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Espagne: l’extrême droite occupe la scène médiatique à l’approche des élections

Fernando Paz, un négationniste, a fini par se retirer du scrutin ; la Fédération des communautés juives d'Espagne avait affiché sa "préoccupation" devant le choix de ce candidat

Un manifestant du parti espagnol d'extrême droite Vox, à Madrid, le 10 février 2019. (Crédit : OSCAR DEL POZO / AFP)
Un manifestant du parti espagnol d'extrême droite Vox, à Madrid, le 10 février 2019. (Crédit : OSCAR DEL POZO / AFP)

Tête de liste négationniste, candidats franquistes, appel à la libéralisation de la détention d’armes à feu: le parti d’extrême droite Vox occupe le terrain médiatique en Espagne avec ses provocations à un peu plus d’un mois des élections anticipées du 28 avril.

La formation, dont les sondages prédisent l’irruption au parlement lors du prochain scrutin, a suscité une intense polémique mardi en dévoilant la candidature comme tête de liste dans une province de Fernando Paz, négationniste se présentant comme historien.

M. Paz a finalement décidé de retirer sa candidature face au « lynchage médiatique » dont il s’est dit victime.

Il est l’auteur d’un livre remettant en question le procès des dignitaires nazis de Nuremberg et assuré que « l’on était loin d’être fixé sur ce qui s’est passé » durant la Shoah. « C’est un sujet qui fait l’objet de soupçons de façon permanente », a insisté M. Paz par le passé avant d’attribuer la majeure partie des assassinats de juifs durant la Seconde Guerre mondiale aux populations locales d’Europe de l’Est.

Le négationniste espagnol Fernando Paz. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Avant qu’il ne renonce à se présenter, la Fédération des communautés juives d’Espagne avait affiché sa « préoccupation » devant le choix de ce candidat, qualifiant ses déclarations de « lamentables et inacceptables ».

« Dans n’importe quel pays d’Europe où justice a été rendue sur ce chapitre traumatique de l’Histoire, il serait inadmissible qu’une personne avec ce type d’idées se présente pour un poste de représentation publique », a ajouté l’organisation.

Fernando Paz a par ailleurs qualifié par le passé de « mythe » le bombardement de Guernica par l’aviation nazie durant la Guerre civile espagnole. Il a aussi fait polémique de par ses déclarations homophobes.

Deux autres candidatures de Vox ont également fait couler beaucoup d’encre.

Agustin Rosety Fernandez de Castro, ex-général de brigade dans la Marine, et Alberto Asarta, ancien commandant de la Force des Nations unies au Liban (Finul), seront têtes de liste du parti dans deux provinces le 28 avril. Ils font partie des signataires d’un manifeste diffusé en juillet qui défendait « la figure militaire du Général Franco, aujourd’hui vilipendée à un point inconcevable ».

Et Vox a poursuivi avec l’annonce d’une autre tête de liste provinciale, Jorge Cutillas. Un homme qui selon le journal El Pais, a été arrêté en 1982 pour avoir caillassé des bus transportant des enfants basques alors qu’il était à la tête d’un groupuscule fasciste.

Une formation « clairement franquiste »

« Ils essaient d’attirer l’attention et y arrivent » notamment « avec le type de profils (de candidats) qu’ils choisissent », juge le politologue de l’Université Carlos III de Madrid, Pablo Simón.

« C’est une stratégie suivie par les partis d’extrême droite. Plus la proposition est scandaleuse, plus elle suscite de réactions dans les médias et au sein de la gauche (…) Cela leur permet de marquer le terrain de jeu plus facilement », ajoute-t-il.

Vox « est une formation clairement franquiste qui se dote du discours, de la nostalgie, des images » du régime du Caudillo, a dénoncé lundi le ministre des Transports, José Luis Ábalos, l’un des principaux cadres du Parti socialiste au pouvoir.

Absent du parlement espagnol, Vox, né en 2013, a pour seul faits d’armes son entrée il y a peu au parlement andalou avec 12 députés régionaux sur 109.

Mais il est parvenu à se hisser à la une de l’actualité avec ces candidatures sulfureuses ou des propositions polémiques comme l’interdiction du parti de gauche radicale Podemos ou la libéralisation des armes à feu.

« Un changement radical et urgent de la loi est nécessaire non seulement pour que les Espagnols sans antécédents (judiciaires) et en pleine possession de leurs facultés mentales puissent disposer d’une arme chez eux mais aussi pour qu’ils puissent l’utiliser dans des situations de menace réelle », a expliqué cette semaine son leader Santiago Abascal, dans un entretien accordé à un média numérique dédié aux armes.

Une idée rejetée unanimement par tous les autres partis dans un pays où cette question ne suscite pas de débat. Mais qui a permis à Vox de faire parler de lui.

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