Réouverture de Kerem Shalom après un 3e incendie déclenché par les Gazaouis
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Réouverture de Kerem Shalom après un 3e incendie déclenché par les Gazaouis

L'armée a annoncé la reprise du transit, mais à capacité réduite en raison d'importants dégâts sur les canalisations de carburant et les tapis roulants

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Vue aérienne d'émeutiers palestiniens mettant le feu au carrefour de  Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)
Vue aérienne d'émeutiers palestiniens mettant le feu au carrefour de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Israël a annoncé lundi soir la réouverture du poste-frontière de Kerem Shalom mardi, après que des émeutiers palestiniens ont incendié des parties de la structure à trois occasions au cours des manifestations qui ont eu lieu ce mois-ci aux abords de la clôture de sécurité.

« Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a approuvé la recommandation faite par l’armée israélienne et le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) concernant la réouverture du point de passage de Kerem Shalom demain », a fait savoir l’armée dans un communiqué, lundi soir.

Israël avait fermé le poste-frontière samedi soir afin d’évaluer et de réparer les dégâts commis par les émeutiers la veille.

Le poste-frontière de Kerem Shalom, à proximité de la frontière égyptienne, est le principal point d’entrée des produits commerciaux et de l’aide humanitaire au sein de l’enclave côtière, soumise à un blocus strict de la part d’Israël et de l’Egypte au cours des onze dernières années qui avait pour objectif d’empêcher les groupes terroristes d’importer des armes dans la bande.

Kerem Shalom devait rouvrir mardi, mais il ne pourra fonctionner que partiellement au vu des dégâts significatifs causés à la structure et notamment aux canalisations de carburant – le seul moyen de faire entrer du diesel et de l’essence à Gaza en quantités significatives.

Les émeutiers palestiniens mettent le feu au point de passage de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Dimanche soir, les Nations unies ont déclaré qu’un moyen alternatif d’approvisionnement en carburant vers Gaza devait être trouvé sans délai, avertissant qu’il viendra rapidement à manquer pour faire fonctionner les hôpitaux, ramasser les ordures, pomper l’eau et traiter les eaux usées.

Les émeutiers palestiniens ont saccagé le point de passage frontalier pour la troisième fois en deux semaines lundi, vers la fin des protestations massives le long de la frontière, a dit l’armée.

Les militaires ont déclaré qu’environ 40 000 Gazaouis ont participé à des émeutes d’une violence « sans précédent » le long de la clôture de sécurité, lundi. Le mouvement de protestation qui, selon Israël, a eu lieu sur l’inspiration du Hamas désireux de l’instrumentaliser pour commettre des actes terroristes, a donné lieu à de multiples de tirs contre les soldats israéliens et quelques tentatives vaines d’ouvrir des brèches dans la frontière.

Les soldats de l’armée israélienne ont répondu à l’aide de gaz lacrymogènes et, dans certains cas, à balles réelles. Lundi dans la soirée, le ministre de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a fait état de la mort de 58 Palestiniens et de 2 771 blessés.

Une vidéo du poste-frontière, filmée lundi, montre des douzaines de Palestiniens entrer dans la structure, la vandaliser, abattre des clôtures et allumer des feux dans les zones de chargement.

Les émeutiers avaient attaqué une première fois le poste-frontière le 4 mai. Ils avaient cassé les portails et, croyant apparemment qu’ils se trouvaient sur le territoire israélien, avaient mis le feu aux canalisation de carburant, selon les responsables israéliens. En réalité, ils se trouvaient sur le côté palestinien du poste-frontière.

Une semaine plus tard, un groupe de 200 personnes était entré du côté palestinien suite au mouvement de protestation de cette journée-là.

Néanmoins, selon les responsables israéliens, c’était le groupe terroriste du Hamas qui avait dirigé cette attaque sur le poste-frontière. Ses membres avaient dit aux émeutiers « quoi faire, où aller », avait déclaré un haut-responsable du COGAT aux journalistes.

Les manifestants avaient une fois encore mis le feu au terminal de carburant. Ils avaient également incendié un tapis roulant spécialement créé pour transporter des matériaux de construction bruts dans Gaza et vandalisé deux autres, utilisés pour convoyer du fourrage.

Les responsables israéliens et Palestiniens estiment qu’il faudra plusieurs semaines pour réparer les dégâts commis sur les canalisations et les tapis roulants.

Dans son appel, le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a déclaré que « l’impact de la destruction des canalisations de carburant et de gaz se fait déjà ressentir », notant que les réserves dans les hôpitaux, dans les services de collecte de déchets et dans les structures d’assainissement de l’eau ne dureront que quelques jours.

L’agence a noté qu’au vu de la pénurie grave d’électricité dans la bande de Gaza, qui dépend actuellement presque entièrement d’Israël pour ses deux à quatre heures d’électricité par jour, l’ONU a fourni « plus de 220 structures pour la santé, l’eau, l’assainissement et les déchets solides avec 936 000 litres de carburant d’urgence par mois pour faire fonctionner les groupes électrogènes et les véhicules ».

La perturbation de l’approvisionnement à Kerem Shalom met dorénavant ces services en danger.

« Pour éviter un effondrement de ces services essentiels, un arrangement alternatif pour l’entrée de carburant est urgemment nécessaire jusqu’à la réparation des canalisations de Kerem Shalom », a ajouté l’agence.

Elle a expliqué que le manque de gaz de cuisine et de carburant causera probablement des pénuries de pain et autres préparations alimentaires.

Le Coordinateur humanitaire de l’agence, Jamie McGoldrick, a déclaré que « les opérations humanitaires dépendent du point de passage de Kerem Shalom pour offrir de l’aide aux personnes qui en ont besoin à Gaza. J’appelle les manifestants à éviter les actions qui affectent de manière négative le fonctionnement du principal point d’entrée à Gaza des produits humanitaires et j’appelle également les autorités concernées à rapidement réparer les dégâts ».

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