Erdan : le viol d’une enfant de 7 ans par un Palestinien relève du terrorisme
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Erdan : le viol d’une enfant de 7 ans par un Palestinien relève du terrorisme

Le ministre de la Sécurité intérieure pense que le violeur présumé et ses complices ont pu être motivés par les incitations de l'Autorité palestinienne ; la police dément

Le ministre de la sécurité intérieure Gilad Erdan, au centre, avec les forces de police lors du défilé annuel de la Gay Pride à Jérusalem, le 6 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la sécurité intérieure Gilad Erdan, au centre, avec les forces de police lors du défilé annuel de la Gay Pride à Jérusalem, le 6 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a réclamé lundi que l’enquête sur le viol brutal d’une petite Israélienne de sept ans, qui aurait été commis par un Palestinien, soit appréhendée sous l’angle du terrorisme. La police, pour sa part, a expliqué que l’agression sexuelle ne semblait pas avoir de motivation nationaliste.

Lors d’un service de commémoration en hommage aux agents de police décédés dans l’exercice de leurs fonctions, Gilad Erdan a déclaré avoir demandé au Shin Bet, à la police et au bureau du procureur d’Etat que « tous les moyens d’enquête » soient employés dans cette affaire.

« C’est dur pour moi, et je suis sûr que c’est également dur pour vous de ne pas penser à cet incident terrible, celui où une fillette de sept ans a été tyrannisée au cours de cet acte écœurant, impensable, inhumain », a-t-il clamé lors de la cérémonie organisée à Beit Shemesh.

« Je n’ai aucun doute sur le fait que l’homme accusé de cette atrocité, comme ceux qui lui sont venus en aide, ont été nourris par les incitations et la haine qu’ils absorbent quotidiennement au sein de l’Autorité palestinienne », a affirmé le ministre. « Indépendamment de ce que peut dire ce violeur répugnant sur ses motivations et sur sa situation, ce genre d’incident doit faire l’objet d’une enquête qui partira du principe que son mobile est nationaliste ».

Gilad Erdan a expliqué avoir appelé les équipes impliquées dans l’enquête à tenter de déterminer si l’homme « aurait fait subir la même chose à une petite Palestinienne ».

Dimanche, la police a inculpé un Palestinien âgé de 46 ans pour le kidnapping et le viol d’une fillette de sept ans dans une implantation du centre de la Cisjordanie, au début de l’année. Il est accusé de viol avec circonstances aggravantes, d’agression et d’enlèvement.

Selon la Douzième chaîne, le suspect s’appellerait Nazmi Abed el-Hamid Kattousa. Cet homme marié et père de famille serait originaire du village voisin de Dir Kadis.

Vue du village de Dir Kadis, en Cisjordanie, le 17 juin 2019 (Crédit : Flash90)

La localisation de l’implantation dans laquelle l’enfant a été violée a été mise sous embargo pour protéger l’identité de la jeune victime.

Selon l’acte d’inculpation, Kattousa avait commencé à travailler comme agent de maintenance dans une école de l’implantation, au début de l’année. Il avait établi des premiers liens avec sa victime en lui donnant des bonbons. Il l’a ensuite attirée dans un bâtiment à proximité de l’école qui était en construction. Il l’a maintenue par la force, l’a violée avant de la laisser partir.

Un responsable de la police a précisé que les enquêteurs considéraient ce viol comme un acte criminel et non comme un attentat qui aurait des motivations nationalistes.

Il a ajouté que les autorités étaient à la recherche de deux suspects qui – selon le témoignage apporté par l’enfant – l’ont maintenue au sol et ri pendant le viol.

Un avocat des parents de la fillette, Haim Bleicher, de l’organisation d’aide juridique Honenu, a fait savoir que s’il n’était pas en mesure de dire si ce viol était criminel ou nationaliste, il pensait que les deux autres suspects n’avaient assisté à l’agression qu’en raison de l’origine juive de la victime.

Selon l’avocat, les agresseurs ont dit à la petite fille qu’elle avait « mérité » ce qui lui était arrivé.

Cette inculpation suit une enquête de trois mois qui a été menée par la police. L’accusé, pour sa part, n’a cessé de nier les faits, s’opposant au témoignage livré par l’enfant.

La Douzième chaîne a annoncé lundi qu’il avait échoué lors d’un test au détecteur de mensonge et que la police avait retrouvé les lieux du viol, où il était employé à temps partiel pour des travaux de rénovation.

Gilad Erdan n’est pas le seul responsable à réclamer une enquête visant à déterminer si l’agression pouvait relever d’un acte terroriste, et plusieurs députés de droite ont demandé que l’homme soit condamné à la peine de mort s’il est reconnu coupable.

Le chef de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, qui a soumis une proposition de loi pour faciliter les condamnations à la peine de mort dans certains dossiers terroristes, a évoqué « une attaque bien programmée contre une jeune enfant, innocente et sans défense ».

Avigdor Liberman, président de Yisrael Beytenu, dirige une réunion du parti à la Knesset, le 13 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Ce n’est pas de la pédophilie. C’est du terrorisme pur – l’un des pires dont j’ai pu entendre parler ces dernières années », a-t-il dit dans une déclaration.

« C’est précisément le type de cas pour lequel je n’hésiterai pas à demander qu’un tribunal condamne le terroriste haineux à la peine de mort », a ajouté Avidgor Liberman, accusant le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir bloqué la législation.

L’ancien ministre avait proposé un projet de loi qui permettrait la peine capitale dans certains dossiers de meurtre, mais pas de viol.

« Le vil individu qui a commis cet acte terrible n’a pas le droit d’exister dans ce monde – lui et ceux qui l’ont aidé », a pour sa part commenté le président de l’Union des partis de droite Rafi Peretz.

Le numéro deux de Peretz, Bezalel Smotrich, a écrit sur Twitter : « Si la peine de mort pouvait être imposée à cette ordure… Rien de moins. Un tel monstre ne mérite pas de respirer l’air de notre monde ».

Netanyahu a condamné le viol dans un tweet dans lequel il n’a pas explicitement appelé à la peine de mort. « Les tribunaux devront user de toute la sévérité de la loi vis-à-vis des responsables de cet acte odieux », a-t-il écrit.

La députée travailliste Shelly Yachimovich a pour sa part accusé les députés de droite de ne dénoncer le viol qu’en cas de suspicion de motivation nationaliste.

« Ils dansent cyniquement, et avec nationalisme, sur le sang d’une fillette victime d’un viol choquant », a-t-elle commenté.

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