Enquête sur l’explosion à Beyrouth : le chef du Hezbollah nie les accusations
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Enquête sur l’explosion à Beyrouth : le chef du Hezbollah nie les accusations

Ces accusations sont une "attaque politique payée par l'Amérique et l'Arabie saoudite au service d'Israël", a estimé Hassan Nasrallah

Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)
Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Le chef du Hezbollah libanais a nié les accusations selon lesquelles le mouvement terroriste chiite serait impliqué dans l’acheminement d’engrais explosif sur le port qui a entraîné une explosion faisant .

Les Libanais ont marqué mercredi le premier anniversaire de l’explosion, pleurant les 214 morts et plus de 6 500 blessés d’une tragédie dont les coupables n’ont toujours pas été jugés et fustigeant l’impunité des dirigeants.

Ces dernières semaines, des détracteurs du Hezbollah l’ont accusé d’être impliqué dans le stockage sur le port de Beyrouth du nitrate d’ammonium à l’origine de l’explosion meurtrière, afin qu’il puisse être transporté en Syrie et utilisé pour fabriquer des bombes par le régime de Damas pendant la guerre civile.

Dans un discours télévisé, Hassan Nasrallah a démenti ces accusations, les qualifiant de « fabriquées » et « ridicules ». Ces accusations sont une « attaque politique payée par l’Amérique et l’Arabie saoudite au service d’Israël », a-t-il fustigé.

« Comme si le Hezbollah, qui a des armes et des roquettes, (…) avait besoin d’importer du nitrate. Comme si, avec ses entrepôts pouvant stocker des dizaines de milliers de roquettes, il n’avait pas d’entrepôts où mettre du nitrate », a déclaré le chef du puissant mouvement terroriste chiite soutenu par Téhéran.

Malgré l’ampleur du drame qui a choqué le monde entier, l’enquête locale sur l’explosion du port n’a toujours pas abouti et aucun coupable n’a été jugé, même si des ex-ministres sont dans le viseur de la justice.

A LIRE : Les révélations de l’enquête du FBI sur l’explosion au port de Beyrouth

La classe dirigeante est accusée de tout faire pour torpiller l’enquête et éviter des inculpations, arguant de l’immunité parlementaire.

Dans son discours, Hassan Nasrallah s’en est également pris au juge chargé de l’enquête sur l’explosion, lui demandant de fournir des preuves pour étayer sa décision de convoquer des responsables pour les interroger. « Où sont les preuves ? », s’est-il interrogé, appelant le juge Tarek Bitar à partager ses conclusions.

« L’enquête est politisée, a-t-il encore affirmé. Soit il doit travailler (…) de manière claire, soit la justice doit trouver un autre juge ».

Après avoir catégoriquement rejeté une enquête internationale, les autorités libanaises ont dessaisi de ses fonctions le premier juge chargé de l’affaire, Fadi Sawan, après l’inculpation de hauts responsables.

Son remplaçant, Tarek Bitar, fait également face à des obstructions, notamment le refus du Parlement de lever l’immunité de certains de ses membres soupçonnés d’être impliqués.

Le juge a demandé la levée de l’immunité de trois anciens ministres, en vain jusqu’ici.

Le ministre de l’Intérieur n’a pas non plus autorisé M. Bitar à interroger le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, au sujet de l’explosion.

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