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Étude israélienne : Des tempêtes initialement prévues pour 2080 déjà là en 2022

L'examen des récentes tempêtes de l'hémisphère sud par l'Institut Weizmann des sciences révèle une "intensification considérable" qui réchauffe les pôles et menace les populations

Tempêtes hivernales dans l'hémisphère sud (Crédit: NASA Worldview)
Tempêtes hivernales dans l'hémisphère sud (Crédit: NASA Worldview)

Selon une étude israélienne publiée jeudi, le changement climatique provoque déjà une « intensification considérable » des tempêtes hivernales dans l’hémisphère sud, à un niveau qui n’était pas prévu avant 2080.

L’étude publiée par l’Institut Weizmann dans la revue Nature Climate Change s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les scientifiques du monde entier pour utiliser 30 réseaux informatiques massifs et complexes afin de mieux modéliser et prévoir les changements climatiques.

L’étude, qui a comparé les prévisions antérieures d’intensification des tempêtes hivernales d’origine humaine dans l’hémisphère sud avec les observations actuelles des tempêtes, a révélé que la « sombre » réalité était bien pire que prévu.

« Il est devenu évident que l’intensification des tempêtes au cours des dernières décennies a déjà atteint les niveaux prévus pour l’année 2080 », a-t-il été indiqué dans un communiqué de l’Institut.

L’étude, menée par le Dr. Rei Chemke du Département des sciences de la terre et des planètes de Weizmann, en collaboration avec le Dr. Yi Ming de l’Université de Princeton et le Dr. Janni Yuval du MIT, « montre que les modèles climatiques actuels sous-estimaient gravement l’intensification des trajectoires des tempêtes aux latitudes moyennes au cours des dernières décennies », a indiqué le rapport.

« Une tempête hivernale est un phénomène météorologique qui ne dure que quelques jours. Individuellement, chaque tempête n’a pas un grand impact climatique. Cependant, l’effet à long terme des tempêtes hivernales devient évident lorsqu’on évalue les données cumulatives recueillies sur de longues périodes », a déclaré Chemke, expliquant que les tempêtes affectaient le transfert de chaleur, d’humidité et de quantité de mouvement dans l’atmosphère, ce qui affectait par conséquent les différentes zones climatiques sur Terre.

« Un exemple de ce phénomène est le rôle que jouent les tempêtes dans la régulation de la température aux pôles de la Terre. Les tempêtes hivernales sont responsables de la majorité des vagues de chaleur des régions tropicales transférées vers les pôles », a-t-il déclaré, notant que sans leur contribution, les températures moyennes aux pôles seraient inférieures d’environ 30°C.

Le Dr. Rei Chemke avec une illustration des changements futurs de la température de la surface de la Terre d’ici la fin du XXIe siècle, tels qu’ils sont prévus par les modèles climatiques. (Crédit : Courtesy/ Institut Weizmann)

Le Dr. Chemke a également noté que les tendances actuelles constituaient « une menace réelle et significative pour les sociétés de l’hémisphère sud sur les prochaines décennies ».

L’étude précise qu’elle n’a examiné que les tempêtes de l’hémisphère sud car l’intensification y a été jusqu’à présent plus forte que dans le nord. Toutefois, Chemke a déclaré que si la tendance persiste, « nous observerons une intensification plus importante des tempêtes hivernales dans les années et les décennies à venir ».

L’étude a également cherché à savoir si ces changements soudains pouvaient être attribués à des changements naturels dans les modèles climatiques ou s’ils étaient causés par des facteurs externes tels que l’activité humaine.

L’étude a également examiné pourquoi les modèles actuels n’étaient pas en mesure de prédire avec précision les changements de tempêtes et a découvert que cela était dû à des changements dans les jet stream atmosphériques.

Toutefois, l’étude a révélé que, malgré les problèmes de prévision de ces événements spécifiques, la plupart des modèles informatiques actuels du changement climatique étaient exacts.

« Les modèles font un très bon travail de prévision de presque tous les paramètres », a déclaré Chemke. « Nous avons découvert un paramètre pour lequel la sensibilité des modèles doit être ajustée. Cependant les changements de température, de précipitations, de glace de mer et de modèles de tempêtes estivales, par exemple, sont tous simulés avec précision. »

Malgré tout, les résultats de la recherche sont alarmants, a indiqué l’étude, notant que les projections climatiques pour les décennies à venir sont plus graves que les évaluations précédentes, et dans ce cas, avec des conséquences terribles pour l’hémisphère sud.

« Cela signifie qu’une intervention rapide et décisive est nécessaire pour mettre fin aux dommages climatiques dans cette région », a-t-il été précisé dans le communiqué.

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