Eli Yishai ne condamne pas la campagne homophobe lancée par ses partisans
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Eli Yishai ne condamne pas la campagne homophobe lancée par ses partisans

L'ancien chef du Shas a rejeté les vives réactions suite aux affiches homophobes, les qualifiant de "fake news" mais semble d'accord avec leur contenu

Une affiche de campagne homophobe du parti Yachad d'Eli Yishai, apparement lancée par des partisans. (Crédit : Twitter)
Une affiche de campagne homophobe du parti Yachad d'Eli Yishai, apparement lancée par des partisans. (Crédit : Twitter)

Le chef du parti Yachad, Eli Yishai, a rejeté les critiques de ses opposants mercredi, après une campagne homophobe lancée par ses partisants, affirmant que les allégations lui imputant la responsabilité de cette campagne étaient des fake news, mais il ne s’est pas distancé des sentiments qui y étaient véhiculés.

Une affiche de campagne qui a été largement relayée sur les réseaux sociaux montre le visage d’Eli Yishai accompagné du slogan « pour qu’il n’y ait pas un enfant avec un papa et un papa ». Yishai, qui s’est séparé du parti ultra-orthodoxe Shas en 2014, est connu pour son opposition au mariage homosexuel.

En relayant l’image, Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, a écrit : « Avec un père comme vous, il ne vaut mieux pas ». Le député du Labour Merav Michaeli a tweeté : « A quel point une personne doit avoir de la peur et de la haine pour lancer une telle campagne. »

Yishai a répliqué à Lapid qu’il était « tombé dans les pièges des fake news d’une campagne qui ne vient pas de moi ». Il a fustigé Michaeli, qui, comme Lapid, est ancienne journaliste, affirmant qu’elle avait abandonné toute déontologie en ne vérifiant pas les sources de l’affiche.

Mais dans une interview avec Ynet, Yishai n’a pas condamné le contenu des affiches.

« Chaque Juif aspire à avoir un père et une mère », a déclaré l’ancien chef du Shas à Ynet. « Dans la tradition juive, il y a un père, une mère, des enfants, et la continuité au fil des générations. »

On ignore qui est à l’origine de ces affiches, bien que l’on suppose que les partisans d’Yishai en sont les auteurs.

Des ultra-orthodoxes manifestant contre la tenue de la Gay Pride à Jérusalem, le 1 apût 2018. (Crédit : AFP /Menahem Kanana)

Les utilisateurs des réseaux sociaux s’en sont donné à cœur joie pour tourner cette campagne en dérision.

Liran Levi, correspondant à la Knesset pour la Treizième chaîne, a écrit sur Facebook que cette homophobie comblait l’absence de leadership au sein de Yachad : « une telle chose ne se produirait pas sans la bénédiction d’Eli Yishai », a-t-il maintenu.

Le directeur de l’Association for LGBTQ Equality en Israël, Chen Arieli, a attaqué Yishai, qu’il a décrit comme un politicien marginal d’un autre âge, et demandés’il avait l’intention de retirer aux familles homoparentales leurs milliers d’enfants et de les envoyer dans des orphelinats.

Le parti Yachad ne devrait pas remporter suffisamment de sièges pour intégrer la prochaine Knesset, à l’issue du scrutin du 9 avril, selon les sondages.

Une affiche de campagne affichée sur un hôtel de Jérusalem, le 13 février 2009 du mouvement Hazon. ‘ Un père, une mère, une famille. Le courage de vivre normalement. (Crédit : Twitter)

Au début de la semaine, le candidat du Likud Shlomo Karhi a fustigé les gay-pride israéliennes, a déclaré que de tels évènements encourageaient un mode de vie pas naturel, a rapporté Ynet.

Karhi, un professeur Juif orthodoxe issu d’une famille de 17 enfants, a déclaré que « tout le monde avait la liberté de choisir (comment vivre sa vie). Mais je ne pense pas qu’il soit approprié d’exposer cette attitude ».

Arieli a déclaré que « c’est un scandale pour le parti du Likud que Shlomo Karhi, un candidat qui n’a pas encore été élu à la Knesset, est [déjà] devenu la plaisanterie de la prochaine session parlementaire ».

Karhi a au moins deux cousins gays. Sa tante, Shosh Tuchfeld, a déclaré qu’il n’était « pas surpris » par les propos tenus par ses neveux. « Mais je considère que c’est un défi et je continue à lutter contre ceux qui parlent et pensent de la sorte. »

« Il y a des membres de la communauté LGBT qui sont religieux, et leurs situation est bien pire que ce type de réaction », a déclaré Tuchfeld.

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