« Expulser ou tuer » tagué dans le village palestinien de Duma
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« Expulser ou tuer » tagué dans le village palestinien de Duma

Les pneus de cinq voitures ont également été crevés dans le village de Duma, situé dans la zone de la Vallée du Jourdain

"Expulser ou tuer" tagué sur le mur d'une maison dans le village palestinien de Duma visé par une "attaque de prix à payer" le 16 septembre 2019. (Yesh Din)
"Expulser ou tuer" tagué sur le mur d'une maison dans le village palestinien de Duma visé par une "attaque de prix à payer" le 16 septembre 2019. (Yesh Din)

Lundi, des résidents du village de Duma dans le centre de la Cisjordanie se sont réveillés pour découvrir quatre maisons avec des messages de haine tagués en hébreu et les pneus crevés de cinq voitures dans ce qui semble être le dernier incident raciste en date ciblant un village palestinien.

Parmi les expressions taguées, on pouvait lire « expulser ou tuer » et « Juifs réveillez-vous et expulser l’ennemi », selon des photos fournies par le groupe de défense des droits de l’Homme Yesh Din.

La police n’a pas répondu à une demande de commentaires sur l’incident. Le village a été le théâtre d’une violente attaque terroriste meurtrière menée en 2015 par des terroristes juifs, dans laquelle trois membres de la famille Dawabsha ont été tués par une bombe incendiaire alors qu’ils dormaient.

Duma compte parmi les quelques villes et villages palestiniens dans la vallée du Jourdain et au nord de la zone de la mer Morte que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis d’annexer immédiatement s’il remportait les élections de mardi.

La semaine dernière, le Premier ministre a présenté une carte montrant environ 22 % de la Cisjordanie où il prévoit d’imposer la souveraineté israélienne. Certaines des principales villes palestiniennes de la zone devraient être connectées à des voix rapides spéciales les reliant au reste de la Cisjordanie, mais aussi de la Jordanie.

Pourtant, aucun axe routier n’a été envisagé pour Duma, laissant la ville en situation d’isolement et entourée par des implantations israéliennes et des avant-postes illégaux.

Une carte présentée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu le 10 septembre 2019, montrant des zones de la Vallée du Jourdain qu’il a promis d’annexer immédiatement après les élections du 17 septembre. (Crédit)

L’incident raciste de lundi semblait être le deuxième du genre ce mois, après une attaque similaire à Asira al-Qibliya, où des habitants locaux ont déclaré qu’un groupe de jeunes résidents de l’implantation radicale  d’Yitzhar sont entrés dans la ville du nord de la Cisjordanie et ont vandalisé trois voitures, en crevant leurs pneus et en lançant des pierres sur le pare-brise.

Malgré des dizaines de crimes racistes qui ont ciblé des Palestiniens et leurs biens au cours de l’année dernière, des arrestations de responsables ont été extrêmement rares.

Des groupes de défense des droits de l’Homme se sont plaints que les condamnations étaient encore plus rares, alors que la majorité des dossiers pour de telles affaires étaient classés sans suite.

Les incidents, parfois surnommés des attaques du « Prix à payer », se limitent habituellement à des incendies et des graffiti, mais ils sont parfois allés jusqu’à des attaques physiques, et même des meurtres.

En décembre, le Bureau des Nations unies pour la Coordination des Affaires humanitaires a publié un rapport qui montrait une hausse de 69 % des attaques d’habitants d’implantations à l’égard des Palestiniens en 2018 par rapport à 2017.

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