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Enseignants en grève ; les écoles fermées jeudi pour le deuxième jour consécutif

Certaines municipalités assureront l'ouverture des écoles ; Liberman a annoncé des activités d'été dans les établissements dès dimanche pour compenser les conséquences de la grève

Illustration : Une classe vide de Beit Hakerem, à Jérusalem, le 10 février 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Illustration : Une classe vide de Beit Hakerem, à Jérusalem, le 10 février 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le syndicat des enseignants israéliens va faire grève pour la deuxième journée supplémentaire jeudi et les écoles maternelles et élémentaires resteront fermées toute la journée en conséquence, alors que le conflit qui oppose les professeurs au ministère des Finances s’est encore aggravé mercredi.

Plusieurs municipalités ont néanmoins annoncé que leurs établissements scolaires seraient ouverts malgré la grève. Ainsi, les écoles maternelles et primaires accueilleront les élèves à Kfar Saba et à Harish. A Afula, Lod, Kiryat Bialik, Kiryat Shmona, Ness Ziona et Maale Adumim, seules les maternelles ouvriront leurs portes.

Mercredi, premier jour de grève organisée par le syndicat dans le cadre de sa lutte pour garantir une augmentation des salaires en faveur des professeurs, ce sont environ 1,5 million d’enfants qui ont dû rester chez eux.

Le ministère des Finances a expliqué qu’il voulait offrir de meilleurs salaires aux professeurs mais seulement dans le cadre d’un ensemble de réformes visant à améliorer le système de l’éducation dans son ensemble – des propositions qui ont été pour le moment rejetées par les responsables syndicaux.

En raison de cette grève d’une journée, qui avait été précédée par des débrayages de deux heures organisés au début de la semaine, le ministre des Finances, Avigdor Liberman, a annoncé mercredi que le Trésor financerait des activités scolaires estivales pour les élèves de maternelle et de primaire dès dimanche – des activités qui continueront jusqu’au début des grandes vacances, à la fin de la semaine prochaine.

La gestion de ces activités, qui visent à soulager les parents qui travaillent et qui sont mis en difficulté par les conséquences de la grève, seront confiées à des personnels relevant de la responsabilité des autorité locales, a noté le ministère.

Suite à cette annonce, la secrétaire-générale du syndicat des enseignants, Yaffa Ben-David, a fait savoir que la grève serait reconduite jeudi et elle a critiqué Liberman qui, selon elle, a préféré financer ces activités plutôt que d’augmenter les salaires des professeurs.

« Il semble bien que le Trésor a de l’argent mais qu’il préfère le verser aux employés qui prendront en charge ces activités d’été qu’aux professeurs et aux personnels des maternelles », a dit Ben-David en réponse au projet de Liberman.

Elle a ajouté que le syndicat négociait avec le ministère depuis six mois mais qu’elle n’avait pas reçu « une seule proposition concrète ».

Yaffa Ben-David, à gauche, lors d’une conférence à Jérusalem, le 11 février 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/ Flash90/ File); Le ministre des Finances Avigdor Liberman pendant une conférence de presse à Jérusalem, le 12 juin 2022. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Le bureau de Liberman a affirmé, en retour, que « les comportements relevant du harcèlement ne seront pas pris en compte ». Il a ajouté que le syndicat devait accepter un arrangement « qui permettra de moderniser le système de l’éducation. »

Suite à la coopération mise en place entre le ministère des Finances et certaines autorités locales, les écoles maternelles de plusieurs villes ont accueilli, mercredi, les élèves qui ont été pris en charge par des assistants d’éducation, une catégorie de personnel qui ne relève pas du syndicat.

Mais le chef de la fédération du travail de la Histadrout, Arnon Ben David, a annoncé mercredi dans la journée qu’il veillerait à ce que cette intervention des assistants d’éducation ne se renouvelle pas, estimant que « cette tentative de leur mettre sur les épaules le fardeau entier du système de l’éducation ne marchera pas ».

Yifat Shasha-Biton, ministre de l’Éducation, a critiqué pour sa part le ministre des Finances, déplorant le refus opposé par ce dernier à sa demande d’organiser une réunion qui aurait rassemblé tous les acteurs majeurs du secteur à des fins de négociations.

« Il faut demander au ministre des Finances pourquoi, après des négociations si longues, nous nous sommes trouvés ainsi dans l’incapacité de prévenir la détresse qu’expriment aujourd’hui les parents », a-t-elle dit au micro de la Douzième chaîne.

« Je défends aujourd’hui le système éducatif », a-t-elle ajouté.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Au cœur du conflit se trouve une réforme prévue du ministère des Finances visant à réduire la puissance du syndicat des enseignants, une réforme qui permettra notamment aux principaux des établissements de congédier des personnels sans intervention du syndicat et de régler les problèmes d’écart salarial entre professeurs débutants et vétérans en effectuant une rémunération sur la base des compétences et non pas de l’expérience.

Le syndicat réclame une rémunération pour les jeunes enseignants de 10 000 shekels ainsi qu’une augmentation substantielle des professeurs expérimentés.

La fin de l’année scolaire est prévue la semaine prochaine.

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