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Einav Zangauker affirme être victime, avec d’autres, d’une « machine à poison »

Ce terme est souvent utilisé par les détracteurs de Netanyahu pour évoquer, selon eux, "le réseau de propagandistes du Premier ministre" dans les médias et sur les réseaux sociaux

Einav Zangauker, mère de l'ex-otage Matan Zangauker, s'exprimant sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 18 octobre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Einav Zangauker, mère de l'ex-otage Matan Zangauker, s'exprimant sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 18 octobre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Einav Zangauker, dont le fils Matan est revenu de captivité en date du 13 octobre, a semblé accuser dimanche les partisans du Premier ministre Benjamin Netanyahu de mener une campagne contre les familles des otages et de « réécrire l’histoire » de la lutte menée par ces dernières pour enfin obtenir la libération de leurs proches.

Zangauker, connue pour sa combativité dans le combat en faveur de la remise en liberté des captifs, a diffusé un message sur les réseaux sociaux dans lequel elle a accusé la « machine à poison » de chercher à intimider les proches des anciens otages.

Dans sa publication parue dimanche sur le réseau social X, Zangauker a menacé de poursuivre « chacun » des individus impliqués dans la « machine à poison » et elle s’est engagée à « continuer de se battre de toutes ses forces jusqu’à ce que l’ensemble du gouvernement et son chef, qui sont les responsables des événements du 7 octobre, paient le prix fort – non seulement pour cette journée, mais aussi pour les deux années qui ont suivi ».

L’expression « machine à poison » est souvent utilisé par les détracteurs du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour évoquer, selon eux, « le réseau de propagandistes du Premier ministre » dans les médias et sur les réseaux sociaux, qui se consacrent à diffuser des incitations à la haine et des attaques personnelles à des fins de manipulation de l’opinion publique.

Zangauker a souvent été accusée par ces derniers d’avoir fait monter les enchères pour les otages en menant une campagne énergique en faveur de la conclusion d’un accord qui viendrait mettre un terme au conflit à Gaza, avec un cessez-le-feu susceptible d’ouvrir la porte à la libération des personnes qui avaient été enlevées lors du pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, l’attaque sanglante qui a déclenché la guerre.

« Je ne me tairai pas ! », a écrit Zangauker, dont le fils est revenu dans le cadre du cessez-le-feu à Gaza négocié par le président américain Donald Trump, dans son post. « Depuis le jour où Matan est rentré à la maison, avec les 19 otages qui ont survécu à leur captivité, la machine à poison, avec tous ses porte-parole dans les médias et sur les réseaux, tente d’intimider les familles des survivants de la captivité et moi en particulier ».

« Leur objectif est clair : ils veulent réécrire l’histoire en salissant la lutte héroïque que nous avons menée, avec des millions d’Israéliens, la même lutte qui a poussé le président Trump à obliger Netanyahu et le Hamas à conclure un accord pour mettre un terme à la guerre et garantir la remise en liberté des otages », a ajouté Zangauker, faisant allusion aux mentions élogieuses de Trump au cours des rassemblements en faveur de la libération des captifs, où son nom a souvent été acclamé.

« La méthode est toujours la même : des campagnes mensongères, des calomnies et des diffamations contre les familles », a encore écrit Zanguaker. « Depuis deux semaines déjà, j’essaie de fermer les fenêtres de ma maison pour protéger Matan et ses sœurs de cette machine prédatrice, dans le but de retrouver un peu de normalité et de me concentrer sur la guérison de notre famille. Et pendant ce temps, le poison et les incitations à la haine se propagent comme une traînée de poudre. Je ne supporterai pas cette violence ».

Cette photo distribuée par l’armée israélienne montre l’otage israélien libéré Matan Zangauker (à gauche), reçu par sa mère Einav Zangauker (à droite), le 13 octobre 2025. (Crédit : armée israélienne / AFP)

Zangauker n’a pas précisé qui d’autre, selon elle, était victime d’intimidations – mais Vicki Cohen, la mère de Nimrod Cohen, un captif relâché par le Hamas, s’est également plainte lors d’un entretien accordé à Haaretz du harcèlement en ligne dont elle fait l’objet depuis le retour de son fils.

La publication de Zangauker est parue vingt-quatre heures après que Viktor Shriki, activiste pro-Netanyahu qui a exercé des pressions visant à dissuader l’ouverture d’une enquête publique sur le pogrom perpétré par le Hamas, le 7 octobre, a laissé entendre que Zangauker avait détourné des fonds qui avaient été collectés par le biais d’un financement participatif.

Sans mentionner l’activiste, Zangauker a affirmé que « j’ai mené ma lutte publique grâce à une campagne de crowdfunding dédiée, qui est réglementée par la loi, et pas un centime n’a été utilisé à mon profit personnel ».

« Le reste de nos frais de subsistance a été pris en charge par l’État, comme pour toutes les familles d’otages qui ont reçu une allocation jusqu’au retour de leurs proches en Israël », a-t-elle ajouté. « La vie de mes enfants et ma vie sont des affaires privées, en particulier celle de Matan, qui, après deux ans de captivité, entame un long et difficile processus de réintégration ».

Einav Zanguaker s’exprime pendant une conférence de presse des proches d’otages détenus par le Hamas à Gaza devant le siège de Tsahal, la Kirya, à Tel Aviv, le 27 juillet 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Elle a déclaré que les efforts visant à discréditer à la fois la campagne anti-gouvernementale et la campagne en faveur des captifs seraient vains.

« Les gens ne sont pas stupides. Ils voient bien qu’il s’agit d’une campagne politique qui est orchestrée et financée dans le but de m’intimider pour que je cesse de lutter pour le retour de tous les otages qui sont décédés » — 13 corps sans vie se trouvent encore à Gaza — « et qui vise à intimider toutes les familles des victimes du 7 octobre, des familles qui exigent que la vérité soit faite sur la débâcle du 7 octobre et sur ceux qui en sont responsables, et ce par le biais d’une commission d’enquête nationale », a indiqué Zangauker.

Zangauker a régulièrement fustigé Netanyahu lorsqu’elle a prononcé des discours – nombreux – à l’occasion des manifestations qu’elle a aidé à organiser dans tout le pays ces deux dernières années, en particulier à l’entrée du quartier-général de l’armée israélienne, Rue Begin. Des rassemblements qui étaient généralement plus bruyants et plus critiques à l’égard de Netanyahu que le principal mouvement de protestation qui était organisé par le Forum des familles d’otages et de disparus, qui se tenait à proximité, sur la place des Otages, où Zangauker a également pris la parole.

Des propos qui ont ainsi été tenus alors que la veille, Shriki, membre du parti du Likud de Netanyahu, avait affirmé qu’une vidéo montrant le retour de Matan chez lui révélait que Zangauker, qui résidait auparavant à Sderot, à proximité de la frontière avec Gaza, vivait désormais dans un immeuble situé au nord de Tel Aviv.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, le 13 octobre 2025. (Crédit : Chip Somodevilla/Pool via AP)

Sans citer de source, Shriki a expliqué que cette information avait été révélée « alors que les critiques du public se multiplient » concernant la campagne de financement participatif lancée par Einav pour aider au processus de réadaptation de son fils. Il a rappelé qu’Einav avait déjà récolté environ deux millons de shekels dans le cadre d’un autre crowdfunding qui avait servi à soutenir son activisme en faveur de la remise en liberté des otages depuis le 7 octobre, une somme qui était venue s’ajouter à son allocation gouvernementale.

Ce partisan de Netanyahu n’a apporté aucune preuve d’éventuelles irrégularités financières de la part de la mère de l’ancien otage, s’abstenant également de l’accuser explicitement.

Shriki, qui travaille dans la publicité, s’occupe de la communication d’un groupe appelé le Forum pour la Justice, un groupe qui a été créé au début de l’année et qui s’oppose à la mise en place d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances qui avaient entouré l’attaque sanglante des hommes armés du Hamas, le 7 octobre.

Dans le cadre de son activisme, Shriki avait diffusé, au mois de mars dernier, une liste répertoriant des familles de victimes du massacre qui, avait-il affirmé, s’opposaient à la mise en place d’une telle commission — que Netanyahu a rejetée en expliquant qu’il refusait cette initiative dans la mesure où sa formation serait placée sous l’autorité du système judiciaire, système que son gouvernement cherche à affaiblir.

Un certain nombre de familles figurant sur la liste ont annoncé par la suite qu’elles apportaient leur soutien à l’établissement d’une commission d’enquête d’État — la plus haute instance d’Israël en matière d’enquête — et elles ont demandé que leurs noms soient retirés.

Le même mois, Shriki et trois femmes du Forum pour la justice avaient rencontré le président de la Knesset, Amir Ohana, au parlement, tandis que les familles touchées par le pogrom du Hamas, qui soutenaient la mise en place d’une commission d’État, avaient fait savoir qu’Ohana avait refusé de les rencontrer. Une telle rencontre s’était toutefois produite quelques semaines plus tard après que des violences ont éclaté au parlement, lorsqu’il avait été interdit aux proches des victimes qui réclamaient la formation d’une commission d’enquête d’entrer dans l’hémicycle où se déroulait la séance plénière au cours d’un débat portant précisément sur le sujet.

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