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Elon Musk dit à des Juifs de droite que l’antisémitisme n’est pas un problème sur X

L'entrepreneur, qui se dit "sympathisant juif", n'a pas répondu à l'invitation à se rendre à Auschwitz, lors d'une conversation avec des dirigeants juifs sur l'antisémitisme sur X

Le PDG de X (anciennement Twitter) Elon Musk quitte le Forum Insight sur l’intelligence artificielle organisé par le Sénat américain, au Capitole des États-Unis à Washington DC, le 13 septembre 2023. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le PDG de X (anciennement Twitter) Elon Musk quitte le Forum Insight sur l’intelligence artificielle organisé par le Sénat américain, au Capitole des États-Unis à Washington DC, le 13 septembre 2023. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

JTA – Elon Musk, qui s’est lui-même qualifié, hier jeudi, de « sympathisant juif », n’a pas clairement répondu à l’invitation d’un éminent rabbin à se rendre à Auschwitz et a de nouveau affirmé que les accusations de regain d’antisémitisme sur sa plateforme, X (anciennement Twitter), étaient « absurdes ».

Le milliardaire de la Tech a ajouté que les messages antisémites ne devaient pas être retirés, mais plutôt contextualisés et assortis d’« avis contraires ». De son point de vue, les antisémites dont les propos ne sont pas confrontés à des points de vue contraires en ligne « restent des antisémites cachés, ce qui n’est pas bon. C’est peut-être même pire ».

Musk a notamment cité l’exemple du rappeur Kanye West, réintégré sur X après en avoir été banni l’an dernier en raison de propos antisémites.

Ces déclarations et bien d’autres ont été faites lors d’un forum informel consacré à l’antisémitisme sur X avec Musk et plusieurs représentants de la communauté juive, pour l’essentiel des conservateurs ouvertement déclarés.

Animée par l’expert juif orthodoxe, politiquement conservateur, Ben Shapiro, à la tête de la publication The Daily Wire, cette discussion de deux heures avait été baptisée « X, antisémitisme, foi et liberté d’expression ».

Elle a fait suite à l’appel de plus d’une centaine de militants juifs – progressistes pour la plupart – aux annonceurs et vendeurs d’applications d’abandonner la plate-forme, dans le sillage d’une série d’attaques de Musk contre l’Anti-Defamation League.

Musk s’est en effet pris au boycott publicitaire mené par l’Anti-Defamation League, qui a occasionné des pertes à X. La société a menacé de traduire l’organisation de surveillance de l’antisémitisme en justice pour obtenir des milliards de dollars de dommages et intérêts. Musk a également cité en exemple des comptes antisémites actifs sur X qui se plaignaient également des activités de l’Anti-Defamation League.

Ce n’est pas la première fois que Musk nie être antisémite. Jeudi, il est allé plus loin, en disant : « À certains égards, je suis un peu Juif, dans le fond » et ce, en raison de son grand nombre d’amis juifs.

« Ils utilisent la plate-forme X et je leur dis, ‘Est-ce que vous voyez quelque chose ?’ Et ils me disent ‘Non’ », a-t-il dit.

Il a assuré que « des intervenants non impliqués » avaient constaté une baisse du nombre des discours de haine sur la plate-forme depuis son rachat, sans en dire plus sur ses sources.

Musk s’est également défendu des accusations d’antisémitisme, notant que la récente biographie de Walter Isaacson n’en avait donné aucune preuve. « C’est un gars plutôt intelligent », a dit Musk à propos d’Isaacson. « Il aurait vu si j’étais antisémite. »

Le commentateur conservateur Ben Shapiro s’adressant au groupe étudiant Young Americans for Freedom à l’université de l’Utah, à Salt Lake City, le 27 septembre 2017. (Crédit : Leah Hogsten/The Salt Lake Tribune via AP, Pool)

À un moment, le rabbin Menachem Margolin, président Habad de l’Association juive européenne, a demandé à Musk s’il accepterait de se rendre dans le camp de la mort d’Auschwitz aux côtés d’une délégation de rabbins européens.

Musk a commencé par décliner l’invitation en disant : « Je suis très conscient de la Shoah, Auschwitz, Dachau et toutes les horreurs qui ont eu lieu. Cela n’a rien de nouveau pour moi. Je n’ai pas besoin de me rendre à Auschwitz pour comprendre. Je comprends déjà bien les choses. »

L’insistance de Margolin sur la question a amené Musk a répondre : « Je vais sérieusement l’envisager », avant d’ajouter qu’il pourrait profiter d’un déplacement pour voir une de ses usines situées à Berlin.

« C’est un oui sous réserves », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs présenté des excuses pour ne pas avoir répondu à la demande de dirigeants juifs du monde entier d’approuver la définition de travail de l’antisémitisme de l’Association internationale pour la mémoire de la Shoah. Cette définition, communément acceptée de par le monde, a suscité la controverse en renvoyant certaines formes de critique anti-israélienne à de l’antisémitisme. Musk a dit qu’il n’avait pas été informé de cette demande.

À un autre moment, Musk a expliqué avoir surtout retenu de l’histoire du nazisme que « Hitler et les nazis étaient extrêmement censeurs … Les nazis aimaient beaucoup la censure ».

Cette conversation a permis d’entrevoir de quelle manière Musk entend lutter contre les discours de haine sur X. Au-delà de ses propos sur le bannissement et les « avis contraires », il a présenté la question de la limitation des discours de haine dans une perspective plus économique que morale.

« Si nous nous contentons d’agiter ces questions de haine devant ces gens, ils vont tout simplement quitter la plate-forme », a-t-il déclaré. Il avait tenu des propos similaires lors d’une récente conversation avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, s’entretenant avec Elon Musk lors d’une discussion en direct sur la plateforme X, à l’usine Tesla de Fremont, en Californie, le 18 septembre 2023. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Musk a esquivé une question de Shapiro sur la possible démonétisation ou limitation des comptes vecteurs de propos antisémes.

Il n’a pas clairement répondu à la question de l’ex-politicien israélien et ex-dissident soviétique Natan Sharansky au sujet de la limitation des discours antisionistes sur la plate-forme, en disant : « Je pense qu’il ne faut pas être radical en la matière. »

Les neuf Juifs qui ont pris part à cette conversation, jeudi, étaient tous des hommes, majoritairement de droite. On y trouvait l’ex-président Reuven Rivlin, le célèbre avocat Alan Dershowitz, qui a défendu l’ex-président Trump lors de son premier procès en destitution tout en se disant libéral, aux côtés du rabbin Shmuley Boteach, le rabbin des stars, un temps candidat au Congrès sous la bannière Républicaine.

La seule femme supposée participer, Michal Cotler-Wunsh, la nouvelle envoyée d’Israël pour la lutte contre l’antisémitisme, n’était pas présente. Les modérateurs ont attribué son absence, et celle d’un autre participant, à des aléas techniques.

Certains intervenants, parmi lesquels Shapiro, ont complimenté Musk pour ses opinions positives sur le peuple juif et sa compréhension des valeurs du judaïsme, à commencer par le commandement d’avoir une famille nombreuse. On attribue à Musk plus de 10 enfants nés de son mariage avec son ex-femme, Justine Wilson, et de ses relations avec Grimes, son ex-petite amie, et Shivon Zilis, cadre dans l’une de ses entreprises pour lequel il a été donneur de sperme. Dershowitz a précisé que son fils portait également le prénom Elon.

Boteach a même dit à Musk qu’il pourrait « s’attribuer le mérite » de la « paix au Moyen-Orient », à considérer qu’Israël et l’Arabie saoudite parviennent à un accord de normalisation, au motif que la société de voitures électriques Tesla avait pour conséquence de ne pas entretenir la manne pétrolière des Saoudiens et les amener à la table des négociations.

Rabbi Shmuley Boteach. Teacher, clergyman, scholar, and congressional hopeful (photo credit: Courtesy)
Le rabbin Shmuley Boteach. (Autorisation)

Les participants à cette conversation téléphonique ont convenu avec Musk que l’ADL ne devait pas être l’unique porte-parole des Juifs. Shapiro s’est inscrit en faux avec les informations de l’ADL selon lesquelles les discours de haine sur X avaient augmenté depuis la prise de contrôle de Musk, prenant son cas personnel en exemple.

« Ces derniers temps, ils sont devenus beaucoup plus partisans dans leur progressisme, c’est le moins qu’on puisse dire », a déclaré Shapiro, ajoutant que Musk « avait raison sur le fond », et qualifiant sa menace de plainte pour diffamation de « plutôt drôle ».

En réponse au rabbin Ari Lamm, selon lequel la controverse suscitée par l’ADL avait pour effet de « distraire les Juifs de tous bords du questionnement très sérieux qu’ils devraient avoir », Musk a dit : « Ils ont indéniablement eu un impact sur les annonceurs. »

À certains moments, Musk a donné le sentiment d’une certaine connivence avec les théories du complot actives sur sa plate-forme, en disant : « Je pense que nous sommes à court de théories du complot non avérées. »

Dans l’ensemble, Musk a jugé positivement son action contre l’antisémitisme sur X.

« Dans l’ensemble, je pense que les choses vont plutôt bien, sans toutefois aller jusqu’à dire qu’elles sont parfaites. Nous travaillons pour les améliorer », a-t-il déclaré, ajoutant : « Toute l’histoire de ma vie est, en fait, prosémite. »

« Je pense que mes valeurs correspondent à celles du peuple juif. La connaissance, la lecture, la compréhension, le débat, ce sont des valeurs juives avec lesquelles je suis totalement en phase. »

Cette conversation avec Elon Musk, jeudi, a eu lieu moins de 24 heures après que la PDG de X, Linda Yaccarino, ait évoqué ses démêlés avec l’ADL lors d’une conférence technologique à Dana Point, en Californie.

Selon les informations qui ont filtré de cette conférence, Yaccarino a expliqué que le directeur de l’ADL, Jonathan Greenblatt, « continuait de remettre en question les progrès obtenus en matière d’antisémitisme ». Elle a ajouté : « Il est regrettable que tous les progrès ne soient pas appréciés de la même manière. »

Selon Axios, s’agissant de la menace de Musk de poursuivre l’ADL en justice, Yaccarino aurait déclaré : « J’aimerais qu’il en soit autrement. Nous travaillons là-dessus. » Elle a plus tard ajouté : « Indépendamment de qui il est, tout le monde doit pouvoir faire valoir son opinion, Elon le premier. » Elle aurait ensuite brusquement quitté la scène.

Yoel Roth, ex-responsable de la confiance et de la sécurité sur Twitter licencié en raison d’un différend avec Musk sur l’approche à avoir en matière de modération des discours de haine, a également pris part à cette conférence. Roth, qui est Juif, a déclaré que le phénomène des discours de haine s’était aggravé sur la plate-forme depuis l’arrivée de Musk.

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