Enterré vivant : Le témoignage d’un jeune blessé dans la tragédie du mont Meron
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Enterré vivant : Le témoignage d’un jeune blessé dans la tragédie du mont Meron

Shachar Baal Haness, 19 ans, raconte comment il a été écrasé sous une pile de corps et sa lutte pour pouvoir respirer jusqu'à ce qu'il soit finalement sauvé par la police

Les secouristes et la police israélienne après un incident qui a tué et blessé des dizaines de personnes, lors des célébrations de la fête juive de Lag B'Omer, au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)
Les secouristes et la police israélienne après un incident qui a tué et blessé des dizaines de personnes, lors des célébrations de la fête juive de Lag B'Omer, au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)

Un jeune homme piégé dans le mouvement de foule meurtrier au mont Meron la nuit dernière a raconté avoir pensé qu’il allait mourir alors que d’autres, écrasés, ont perdu la vie, asphyxiés et mortellement blessés lors de la catastrophe.

Shachar Baal Haness, 19 ans, a été pris en charge à l’hôpital Galilée après avoir été blessé pendant les festivités de Lag B’Omer, lorsque la sortie d’une assistance trop nombreuse qui s’était engagée dans un étroit couloir a entraîné un mouvement de foule qui a fait 45 morts et plus de 150 blessés, dont un grand nombre se trouvent dans un état grave.

Baal Haness a raconté au Times of Israël qu’il se trouvait au cœur de la foule dense qui quittait les lieux lorsque la situation a pris un tour dramatique.

« Tout le monde avançait dans la même direction », a déclaré Baal Haness, qui a décrit comment la bousculade avait commencé et la manière dont les gens avaient chuté les uns sur les autres, entraînant un déséquilibre général.

« Cela a fait boule de neige », a ajouté Baal Haness.

Il est tombé au sol, et d’autres ont chuté sur lui.

Si lui est resté conscient, il a indiqué que d’autres étaient morts à côté de lui.

« J’ai vu tous ces corps. Il y avait des morts sur moi, sous moi », a-t-il précisé.

« J’ai pensé que j’allais mourir », a poursuivi Baal Haness, qui ajoute avoir dû lutter pour parvenir à trouver un minimum d’air pour pouvoir survivre, bloqué sous l’enchevêtrement des corps pendant cinq longues minutes. Ce jeune homme religieux a déclaré avoir prié au cours de ce qu’il a pensé être ses derniers moments sur Terre.

Finalement, la police l’a découvert et a pu le dégager des corps qui étaient sur lui.

Baal Haness a expliqué avoir été embarqué à bord d’un véhicule militaire puis emmené à l’hôpital.

« Là-bas, j’ai vu tous ces gens dont les secours tentaient de sauver la vie », a-t-il noté.

Malgré l’ampleur de la tragédie et même s’il a frôlé la mort, Baal Haness dit ne pas blâmer ni les organisateurs, ni les autorités pour ce qui est arrivé.

« Nous devons avancer, j’ai vu ce que j’ai vu », a-t-il expliqué, ajoutant que seul le temps dira quel sera l’impact psychologique de ce qu’il a vécu.

Baal Haness a ajouté s’attendre à sortir de l’hôpital avant la fin de la journée.

Rina Dolinsky, cheffe de l’unité de soins intensifs de l’hôpital de Galilée. (Crédit : Nathan Jeffay/Times of Israël)

Rina Dolinsky, cheffe de l’unité des soins intensifs à l’hôpital, a indiqué que 26 blessés étaient arrivés pendant la nuit. Deux sont encore hospitalisés dans son département, blessés légèrement à la jambe.

Pour faire face à l’arrivée des éventuels blessés, alors que l’ampleur de la catastrophe se révélait petit à petit, l’hôpital a fait appel à 200 personnels supplémentaires.

Dolinsky précise que la majorité des victimes arrivées dans l’établissement étaient en bonne santé mais souffraient de divers traumatismes orthopédiques.

Elle ajoute que l’hôpital se préparait toujours en amont de Lag B’Omer, et que cela avait été particulièrement le cas cette année en raison de la vague de chaleur attendue et du danger de blessures causées par les feux de joie organisés pendant la fête.

Les préparations, a-t-elle continué, ont commencé deux jours avant la fête. Elle explique qu’elle n’aurait « guère imaginé qu’il allait se passer quelque chose de ce type ».

« C’est si regrettable que cela soit arrivé », note-t-elle. « Mais nous sommes préparés à tous les scénarios. »

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