Tsahal considère les émeutes à Gaza comme « sans précédent »
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"100 dollars par famille qui se déplace"

Tsahal considère les émeutes à Gaza comme « sans précédent »

Israël estime que le Hamas n'a pas réussi à mobiliser les masses qu'il espérait ; l'armée accuse le groupe terroriste pour le nombre élevé de morts

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des manifestants palestiniens se rassemblent le long de la barrière frontalière entre la bande de Gaza et Israël, le 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)
Des manifestants palestiniens se rassemblent le long de la barrière frontalière entre la bande de Gaza et Israël, le 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)

Lundi soir, le porte-parole de l’armée israélienne a qualifié de « sans précédent » le niveau de violence des Palestiniens lors des manifestations le long de la frontière de Gaza, alors que des dizaines de Gazaouis auraient été tués et des centaines d’autres blessés lors des émeutes.

Cependant, malgré la violence des affrontements, le Général de brigade Ronen Manelis, porte-parole de Tsahal, a déclaré que le groupe terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza, ne semble pas avoir réussi à mobiliser le nombre de manifestants qui aurait représenté une victoire politique.

Le Hamas – et l’armée israélienne – s’attendaient à ce que plus de 100 000 personnes participent aux manifestations de lundi le long de la barrière frontalière.

En fin de compte, l’armée a calculé que 40 000 personnes y ont pris part, bien que Manelis ait reconnu que le décompte final pourrait être plus élevé.

Manelis a déclaré que le Hamas a tenté de convaincre et de faire pression sur les Palestiniens pour qu’ils viennent aux manifestations frontalières, a essayé de les soudoyer en leur offrant « 100 dollars par famille qui se déplace », et a également menacé les gens en les accusant d’être des « collaborateurs » s’ils n’assistent pas aux manifestations.

Malgré ces efforts, a dit Manelis, le Hamas a échoué.

Les soldats israéliens prennent position près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël à l’est de la ville de Gaza le 14 mai 2018. (Thomas COEX/AFP)

Les responsables de l’armée ont indiqué qu’ils étaient prêts à ce que les manifestations durent toute la nuit. Les soldats à la frontière, par exemple, étaient équipés de matériel de vision nocturne, et les militaires étaient prêts à utiliser des fusées éclairantes pour éclairer la zone.

M. Manelis a déclaré que Tsahal s’attendait à ce que les manifestations se poursuivent mardi et éventuellement pendant plusieurs jours supplémentaires.

Le porte-parole de l’armée a noté trois tentatives d’attaques par des hommes armés contre les forces israéliennes pendant les émeutes – deux équipes d’hommes armés qui ont ouvert le feu sur des soldats israéliens et un groupe qui a essayé de placer un engin explosif artisanal le long de la frontière – comme preuve principale de la virulence des émeutes, pendant un point de presse téléphonique avec des journalistes.

« Il s’agit d’un niveau de violence sans précédent par rapport aux semaines passées », a-t-il dit.

En réponse aux trois attaques, l’armée israélienne a détruit un certain nombre de positions du Hamas dans la bande de Gaza. Les avions de combat ont détruit cinq cibles du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, et les chars et les avions israéliens en ont frappé deux autres, selon l’armée.

Selon l’armée israélienne, les manifestants ont également lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les soldats israéliens de l’autre côté de la barrière frontalière. Les manifestants ont également lancé des dizaines de cerfs-volants dits « de terreur » – des cerfs-volants chargés de bombes incendiaires ou flanqués de croix gammées – sur le territoire israélien, provoquant des feux de broussailles dans les champs et les terres agricoles de la région.

Manelis a déclaré qu’il y a eu de multiples tentatives de franchir la frontière – aucune d’entre elles n’a réussi – et que l’armée a des renseignements indiquant que le Hamas et d’autres groupes terroristes avaient prévu d’essayer de kidnapper ou de tuer des soldats israéliens se trouvant à la barrière de sécurité.

« C’est inadmissible pour une nation souveraine, a déclaré M. Manelis. « Nous protégeons notre maison. »

Manelis a mis en garde contre le fait que si le niveau de violence et les tentatives de violation de la frontière se poursuivaient, l’armée israélienne était prête à mener des frappes aériennes contre le Hamas et d’autres groupes terroristes au plus profond de la bande de Gaza.

Des soldats israéliens marchent au milieu de la fumée d’un incendie dans un champ de blé près du kibboutz de Nahal Oz, le long de la frontière avec la bande de Gaza, causé par des incendiaires attachés à des cerfs-volants pilotés par des manifestants palestiniens de l’autre côté de la frontière. 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)

Malgré les manifestations, l’armée israélienne n’a émis aucune directive spéciale à l’intention des habitants de la région, les encourageant à suivre leur routine quotidienne, sauf instruction contraire.

Le nombre élevé de morts à Gaza – 43 à 18 heures – devrait faire l’objet d’une condamnation internationale, mais Manelis a insisté sur le fait que Tsahal a agi comme il se doit et conformément à ses règles d’engagement.

Interrogé sur les rapports du ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, selon lesquels deux enfants de 12 et 14 ans ont été tués par des tirs israéliens, Manelis a déclaré qu’il ignorait tout de ces cas.

« Mais si un enfant de 12 ou 14 ans a été tué, je me demande ce qu’ils faisaient là. Nous avons lâché deux séries de tracts et fait des déclarations aux médias [disant aux Gazaouis de rester à l’écart] », a-t-il ajouté.

Il a imputé la responsabilité des morts au Hamas, qui, selon lui, utilise les manifestations comme couverture pour ses activités terroristes et traite la population de Gaza comme des « boucliers humains ».

Des manifestants palestiniens se rassemblent le long de la barrière frontalière avec Israël, le 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)

Au cours des sept dernières semaines de manifestations à Gaza, le porte-parole de l’armée a accusé les médias internationaux d’adopter le récit du Hamas selon lequel les émeutes le long de la frontière font partie d’un soulèvement populaire et non, comme le soutient l’armée, d’une opération du Hamas visant à transformer la zone frontalière en zone de combat, sous couvert de manifestations civiles.

« Le Hamas joue avec le feu et ils assumeront la responsabilité de ce qui se passe aujourd’hui », a-t-il précisé.

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