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Étude israélienne : 1 enfant sur 4 souffrirait de « commotion cérébrale prolongée »

La prévalence des répliques post-commotion cérébrale entrave le rétablissement, affirment les chercheurs, espérant que l’étude mènera à une meilleure compréhension médicale

Illustration : Un enfant blessé à la tête (Crédit : iStock via Getty Images)
Illustration : Un enfant blessé à la tête (Crédit : iStock via Getty Images)

Selon les conclusions d’une nouvelle étude israélienne, les enfants souffriraient inutilement suite à des blessures à la tête parce que les conséquences des traumatismes crâniens ne sont pas bien comprises.

Une équipe de scientifiques et de médecins a établi, dans une étude évaluée par des pairs, publiée dans Scientific Reports que le syndrome post-commotion cérébrale – un ensemble de problèmes de santé dûs à une commotion cérébrale – était « répandu et largement sous-diagnostiqué ».

Après avoir suivi 200 enfants au cours des trois années consécutives à une légère blessure à la tête, l’équipe a constaté qu’un sur quatre souffrait du syndrome chronique de post-commotion cérébrale.

L’auteur principal, le professeur Shai Efrati, a déclaré que cela pouvait être entendu comme une « commotion cérébrale longue », semblable à un COVID de longue durée. Il a expliqué que cela se traduisait par des oublis, des problèmes de mémoire, une sensibilité à la lumière et au bruit, un trouble déficit de l’attention / hyperactivité et même des problèmes psychologiques.

Efrati a indiqué qu’une meilleure sensibilisation au syndrome post-commotionnel permettrait aux médecins consultés pour des problèmes de santé d’évaluer plus aisément si un traumatisme crânien antérieur était impliqué dans le diagnostic et, dans l’affirmative, établir un diagnostic plus précis et prescrire un meilleur traitement.

« Après un traumatisme crânien, il est courant que les enfants se plaignent de maux de tête ou de difficultés à se concentrer à l’école, mais ils sont souvent diagnostiqués comme de banals maux de tête ou traités avec du Ritalin », a déclaré Efrati au Times of Israel.

« Ils continuent souvent à souffrir pendant des années de divers problèmes, au lieu d’obtenir un traitement pour le vrai problème, qui est le syndrome », a-t-il déclaré, ajoutant que cette étude allait permettre une meilleure sensibilisation des médecins.

Illustration : un neurologue examine des scanners cérébraux. (Crédit : iStock via Getty Images)

Efrati a mené la recherche en collaboration avec l’hôpital Kaplan et l’hôpital Shamir.

L’un des collaborateurs d’Efrati, le professeur Eran Kotzer, directeur des Urgences de l’hôpital Shamir, a précisé que, dans sa spécialité, l’objectif était de déterminer si l’enfant souffrait d’une lésion cérébrale grave nécessitant une intervention médicale immédiate.

Mais quand il n’y a pas de signes évidents de dommages durables, « la façon dont la plupart des systèmes médicaux fonctionnent aujourd’hui fait que nous passons à côté des effets de long terme ».

Prof. Shai Efrati de l’Université de Tel Aviv. (Crédit : Autorisation de l’Université de Tel Aviv)

Il est difficile de se figurer l’ampleur des conséquences de long-terme de lésions cérébrales modérées ou légères. Elles affectent les petits vaisseaux sanguins et les neurones – et ne sont pas détectées sur les tomodensitogrammes de la tête ou les IRM classiques.

Ffrati a ajouté que, bien que la surveillance soit difficile, supposer que les enfants sont complètement rétablis et les traiter comme tels pourrait nuire à leur santé à long terme.

« Le fait que le syndrome post-commotionnel soit répandu suggère que nous devrions être plus prudents avec les enfants après une blessure à la tête », a-t-il déclaré.

« D’autres dommages à la tête peuvent nuire à leur rétablissement, et tout comme vous n’enverriez pas un enfant qui vient de se remettre d’une jambe cassée jouer au football, il est nécessaire que les enfants qui se remettent de blessures à la tête agissent avec plus de prudence », a-t-il averti.

Efrati a précisé que les parents d’enfants convalescents après des blessures à la tête devraient consulter des médecins pour trouver le bon équilibre entre liberté et prudence.

Le Dr. Uri Bella, co-auteur de l’étude et directeur des urgences pédiatriques de l’hôpital Kaplan, a souligné que l’étude se voulait être un signal d’alarme sur les effets de long terme des lésions cérébrales.

« Il faut comprendre que les conséquences des lésions cérébrales subies pendant l’enfance demeurent tout au long de la vie », a-t-il conclu. « La perte d’une fonction cérébrale peut empêcher l’enfant de réaliser son potentiel, que ce soit à l’école ou dans sa vie sociale. »

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