Les révélations de l’enquête du FBI sur l’explosion au port de Beyrouth
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Les révélations de l’enquête du FBI sur l’explosion au port de Beyrouth

L'enquête renforce les soupçons selon lesquels une grande partie des produits chimiques a disparu avant l'explosion

Une photo prise par un drone montre la scène d'une explosion dans le port maritime de Beyrouth, au Liban, le 5 août 2020. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla) 
Une photo prise par un drone montre la scène d'une explosion dans le port maritime de Beyrouth, au Liban, le 5 août 2020. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla) 

La quantité de nitrate d’ammonium qui a explosé au port de Beyrouth l’année dernière dans une explosion massive ne représentait qu’un cinquième de la cargaison initiale arrivée dans la capitale libanaise en 2013, selon une enquête du FBI dont les conclusions ont été publiées vendredi par l’agence de presse Reuters.

Cette enquête a renforcé les soupçons selon lesquels la majeure partie du stock de produits chimiques, utilisés pour fabriquer des engrais ou des bombes, a disparu ou a été détournée avant l’explosion d’août 2020 qui avait tué plus de 200 personnes.

L’enquête menée par le FBI en octobre dernier a révélé que si 2 754 tonnes de nitrate d’ammonium étaient arrivées au Liban sept ans avant l’explosion, seules 552 tonnes se sont enflammées le jour de l’explosion, selon Reuters.

L’enquête n’a pas fourni d’explication sur cet écart, ni sur la destination du reste du nitrate d’ammonium.

L’agence de presse a contacté un haut fonctionnaire libanais pour obtenir des commentaires, et celui-ci a approuvé les conclusions du FBI concernant la quantité de produits chimiques qui ont explosé.

De nombreux responsables à Beyrouth disent en privé qu’une grande partie de la cargaison a été volée, dit Reuters, ajoutant qu’une autre théorie entendue est que toute la cargaison n’a pas explosé.

Des graffitis politiques sont visibles devant le lieu de l’explosion du 4 août qui a touché le port maritime de Beyrouth, au Liban, le 9 août 2020.(Crédit : AP/Hussein Malla)

La cargaison de 2013 était en cours de transfert de la Géorgie vers le Mozambique sur un cargo loué par la Russie lorsque le capitaine dit avoir reçu l’ordre de faire une escale imprévue à Beyrouth, indique Reuters, ajoutant que la cargaison n’est finalement jamais partie de là et que le chargement a accosté dans le port libanais.

Selon une évaluation sans source publiée par la Treizième Chaîne, la chaîne d’information israélienne en août dernier, le Hezbollah pourrait avoir prévu d’utiliser le stock de nitrate d’ammonium contre Israël dans une « troisième guerre du Liban ».

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a nié que son groupe ait stocké des armes ou des explosifs dans le port de Beyrouth.

Le nitrate d’ammonium est utilisé dans la fabrication d’explosifs et entre également dans la composition d’engrais. Il a été mis en cause dans des accidents industriels massifs par le passé, et était également un ingrédient principal de la bombe qui a détruit un bâtiment fédéral à Oklahoma City en 1995.

En 2019, des rapports en Israël ont affirmé que le Mossad avait informé les agences de renseignement européennes que le Hezbollah stockait des caches de nitrate d’ammonium pour les utiliser dans des bombes à Londres, à Chypre et ailleurs.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, prononce un discours au lendemain d’une explosion meurtrière à Beyrouth, le vendredi 7 août 2020 (Crédit : capture d’écran d’al-Manar).

Le rapport de la Treizième Chaîne notait que « le matériel qui a explosé dans le port n’est pas nouveau pour Nasrallah et le Hezbollah. »

Il détaillait les liens antérieurs du Hezbollah avec le nitrate d’ammonium, notamment des incidents en Allemagne et au Royaume-Uni, tous deux largement rapportés à l’époque, au cours desquels ses agents auraient été trouvés avec des quantités importantes de cette matière.

À Londres en 2015, suite à une information du Mossad, les services de renseignement britanniques ont trouvé quatre agents du Hezbollah avec 3 tonnes de nitrate d’ammonium détenues dans des sacs de farine, indiquait le reportage télévisé, citant des rapports étrangers.

Un processus similaire a conduit à la découverte en Allemagne d’agents du Hezbollah avec suffisamment de nitrate d’ammonium « pour faire exploser une ville », selon le rapport. L’Allemagne a ensuite interdit le Hezbollah en tant qu’organisation terroriste.

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