Israël en guerre - Jour 232

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Ex-otage : Mon ravisseur du Hamas m’a dit qu’il m’épouserait et que je porterais ses enfants

Il avait dit à Noga Weiss, 18 ans, que des otages seraient libérés mais qu'elle resterait à Gaza. Il avait fait venir sa mère, otage elle aussi, pour lui demander sa main

Noga Weiss est interviewée par la Douzième chaine le 25 avril 2024. (Capture d'écran)
Noga Weiss est interviewée par la Douzième chaine le 25 avril 2024. (Capture d'écran)

Libérée à la faveur d’un accord l’année dernière après 50 jours passés à Gaza, Noga Weiss a révélé jeudi que l’un de ses ravisseurs du Hamas lui avait dit qu’ils se marieraient. Il lui avait offert une bague et dit qu’elle resterait à Gaza pour toujours pour porter et élever leurs enfants.

« Il m’a donné une bague au 14e jour [de captivité], et je suis restée avec lui jusqu’au 50e jour », se souvient Noga, 18 ans, devant les caméras de la Douzième chaine. « Il m’a dit : ‘Tout les autres vont être libérés, mais toi, tu vas rester ici avec moi et tu auras mes enfants’. »

Interrogée sur sa réaction à ce moment-là, Noga a répondu : « Je me suis forcée à rire pour qu’il ne me tire pas une balle dans la tête. »

En revanche, sa mère Shiri – elle aussi kidnappée à Gaza le 7 octobre et séquestrée en compagnie de sa fille au bout de quelques jours – n’était pas disposée à jouer le jeu.

Shiri a d’abord tenté de décliner poliment la proposition, mais le ravisseur du Hamas ne l’a pas entendu de cette oreille, après quoi elle s’est emportée pour lui faire comprendre, explique Meytal, l’une des deux sœurs de Noga, à ses côtés pour les besoins de l’interview à la Douzième chaine.

Noga se trouvait avec ses parents dans leur maison du kibboutz Beeri lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont envahi Israël, le 7 octobre. Son père Ilan, 56 ans, a quitté la maison à 7 h 15 pour rejoindre l’escouade d’urgence du kibboutz et disparu. On a découvert plus tard qu’il avait été tué le jour-même et que sa dépouille avait été transportée à Gaza.

Noga, à gauche, Shiri, au milieu et Ilan Weiss sont tous portés-disparus après l’assaut du Hamas au kibboutz Beeri, le 7 octobre 2023. (Autorisation)

Ilan avait laissé sa femme et sa fille dans leur pièce sécurisée. « Ils ont tiré sur la porte une quarantaine de fois jusqu’à ce qu’ils puissent entrer. Nous avons vu les conversations sur WhatsApp et compris ce qui se passait. Des gens disaient que leur maison était en feu et subitement, cessaient d’écrire. »

Shiri, 53 ans, a dit à sa fille de se cacher sous le lit, pour que les terroristes lui tirent dessus en entrant dans la pièce et ne remarquent pas Noga.

« J’ai rampé sous le lit : ils sont entrés et l’ont prise. Quand ils l’ont emmenée dehors, j’ai entendu des coups de feu. J’ai pensé qu’ils l’avaient assassinée, pas kidnappée », confie Noga.

En voyant des maisons en flammes en partant de Beeri, Shiri a pensé que sa fille avait subi le même sort, explique Meytal.

Agée de 26 ans, Meytal et sa sœur Maayan, 23 ans, avaient elles leur propre logement dans un autre secteur de Beeri. Elles ont pu parler avec Noga via WhatsApp pendant la journée. Elles lui ont conseillé de quitter la maison de leurs parents, qui était en feu.

Noga a réussi à se faufiler dehors et a tenté de se cacher dans les buissons, mais elle a été rapidement repérée, car le kibboutz grouillait alors de terroristes.

Noga Weiss, 18 ans, à droite, et sa mère Shiri Weiss, 53 ans, deuxième à droite, sont reçues par des soldats de Tsahal après avoir été libérées par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 25 novembre 2023. (Armée de défense israélienne)

« Je me suis retrouvée encerclée par une quarantaine de terroristes armés de kalachnikov. Ils m’ont lié les mains dans le dos. J’ai vu les corps sans vie de mes voisins du kibboutz. Quelques minutes plus tard, ils m’ont mise dans une voiture et ont démarré », explique-t-elle à la Douzième chaîne.

Des milliers de Palestiniens, enfants y compris, ont applaudi lorsque leur véhicule est entré dans les rues de Gaza. Certains ont essayé de la frapper et de lui tirer les cheveux à travers les vitres brisées. « Je ne comprenais pas pourquoi ils ne m’avaient pas encore tuée », confie-t-elle.

Noga est passée de maison en maison durant sa captivité, à chaque fois revêtue d’un hijab et forcée de donner la main à son ravisseur pour qu’on les prenne pour un couple et non pour une otage israélienne.

« Ils ont apporté des cartes pour que nous puissions jouer, et je me suis dit : ‘Je vais jouer avec eux et faire ce qu’ils veulent pour qu’ils ne me tuent pas’. Ils étaient d’humeur très changeante. Parfois, ils jouaient avec nous en riant et subitement, l’un d’entre eux revenait avec un fusil. Il fallait tout faire pour leur plaire », souligne Noga.

Elle dit que ses ravisseurs parlaient constamment du fait qu’Israël leur appartenait et qu’elle était une occupante. L’un d’eux lui a dit qu’il était enseignant à l’école primaire et que les Israéliens l’avaient chassé de chez lui sans aucun droit.

Après plusieurs jours de captivité, son ravisseur du Hamas lui a avoué qu’il l’aimait et qu’il allait faire venir sa mère pour qu’elle puisse donner son accord à leur mariage. Une femme d’apparence arabe est arrivée quelque temps plus tard. Elle n’a pas tout de suite compris que c’était sa mère. « Je la croyais morte, je pensais l’avoir perdue à tout jamais. Et subitement, elle était bien là, vivante, à mes côtés. »

Des maisons détruites lors de l’assaut du Hamas le 7 octobre, au kibboutz Beeri, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Même après que sa mère lui a dit qu’elle ne consentait pas au mariage, la peur de rester à Gaza avec son ravisseur du Hamas ne l’a pas quittée.

« Les gens ne peuvent pas comprendre cette peur. J’ai passé 50 jours, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, avec l’idée qu’ils finiraient par se lasser, ou ne plus avoir besoin de moi, et qu’ils me tireraient dessus pendant la nuit. »

Noga se dit incapable de faire le deuil de son père tant qu’il restera des otages – ils sont encore 133 – à Gaza. « Ils sont là-bas depuis tellement longtemps. Je me souviens qu’ils nous donnaient une bouteille d’eau d’un demi-litre pour deux jours. C’est impossible de survivre dans de telles conditions durant 200 jours. »

Elle a perdu confiance dans l’armée israélienne, qui n’a pas su les protéger, elle et ses proches, le 7 octobre dernier, ce qui n’empêche pas Noga de s’engager dans l’armée le mois prochain.

« Le jour de ma libération, quand j’ai vu les soldats en uniforme de Tsahal, j’ai ressenti pour la première fois [depuis le 7 octobre] un profond sentiment sécurité. Cela a changé quelque chose en moi », conclut-elle.

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