Israël en guerre - Jour 260

Rechercher

Englman critique un accord passé par Netanyahu avec Pfizer lors du COVID

Dans un rapport, le contrôleur de l'Etat critique également Naftali Bennett pour les mêmes raisons ; un autre rapport dénonce le manque de progrès en matière de sécurité routière

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à l'arrivée d'un avion cargo de DHL transportant le premier lot de vaccins Pfizer, à l'aéroport Ben Gurion le 9 décembre 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à l'arrivée d'un avion cargo de DHL transportant le premier lot de vaccins Pfizer, à l'aéroport Ben Gurion le 9 décembre 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Le contrôleur de l’État a publié un rapport mardi sur la gestion par le pays de la crise du COVID, dans lequel il critiquait le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour avoir pris des décisions importantes sans l’approbation de son cabinet dédié à la lutte contre le coronavirus.

Le rapport couvre la période de 2020 à 2023, lorsque la pandémie du virus a atteint son apogée avant de s’estomper, Israël et d’autres pays ayant adopté des programmes de vaccination de masse.

Dans ce document, le contrôleur d’État Matanyahu Englman affirme que Netanyahu a conclu un accord clé avec Pfizer pour lui accorder les droits exclusifs de fournir les vaccins COVID à Israël jusqu’en mars 2021, et qu’il n’aa ni mis à jour ni consulté le cabinet COVID.

L’accord avait été conclu par téléphone entre Netanyahu et le PDG de Pfizer, Albert Bourla, mais le cabinet n’a pas été informé de cette décision stratégique.

« Outre les avantages pour l’État d’Israël, il s’agit d’une décision qui, à l’époque, comportait des risques pour la santé publique, même s’il s’agissait de risques calculés », a-t-il écrit.

Lors de l’épidémie de COVID-19, et en réponse au lobbying intensif de Netanyahu, Pfizer avait accepté de fournir à Israël suffisamment de vaccins Pfizer-BioNTech pour vacciner ce pays de 9,3 millions d’habitants. En contrepartie, Israël a accepté de partager avec Pfizer les données relatives à sa campagne de vaccination.

Le contrôleur de l’État Matanyahu Englman lors de la conférence de la Fédération des autorités locales, à Tel Aviv, le 7 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Israël a vacciné plus des trois quarts de sa population adulte en un peu plus de trois mois. Les taux d’infection ont chuté, ce qui a permis au pays de rouvrir son économie après la fermeture de la plupart des sites publics pour empêcher la propagation du virus. La campagne de vaccination a été largement considérée comme un succès.

Bien que Netanyahu ait consulté certains hauts fonctionnaires, comme Yuli Edelstein, alors ministre de la Santé, et d’autres personnalités du ministère de la Santé, ainsi que Ron Dermer, alors ambassadeur d’Israël aux États-Unis, le cabinet dit « Corona » n’a pas été tenu informé, si ce n’est par deux mises à jour générales sur les échanges qui ont eu lieu. Au cours d’une conversation, il a été décidé de ne pas porter l’affaire devant le cabinet Corona, craignant que les détails des négociations sur le vaccin ne soient divulgués aux médias.

Tout en reconnaissant le caractère urgent et critique de la décision concernant les vaccins, Englman a déclaré qu’elle n’aurait pas dû être prise par une seule personne « sans l’accord du gouvernement ». Il a rejeté l’idée que l’accord devait être gardé secret afin d’éviter toute fuite de détails, écrivant que la réponse appropriée serait de « créer un forum limité et qualifié qui permettrait de prendre une décision rapide, de manière efficace et optimale, tout en préservant la confidentialité ».

Il a également critiqué les mesures similaires prises par Naftali Bennett, alors Premier ministre, qui a succédé à Netanyahu et qui a également pris des décisions importantes liées au COVID sans consulter son cabinet COVID, dont l’une concernait un plan de 170 millions de shekels pour la gestion des activités du Corona et une autre liée aux préparatifs en vue d’une éventuelle cinquième vague d’infections par le virus. Au cours de l’épidémie de COVID-19, Israël a connu une série d’élections législatives qui ont vu Bennett remplacer Netanyahu, puis perdre son siège au profit de ce dernier lors d’un autre scrutin.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu vacciné contre le coronavirus, devenant ainsi le premier en Israël à être vacciné, à l’hôpital Sheba de Ramat Gan, le 19 décembre 2020. (Crédit : Amir Cohen/POOL/AFP)

Le bureau du Premier ministre a réagi au rapport dans une déclaration indiquant que les actions de Netanyahu ont fait d’Israël le premier pays au monde à sortir de la pandémie et ont « sauvé de nombreuses vies et stimulé l’économie israélienne ».

Notant que Englman a également reconnu que la politique du Premier ministre avait permis de sauver des vies, le communiqué a souligné que Netanyahu avait travaillé avec le ministère de la Santé et ses professionnels « et qu’il avait également consulté divers dirigeants du monde entier qui ont eu à faire face à la pandémie ».

Le ministère de la Santé a déclaré dans un communiqué qu’Israël avait été le premier pays à vacciner sa population et qu’il avait « mené une magnifique campagne de vaccination » en étant le premier à identifier les effets secondaires et à prendre des décisions qui ont servi d’exemple au reste du monde. Il a également noté que Pfizer n’a jamais eu l’exclusivité de la fourniture de vaccins à Israël et que des vaccins produits par d’autres sociétés ont également été achetés et utilisés.

Une déclaration au nom de Bennett a indiqué que l’ancien Premier ministre avait pour politique d’ouvrir l’économie israélienne autant que possible et qu’il avait « personnellement géré la campagne complexe contre deux vagues de Corona ». « Il s’agissait de prendre des décisions rapides et de sauver le pays de la série de fermetures qui ont gravement endommagé les entreprises, les étudiants et l’ensemble de la population. »

La nécessité d’obtenir l’approbation du cabinet pour les décisions fatidiques est « encore plus vraie en ce moment », alors que le pays est en pleine guerre, a noté Englman dans son rapport, faisant référence à l’opération militaire en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza.

La guerre a éclaté lorsque quelque 3 000 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tuant près de 1 200 personnes, principalement des civils, tout en prenant 252 otages de tous âges, en commettant de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

En réponse à cette attaque, la plus meurtrière de l’histoire du pays et la pire menée contre des Juifs depuis la Shoah, Israël a juré d’anéantir le Hamas et de mettre fin à son règne de seize ans, et a lancé une opération aérienne suivie d’une incursion terrestre dans la bande de Gaza, qui a commencé le 27 octobre.

Netanyahu s’est retrouvé à nier les accusations selon lesquelles lui et ses alliés de la coalition évitaient de parvenir à un accord qui ramènerait les otages à la maison tout en mettant fin aux combats. Le cabinet de guerre composé de trois membres, à savoir Netanyahu, le ministre de la Défense Yoav Gallant et le ministre Benny Gantz, serait également divisé sur la question. Gantz a lancé un ultimatum à Netanyahu en juin, exigeant des plans clairs sur des aspects clés de la guerre, tandis que Gallant a également interpellé directement le Premier ministre sur l’avenir de la bande de Gaza.

Le Premier ministre Naftali Bennett recevant sa troisième injection de vaccin contre le COVID-19, à l’hôpital Meïr de Kfar Saba, le 20 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Englman a recommandé la création d’un organisme global chargé de gérer les crises futures et qu’une décision gouvernementale réglemente la délégation de pouvoirs aux comités ministériels pour la prise de décisions importantes. Il a également recommandé que le bureau du Premier ministre et le ministère de la Justice formulent une procédure pour réglementer la prise de décision par un forum très limité pendant une crise, afin de préserver le secret et de permettre des décisions rapides, à l’instar du modèle actuel du cabinet de guerre.

En outre, Englman a publié un deuxième rapport dans lequel il reproche au gouvernement de n’avoir réalisé aucun progrès dans la réduction du nombre de décès dus aux accidents de la route chaque année.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.