En pleine pénurie dans les hôpitaux à Gaza, le Hamas refuse l’aide israélienne
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En pleine pénurie dans les hôpitaux à Gaza, le Hamas refuse l’aide israélienne

Deux camions d'approvisionnement de l'armée israélienne ont été refoulés après que le groupe terroriste du Hamas s'est rendu compte qu'ils provenaient d'Israël, a dit le COGAT

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le groupe terroriste du Hamas a refusé mercredi deux livraisons de fournitures médicales à destination des hôpitaux de Gaza, qui luttent face aux pénuries après que le groupe terroriste s’est rendu compte qu’ils provenaient d’Israël, a dit savoir le bureau de liaison militaire avec les Palestiniens.

Mardi, Israël a facilité l’entrée de huit camions remplis d’équipements médicaux vers la bande de Gaza via le poste-frontière de Kerem Shalom, qui avait rouvert dans la matinée après avoir été partiellement incendié par les émeutiers palestiniens vendredi dernier.

Quatre cargaisons venaient de l’Autorité palestinienne, deux du fonds de l’enfance des Nations unies et deux étaient envoyés par la Branche Technologique et Logistique de l’armée israélienne.

Selon Israël, ces livraisons contenaient des solutions intraveineuse, des bandages, de l’équipement pédiatrique et des désinfectants ainsi que du carburant pour les groupes électrogènes des hôpitaux.

L’armée israélienne prépare une cargaison de fournitures médicales pour la bande de Gaza le 15 mai 2018. Le groupe terroriste du Hamas, qui gouverne l’enclave côtière, a refusé ce chargement et l’a renvoyé.

Néanmoins, mercredi matin, après que les camions ont transité par le point de passage, les responsables du Hamas ont reconnu les deux camions en provenance d’Israël, qui avaient des étiquettes permettant de les identifier comme ayant été envoyés par l’armée israélienne et ils les ont refoulés, selon l’unité de liaison du coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT).

« Les responsables du Hamas ont contrôlé les camions, ils ont vu qu’il y avait des autocollants de l’armée israélienne sur les médicaments et ils ont dit qu’ils n’étaient pas prêts à accepter des médicaments avec des autocollants des militaires israéliens dessus », a expliqué un porte-parole du COGAT.

Les six cargaisons de l’AP et de l’UNICEF ont été acceptées.

Suite aux émeutes massives de lundi, le long de la frontière avec Gaza, des hôpitaux déjà en proie aux tensions dans l’enclave côtière assiégée ont lutté pour pouvoir soigner les quelques 1 500 patients qui, selon le ministère de la Santé de Gaza dirigé par le Hamas, auraient été blessés durant les affrontements.

Un groupe de palestiniens apparemment en train de tenter de placer un dispositif explosif improvisé le long de la clôture avec Gaza, sous couvert d’une lourde fumée, durant les manifestations massives du 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Selon le ministère du Hamas, 60 Palestiniens sont morts le long de la frontière lundi, notamment plusieurs membres du Hamas tués par belles réelles lors de confrontations directes avec les soldats israéliens.

Au total, les forces de sécurité israéliennes ont identifié au moins 24 personnes mortellement touchées comme appartenant à des groupes terroristes, principalement au Hamas et au Jihad islamique palestinien soutenu par l’Iran.

Israël n’a pas avancé son propre bilan meurtrier mais certains mettent en doute l’exactitude du chiffre avancé par le Hamas. Par exemple, un médecin gazaoui a déclaré qu’un bébé, une petite fille de huit mois qui, selon des informations, était morte après avoir inhalé des gaz lacrymogènes, lundi, avait une maladie préexistante et qu’il ne pensait pas que son décès ait été causé par ces gaz.

Même avant ces derniers affrontements, le système de santé de Gaza – qui consiste en 13 hôpitaux publics et en 14 cliniques gérées par des ONG – doit faire face aux pénuries de médicaments et de fournitures médicales liées au blocus.

Selon l’armée israélienne, les deux camions qui ont été repoussés contenaient des milliers d’unités de solutions par intraveineuse, des lits, des blouses, des milliers de bandages et des milliers d’unités d’antiseptiques.

« Le Hamas a fondamentalement dit qu’il préférait ne pas avoir d’équipements que d’avoir une aide d’Israël », a commenté le responsable du COGAT.

Des employés chargent des fournitures médicales sur un camion destiné à la bande de Gaza au carrefour de Kerem Shalom le 13 mai 2018 (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Mardi, des responsables palestiniens ont également refusé à des camions transportant des chargements de produits divers d’entrer dans la bande de Gaza par le biais du point de passage frontalier de Kerem Shalom.

Des cargaisons de fournitures médicales, de produits alimentaires et de couches sont arrivées au poste-frontière, mardi matin. Mais les responsables du côté palestinien ont fait savoir que s’ils n’autorisaient l’entrée du matériel médical, et ont renvoyé 14 camions remplis de denrées alimentaires et de couches, a appris le Times of Israel.

La raison de ce refus par les responsables de la frontière, qui sont employés par l’Autorité palestinienne, est encore indéterminée.

Israël avait fermé le carrefour à la fin de la semaine dernière afin d’évaluer et de réparer les dégâts significatifs causés par les émeutiers sur le site, vendredi dernier dans la soirée.

Lundi soir – quelques heures après que les Gazaouis ont une nouvelle fois saccagé la structure – l’armée avait annoncé que l’Etat juif rouvrirait Kerem Shalom mardi.

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