Erekat compare Israël à l’Etat islamique
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Erekat compare Israël à l’Etat islamique

Après une rencontre “très constructive” entre Abbas et Kerry à Paris, le négociateur palestinien affirme que la supervision internationale est nécessaire pour relancer des négociations de paix

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Paris, le 30 juillet 2016. (Crédit : capture d'écran Euronews)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Paris, le 30 juillet 2016. (Crédit : capture d'écran Euronews)

Le haut négociateur palestinien Saeb Erekat a tracé samedi des parallèles entre la récente série d’attaques terroristes revendiquées par l’Etat islamique (EI) en Europe et les actions israéliennes en Cisjordanie.

« Ceux qui ont assassiné des enfants en Europe au nom de la religion ne sont pas différents de ceux qui assassinent des enfants en terre palestinienne », a déclaré Erekat pendant une conférence de presse samedi, selon Haaretz. Il s’exprimait après une rencontre entre le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas et le secrétaire d’Etat américain John Kerry à Paris.

Les deux hommes ont eu une rencontre « très constructive », selon Erekat.

Erekat a déclaré qu’Abbas avait dit à Kerry que les Palestiniens demandaient un échéancier pour relancer les négociations et un autre pour mettre en place les accords, ainsi qu’une supervision internationale, selon l’AFP.

« Nous avons besoin d’un échéancier pour relancer les négociations, un échéancier pour mettre en place les accords et un cadre international pour superviser tout accord futur », a déclaré Erekat.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (à droite) et le responsable des négociations pour la paix, Saeb Erekat, signent une candidature pour intégrer les organismes de l'ONU, à Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 1er avril 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (à droite) et le responsable des négociations pour la paix, Saeb Erekat, signent une candidature pour intégrer les organismes de l’ONU, à Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 1er avril 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Le négociateur palestinien a également répété le soutien des Palestiniens à l’initiative de paix française, qu’Israël a rejeté, appelant à la place à des négociations directes entre les parties.

Le bureau de Kerry a déclaré dans un communiqué que les deux hommes avaient discuté des « défis régionaux et d’idées constructives sur la marche à suivre pour soutenir notre objectif partagé d’une solution à deux états. »

L’année dernière, Erekat avait fait une remarque similaire sur Israël et l’EI, disant pendant une conférence sécuritaire à Rome que l’EI prendrait la direction morale du monde arabe si Israël ne cessait pas de briser les espoirs d’Etat des Palestiniens.

« Depuis le début de l’islam, il y a eu des personnes et des organisations qui cherchent à utiliser la religion à leurs propres fins. Daesh est le 803e », avait-il-déclaré, en utilisant l’acronyme arabe du groupe terroriste.

« Si nous tombons en tant que Palestiniens modérés, si nous ne pouvons pas remplir nos promesses, cela sera ce scénario », avait-il déclaré à l’époque. « En ce moment, l’EI est vu comme une bande de criminels terroristes sans cause. Personne ne s’associe avec eux. Si demain ils comblent les lacunes d’Abbas et moi et qu’ils commencent à tuer des Israéliens, qui parmi le milliard d’arabes sera contre ça ? »

Une tentative de paix israélo-palestinienne menée par les Etats-Unis avait échoué il y a deux ans, et des progrès semblent improbables avant la fin du mandat du président américain Barack Obama en janvier.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il souhaitait rencontrer les dirigeants palestiniens pour des négociations de paix sans conditions préliminaires, mais a accusé l’AP d’inciter à la violence et au terrorisme contre Israël. Il a également affirmé que le cœur du conflit restait le refus des Palestiniens d’accepter la légitimité d’un Etat juif souverain.

En juin, la France avait convoqué à Paris les puissances mondiales, sans Israël ni les Palestiniens, pour travailler à l’organisation d’une conférence internationale pour relancer les discussions d’ici la fin de l’année 2016.

Après la rencontre de juin, Kerry était peu enthousiaste sur les perspectives de la conférence.

Le Quartet diplomatique pour le Moyen Orient (Union européenne, Russie, Etats-Unis et Nations unies) a appelé Israël à cesser de construire dans les implantations et les Palestiniens à cesser les incitations à la violence dans un rapport publié en juillet, et qui s’était attiré une réponse glaciale des deux parties.

L’AFP a contribué à cet article.

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