Israël en guerre - Jour 191

Rechercher

Edelstein du Likud prône une pause dans la réforme judiciaire

L'ancien président de la Knesset dit avoir poussé à des pourparlers sur la base des propositions de Herzog, ajoutant n'être pas le seul favorable à l'arrêt du processus législatif

Le député du Likud Yuli Edelstein lors d'une conférence accueillie par la Treizième chaîne à Jérusalem, le 26 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député du Likud Yuli Edelstein lors d'une conférence accueillie par la Treizième chaîne à Jérusalem, le 26 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un député de longue date du Likud a demandé samedi au gouvernement de suspendre sa campagne-coup de poing à la Knesset visant à faire adopter des législations très controversées qui introduiront des changements radicaux dans le système judiciaire israélien. Il a évoqué la nécessité de donner une opportunité à des discussions avec l’opposition dont l’objectif serait d’assouplir le plan, ajoutant que d’autres, au parlement, partageaient le même point de vue que le sien.

Edelstein, ancien président de la Knesset et ancien proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a aussi refusé de s’engager à soutenir le paquet de réformes sous leur forme actuelle.

« Nous avons l’opportunité d’arrêter, pour une période limitée, le processus législatif », a dit Edelstein à la Douzième chaîne dans la soirée de samedi. « Si on se réunit en adultes, sans agir comme des enfants de maternelle, alors il sera absolument possible de mettre au point un projet conjoint. »

Edelstein avait déjà dit, il y a quelques jours, que le gouvernement devait entrer dans des négociations sur la refonte judiciaire sur la base des propositions soumises par le président Isaac Herzog.

Le député du Likud a aussi noté que mettre en pause temporairement le processus législatif pourrait couper court à la demande faite par l’opposition qui réclame pour sa part un arrêt de la campagne-éclair pendant 60 jours.

« Si on se rencontre pendant quelques jours et qu’il s’avère que l’opposition est simplement déterminée à gagner du temps en s’opposant à tous les changements, et qu’elle considère que le système judiciaire tout entier est sacré, alors nous pourrons relancer le processus », a-t-il dit.

« Si ce n’est pas le cas, nous pourrons parler et trouver un accord sur les changements qui tiendra la route », a-t-il poursuivi.

Ancienne étoile montante du Likud, Eldestein a été mis à l’écart par Netanyahu depuis qu’il a annoncé son désir – auquel il a ensuite renoncé – de défier le Premier ministre à la tête du Likud.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de la Justice Yariv Levin lors d’une discussion et d’un vote à la plénière de la Knesset, le 22 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Comme d’autres conservateurs modérés en Israël, Edelstein déclare soutenir des changements dans le système de la justice – préférant toutefois qu’ils se fassent sur la base du consensus.

Alors que le journaliste de la Douzième chaîne lui demandait s’il voterait pour les réformes en l’absence d’un dialogue avec l’opposition, Edelstein n’a pas apporté de réponse directe, disant qu’il ne voulait pas être dans une situation d’ultimatum.

La coalition de Netanyahu est en train de faire avancer une refonte radicale du système judiciaire israélien qui augmenterait le contrôle gouvernemental sur ce dernier. Les critiques affirment qu’avec d’autres législations qui sont actuellement programmées, ces réformes déterminantes auront un impact sur la nature démocratique du pays en bouleversant l’équilibre des pouvoirs et en accordant presque tous les pouvoirs à l’exécutif, en laissant les droits individuels et les droits des minorités sans protection.

Les propositions rencontrent une très forte opposition de la part de nombreux secteurs de la société et elles ont entraîné un mouvement de protestation qui ne cesse de se renforcer à Tel Aviv, à Jérusalem et dans d’autres villes majeures.

Samedi soir, environ 160 000 personnes se sont rassemblées à Tel Aviv et des dizaines de milliers de personnes se sont réunies ailleurs pour condamner ces propositions qui, selon leurs détracteurs, transformeront Israël en démocratie qui n’en porte que le nom, en pays illibéral se rapprochant du modèle de la Hongrie et ou de la Turquie.

Des Israéliens brandissant une pancarte alors qu’ils manifestent contre les plans très controversés de refonte du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les partisans des réformes assurent que ces dernières permettront de mettre un terme aux « abus de pouvoirs » des tribunaux et des institutions judiciaires, qui ont bloqué des initiatives prises par la droite – des initiatives qui, selon les juges, violaient les droits inscrits dans les Lois fondamentales israéliennes.

Si la coalition soutient en public très largement la refonte du système judiciaire, certains ont expliqué leur malaise face au plan en raison de sa nature radicale et de l’opposition qu’il suscite au sein de l’État juif et à l’étranger.

Selon Edelstein, d’autres membres de la Knesset sont favorables à l’arrêt de la campagne législative afin de négocier un compromis possible.

« J’ai parlé avec un certain nombre de députés et plusieurs pensent pareil que moi », a-t-il indiqué dimanche au micro de la Radio militaire.

David Bitan, un autre député du Likud, a indiqué samedi que si des négociations de compromis devaient ne pas être entamées, alors le Likud serait dans l’obligation de réexaminer lui-même les propositions. S’exprimant sur la chaîne Kan, l’ancien président de la coalition a aussi prédit que le gouvernement s’effondrerait avant les prochaines élections en raison des luttes de pouvoir entre une coalition qui est, selon lui, « homogène » et qui se bat pour obtenir le soutien d’un seul et unique électorat.

Le député David Bitan lors d’une réunion de la commission des Arrangements à la Knesset, le parlement israélien de Jérusalem, le 23 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que la coalition de Netanyahu et l’opposition affirment être favorables à des négociations de compromis, ces dernières doivent encore se concrétiser, la coalition disant refuser la demande de ses adversaires de geler l’avancée des législations pendant deux mois.

Herzog a proposé un cadre en cinq points pour d’éventuelles négociations entre les deux parties, souhaitant pouvoir faire adopter une réforme qui tienne compte des plaintes de la droite sans pour autant ôter au système judiciaire son rôle de contre-pouvoir face au gouvernement.

Edelstein a annoncé, la semaine dernière, qu’il était favorable à des négociations sur la base du plan de Herzog. Il a indiqué à la Douzième chaîne qu’il espérait qu’un plus grand nombre de députés soutiendraient la perspective de la recherche d’un compromis.

« Nous tentons de faire ce qui est juste, nous recherchons un terrain d’entente », a-t-il expliqué. « J’ai les épaules assez larges pour m’atteler à ça et j’espère qu’il y en aura d’autres, des deux côtés. Si nous ne trouvons pas un compromis, alors nous allons nous aventurer en milieu très hostile ».

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.