM ; chaque carte SIM est un numéro de téléphone qui peut envoyer 5 000 messages », a déclaré à la Douzième chaîne, Ariel Nave, chef du département d’enquête de la cyber-unité de la police israélienne Lahav 433. Il n’a pas été précisé quand tout cela a eu lieu.

« Multiplié par 256 – cela fait presque 1,3 million de messages envoyés par chaque machine ; nous en avons donc conclu que 5 à 6 millions de messages peuvent être envoyés en une seule journée », a-t-il déclaré.

Ariel Nave, chef du département d’enquête de l’unité cybernétique de la police israélienne Lahav 433, dans une interview diffusée le 22 juillet 2022. (Crédit : Capture d’écran via la Douzième chaîne)

Nave a déclaré que le système était utilisé par des trafiquants de drogue qui opéraient par le biais de réseaux, notamment le dark net, également connu sous le nom de deep web, un univers en ligne qui fonctionne en parallèle de l’internet que nous connaissons.

Il s’agit d’un univers dont beaucoup de gens ignorent l’existence – une zone où les utilisateurs peuvent surfer anonymement et sans quasiment laisser de trace. Il est, entre autres, utilisé par des trafiquants d’armes et de drogue, des pédophiles, des terroristes et des cyber-criminels.

Nave a déclaré que l’opération menée à Bnei Brak, qui a mis fin à cette entreprise, avait été particulièrement gratifiante. En effet, parmi les destinataires, figuraient de nombreux mineurs qui pouvaient ainsi se procurer aisément de la drogue.

Il a décrit le moment où les enquêteurs sont entrés dans l’entrepôt et ont trouvé les machines : « C’était formidable, comme voir naître un bébé. C’était juste incroyable, vraiment ».

La police a déclaré que si cette opération avait été un succès, elle ne mettait pas, pour autant, fin au déluge de messages envoyés via Whatsapp par les trafiquants de drogue.

Selon la Douzième chaîne, la cyber-unité de la police coopère avec les services répressifs de plusieurs pays pour tenter de localiser les exploitations de serveurs par lesquelles les messages sont envoyés, mais les responsables sont conscients que pour chaque opération démantelée, d’autres les remplaceront ; le problème ne pourra être résolu que si les compagnies de téléphonie mobile commencent à prendre des mesures en la matière.

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