Enrôlement haredi : Shapira blâme la Défense qui n’a pas atteint son objectif
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Enrôlement haredi : Shapira blâme la Défense qui n’a pas atteint son objectif

Le rapport du contrôleur de l'état révèle aussi des échecs dans les tentatives du gouvernement d'augmenter l'enrôlement parmi les Bédouins

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

La police enlève des manifestants ultra-orthodoxes qui bloquent une route lors d'une manifestation contre l'enrôlement de l'armée dans la ville de Bnei Brak, près de Tel-Aviv, le 12 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Ahmad GHARABLI)
La police enlève des manifestants ultra-orthodoxes qui bloquent une route lors d'une manifestation contre l'enrôlement de l'armée dans la ville de Bnei Brak, près de Tel-Aviv, le 12 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Ahmad GHARABLI)

Le contrôleur de l’Etat Yosef Shapira a critiqué le ministère de la Défense pour ne pas avoir atteint ses objectifs d’enrôlement ultra-orthodoxe requis par le gouvernement durant quatre années à la suite, dans un nouveau rapport publié mercredi.

L’enquête s’est concentrée uniquement sur les années 2013 à 2016, période au cours de laquelle l’écart entre les chiffres d’enrôlement requis pour les membres de la communauté ultra-orthodoxe, ou Haredi, et les chiffres réels est passé de 4,1 % à 11 %.

Le rapport n’incluait pas 2017, même si cette année l’armée n’a également pas atteint son objectif.

En 2013, l’armée aurait dû enrôler 2 000 hommes ultra-orthodoxes, mais n’a réussi à obtenir l’enrôlement que 1 972. En 2016, le gouvernement a fixé un objectif de 3 200 enrôlés chez les haredi, mais les militaires ont ratés leur objectif de 350 enrôlés.

L’enrôlement ultra-orthodoxe est un sujet controversé en Israël, avec des membres plus extrémistes de la communauté haredi qui manifestent très régulièrement contre l’enrôlement.

Les étudiants du séminaire ultra-orthodoxe ont été largement exemptés du service militaire d’Israël depuis que le ministre de la Défense de l’époque, David Ben Gurion, a exempté 400 étudiants du service militaire en 1949 au motif que « leurs études sont leur métier ».

Au fil des ans, la Haute Cour de justice a annulé un certain nombre de changements apportés aux lois concernant les exemptions ultra-orthodoxes au service militaire, les jugeant injustes.

La question a failli faire tomber le gouvernement cette semaine alors que les membres ultra-orthodoxes de la coalition se sont opposés aux autres partis de la coalition et notamment au parti Yisrael Beytenu et au célèbre ministre de la Défense, Avigdor Liberman, au sujet d’une nouvelle version de la loi.

Shapira a également examiné les chiffres d’enrôlement des Bédouins Israéliens, les trouvant inférieurs à ceux souhaités par le gouvernement.

Le contrôleur a attribué un certain nombre de causes à cette situation, reconnaissant qu’une partie du problème réside dans le fait que les facteurs sont multiples et relèvent des responsabilités de plusieurs organismes gouvernementaux, y compris l’éducation, le logement et aux « difficultés d’intégration dans la société israélienne. »

Shapira a appelé le ministère de la Défense à travailler avec les ministres de l’Education, de la Construction et des Finances afin de résoudre ces problèmes ensemble.

Le rapport du contrôleur a également examiné le programme Nahal de l’armée — à ne pas confondre avec la brigade d’infanterie du même nom — qui avait été créée en 1948. Sa mission initiale était de permettre aux jeunes Israéliens de servir dans l’armée tout en établissant des implantations agricoles dans l’Etat naissant d’Israël.

Au fil du temps, cependant, le programme a radicalement changé, les participants n’agissant plus en tant qu’agriculteurs, mais en tant qu’enseignants. Cette évolution s’est produite malgré le fait que le but de Nahal soit défini dans la loi comme explicitement lié à « l’agriculture ou au fait d’être pionnier ».

Comme ce n’est plus le but du Nahal, Shapira a appelé le ministre de la Défense à réévaluer le programme et à déterminer son avenir.

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