Erekat dénonce les appels « répugnants » du responsable du Hamas à tuer des Juifs
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Erekat dénonce les appels « répugnants » du responsable du Hamas à tuer des Juifs

Les propos de Fathi Hammad donnent envie de "vomir" au responsable de l'OLP et sont "dangereux" et à "condamner par tous" selon l'envoyé de l'ONU Nikolay Mladenov

Le négociateur palestinien Saeb Erekat prend la parole lors de la conférence de "Haaretz" et du New Israel Fund à New York, le 13 décembre 2015. (Crédit : Amir Levy / Flash90)
Le négociateur palestinien Saeb Erekat prend la parole lors de la conférence de "Haaretz" et du New Israel Fund à New York, le 13 décembre 2015. (Crédit : Amir Levy / Flash90)

Saeb Erekat, secrétaire général du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a condamné lundi les déclarations faites la semaine dernière par Fathi Hammad, haut responsable du Hamas, appelant les membres de la diaspora palestinienne à « tuer les Juifs » dans le monde entier.

« Les justes valeurs de la cause palestinienne incluent l’amour pour la liberté, la justice et l’égalité. La déclaration répugnante du leader du Hamas, M. Fathi Hammad, au sujet des Juifs ne représente aucune d’entre elles », a écrit Erekat lundi sur Twitter. « La religion ne devrait pas être utilisée à des fins politiques. »

M. Hammad, un membre dirigeant du Hamas considéré comme un partisan de la ligne dure et connu pour sa rhétorique enflammée, a fait ces remarques dans un discours lors d’une manifestation dans la région frontalière entre la bande de Gaza et Israël, vendredi dernier.

« Notre patience est à bout. Nous sommes sur le point d’exploser. Si ce blocus n’est pas levé, nous exploserons face à nos ennemis, avec la permission et la gloire de Dieu », a dit M. Hammad, faisant référence aux restrictions importantes imposées par Israël à la circulation des personnes et des biens entre Israël et Gaza. « L’explosion n’aura pas seulement lieu à Gaza, mais aussi en Cisjordanie et à l’étranger, si Dieu le veut. »

Le haut-responsable du Hamas Fathi Hammad parle aux Palestiniens dans la région frontalière entre Israël et la bande de Gaza, le 12 juillet 2019. (Capture d’écran : Youtube)

« Mais nos frères [dans la diaspora] sont encore en train de se préparer. Ils s’efforcent d’être prêts. Ils se préparent. Cela fait longtemps maintenant qu’ils se préparent. Tous parmi vous, les 7 millions de Palestiniens de la diaspora, sachez que le temps de cette préparation est dorénavant terminé. Il y a des Juifs partout dans le monde et nous devons attaquer tous les Juifs du globe en les massacrant et en les tuant, si Dieu le permet. La préparation est terminée », a-t-il asséné.

Israël explique maintenir les restrictions imposées sur les déplacements des personnes et des biens à Gaza pour empêcher le Hamas, groupe terroriste islamiste qui a juré de détruire l’Etat juif, et d’autres groupes terroristes d’importer des armes.

Erekat a déclaré que, lorsqu’il a eu connaissance des commentaires de Hammad lundi matin, il a été dégoûté.

« Quand j’ai vu cette déclaration, je ne l’ai pas supportée. Je suis donc allé [tweeter] en arabe et en anglais, la qualifiant de répugnante », a-t-il dit au Times of Israël lors d’un appel téléphonique, ajoutant que les commentaires lui donnaient envie de vomir.

Erekat affirme depuis longtemps avoir beaucoup de respect pour le judaïsme. Dans une interview accordée en juin, il a expliqué que le judaïsme était « l’une des grandes religions de Dieu ».

Nikolay Mladenov, le coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen Orient, a également condamné les propos d’Hammad.

« Une déclaration dangereuse, répugnante et incitative ! Elle doit être clairement condamnée par TOUS. Ce genre de discours ne saurait être toléré. Jamais ! » a-t-il tweeté lundi.

Nickolay Mladenov, Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen Orient, lors d’une conférence de presse dans les bureaux de l’UNSCO à Gaza, le 25 septembre 2017. (Adel Hana/AP)

Un responsable du Hamas à Gaza a pris ses distances avec les propos de Hammad, insistant sur le fait qu’ils ne représentaient pas le positionnement officiel du groupe.

« Ce sont des déclarations personnelles qui ne représentent pas le Hamas. Il ne s’agit de rien de plus que de propos dits sous le coup de l’émotion en raison de la mort d’un de nos membres », a commenté ce responsable, qui s’est exprimé au Times of Israël sous couvert d’anonymat car non autorisé à s’exprimer à la presse israélienne. « Notre problème, ce n’est pas les Juifs. C’est plutôt l’occupation et le mouvement sioniste qui occupe la Palestine », a-t-il ajouté.

Des manifestants palestiniens jettent des pierres en direction des forces de sécurité israéliennes au cours des manifestations le long de la frontière avec Israël, à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 juillet 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Jeudi, selon l’armée israélienne, les soldats auraient confondu un agent du Hamas qui tentait de maintenir le calme à la frontière pour un terroriste armé, le tuant par balle.

Omar Shakir, directeur pour Israël et les Territoires palestiniens de Human Rights Watch, a âprement critiqué le Hamas pour ses déclarations qu’il a qualifiées « d’absolument abominables ».

« Les appels au meurtre sur la base de la religion n’ont pas leur place dans un mouvement pour la liberté et ils doivent être relégués dans les poubelles de l’histoire », a écrit Shakir sur Twitter dans la journée de dimanche.

Un certain nombre d’usagers des réseaux sociaux palestiniens et notamment Ahmad Abu Artema, activiste de Gaza, ont également dénoncé les propos de Hammad.

« Notre ennemi, c’est l’occupation, ce n’est pas les Juifs. Il y a de nombreux Juifs qui soutiennent les droits et la justice dans le monde », a-t-il écrit dans une publication postée samedi sur Facebook.

Issa Amro, qui dirige l’organisation « Les jeunes contre les implantations », critique le gouvernement israélien et les habitants juifs de Hébron dans la Vieille Ville, le 5 novembre 2015. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

Issa Amro, un éminent militant d’Hébron, a déclaré : « Je condamne fermement ce que Fathi Hammad a dit. Cela ne fait pas partie de notre tradition ni de notre religion d’appeler à tuer les Juifs. Personne ne devrait être pris pour cible à cause de sa religion. »

« Dans une société libre », a-t-il ajouté, « la haine comme celle de Hammad pétille et meurt. Dans une société non libre où des millions de personnes sont soumises à l’injustice, au blocus et à l’apartheid, cette horreur peut tristement s’attraper. La fin de l’apartheid israélien et de l’occupation retardera la croissance de cette haine plus que toute autre chose. »

Durant l’année écoulée, Hammad a émis un certain nombre de commentaires incendiaires au sujet d’Israël.

A la fin du mois de juillet 2018, il avait appelé les musulmans à tuer les « Juifs sionistes ».

« Ô musulmans, partout où vous rencontrerez un Juif sioniste, vous devrez le tuer parce que c’est là une expression de votre solidarité avec la mosquée al-Aqsa et une expression de votre solidarité avec… votre Jérusalem, votre Palestine et… votre peuple », avait-il déclaré lors d’un discours prononcé à l’occasion de funérailles organisées dans la grande mosquée Omari de Gaza Ville.

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