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Elie Korchia, seul candidat, élu nouveau président du Consistoire central

M. Korchia succède à Joël Mergui, à la tête de cette institution depuis 2008, qui n'a pu se représenter du fait de la limitation des mandats

Elie Korchia, 50 ans, avocat au barreau de Paris, vice-président du Consistoire de Paris depuis 2010 et président du conseil des communautés juives des Hauts-de-Seine depuis 25 ans, le 18 octobre 2021. (Crédit : JOEL SAGET / AFP)
Elie Korchia, 50 ans, avocat au barreau de Paris, vice-président du Consistoire de Paris depuis 2010 et président du conseil des communautés juives des Hauts-de-Seine depuis 25 ans, le 18 octobre 2021. (Crédit : JOEL SAGET / AFP)

L’avocat Elie Korchia a été élu ce dimanche nouveau président du Consistoire central, qui représente historiquement la première communauté juive d’Europe. Il était le seul candidat à briguer la présidence et a recueilli 184
voix sur 205 présents, soit 89,8 % des suffrages exprimés.

Environ 330 grands électeurs – une majorité de représentants des communautés régionales et locales et environ 10 % de rabbins – étaient attendus à Paris pour ce scrutin.

Elie Korchia, 50 ans, avocat au barreau de Paris, est vice-président du Consistoire de Paris depuis 2010 et président du conseil des communautés juives des Hauts-de-Seine depuis 25 ans.

« C’est la première fois, depuis ces trente dernières années, qu’il y a un seul candidat », a-t-il affirmé avant le scrutin à l’AFP.

M. Korchia succède ainsi à Joël Mergui, à la tête de cette institution depuis 2008, qui ne peut se représenter du fait de la limitation des mandats. Ce dernier est aussi président du Consistoire de Paris – presque sans discontinuer depuis 2006 – et briguera un nouveau mandat aux élections de novembre.

Joel Mergui s’exprime lors d’une conférence de l’Association juive européenne à Bruxelles, en Belgique, le 12 octobre 2021. (Crédit : Cnaan Liphshiz/JTA)

Le président du Consistoire – un laïc bénévole – assure une gouvernance bicéphale aux côtés du grand rabbin de Paris, Haïm Korsia, réélu en juin dernier.

Établie par Napoléon en 1808, l’institution consistoriale, qui incarne le courant traditionaliste voire orthodoxe du judaïsme français, est considérée comme représentative du culte israélite, même si toutes les sensibilités (libérales et massorti notamment) ne sont pas sous sa tutelle.

Elle s’occupe des affaires religieuses, de l’entretien et la sécurité des synagogues à la formation des rabbins, de la célébration des mariages et du règlement des divorces, de l’accompagnement des défunts, des cours de Talmud-Torah, de l’harmonisation des règles alimentaires de la cacheroute, etc.

Le Consistoire central fédère les 16 consistoires régionaux. Celui de Paris et d’Île-de-France, région où vivent 60 % des Français juifs, est de loin le plus important, avec une centaine de synagogues et un budget annuel (26 millions d’euros) bien supérieur à celui du Consistoire central (2 millions).

Dans son programme transmis à l’AFP, M. Korchia entend relever « plusieurs défis », notamment « après une crise sanitaire » qui « aura transformé certains de nos modes de vie ».

Il s’agira ainsi de « trouver de nouveaux moyens de financement ». Mais aussi d’être attentif aux « communautés isolées », à la « sécurité de chacun et de chacune » et à celle « des lieux de culte ».

M. Korchia entend aussi « protéger la dignité des femmes » en matière de divorce religieux » ou « bâtir de nouveaux partenariats avec les mouvements de jeunesse ». « Travailler à établir un label européen de cacheroute » et œuvrer à la « transmission de la mémoire » sont d’autres axes de son projet.

Sur le plan professionnel, Me Korchia a notamment défendu Myriam et Samuel Sandler aux cours des procès des tueries de Toulouse et Montauban (2012), ainsi que Zarie Sibony et Andréa Chamak pour le procès des attentats de janvier 2015.

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