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Face à la répression, Trump annonce des sanctions contre les partenaires de l’Iran

Le président américain menace de sanctions douanières les partenaires commerciaux de l'Iran, en proie à des manifestations durement réprimées qui auraient fait plus de 600 victimes

Des manifestants une nouvelle fois dans les rues malgré une répression de plus en plus intense, alors que la République islamique reste coupée du reste du monde, à Téhéran, en Iran, le 10 janvier 2026. (Crédit : Capture d’écran/UGC via AP)
Des manifestants une nouvelle fois dans les rues malgré une répression de plus en plus intense, alors que la République islamique reste coupée du reste du monde, à Téhéran, en Iran, le 10 janvier 2026. (Crédit : Capture d’écran/UGC via AP)

Le président américain Donald Trump a annoncé des sanctions douanières contre les partenaires commerciaux de l’Iran, au moment où selon une ONG le bilan de la répression des manifestations contre le pouvoir dépasse les 600 morts.

Les habitants pays, en proie à l’un des plus vastes mouvements de contestation depuis la proclamation de la République islamique en 1979, restaient privés d’internet mardi pour le sixième jour consécutif.

Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher à masquer la répression qui a fait selon eux des centaines, voire des milliers de morts.

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont en revanche été rétablies mardi depuis l’Iran vers l’étranger, selon un journaliste de l’AFP à Téhéran.

Malgré la répression meutrière, des manifestations ont rassemblé ces derniers jours des milliers de personnes à Téhéran et dans d’autres villes, dans un mouvement ouvertement dirigé contre le pouvoir et contre le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamanei, aux commandes du pays depuis 1989.

Après des menaces répétées d’intervention militaire en soutien aux manifestants, Donald Trump a annoncé lundi que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappé de droits de douane de 25% par les Etats-Unis. Cette décision « prend effet immédiatement », a-t-il précisé, une mesure susceptible de frapper notamment la Chine, principal partenaire commercial de Téhéran.

Cette capture d’image de vidéos tournées entre le 9 et le 11 janvier 2026 et circulant sur les réseaux sociaux donne à voir une morgue avec des dizaines de corps et de personnes en deuil suite aux répressions dans la banlieue de la capitale iranienne, à Kahrizak, dans la province de Téhéran. (UGC via AP)

La Chine défendra « résolument » ses intérêts, a répondu Pékin.

La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes pour mettre fin à la répression était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait « la première option ».

« Tueries à grande échelle »

L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré lundi avoir confirmation de la mort de 648 manifestants et d’environ 10.000 arrestations depuis le début du mouvement le 28 décembre.

Cette organisation a également évoqué des rapports non confirmés allant jusqu’à 6.000 morts, soulignant que la coupure de l’internet rendait « extrêmement difficiles » les vérifications.

« Les autorités iraniennes ont intensifié de manière significative leur répression meurtrière depuis le 8 janvier, avec des rapports crédibles faisant état de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays », a également affirmé l’ONG Human Rights Watch.

Les médias officiels iraniens ont déclaré de leur côté que des dizaines de membres des forces de sécurité avaient été tués.

Les autorités ont décrété dimanche trois jours de deuil national et organisé lundi des rassemblements massifs en soutien au pouvoir, tentant de reprendre le contrôle de la rue.

Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des « émeutiers » pilotés par l’étranger d’être à l’origine des violences.

Des manifestants dansant et applaudissant autour d’un feu de joie alors qu’ils descendent dans les rues de Téhéran, en Iran, le 9 janvier 2026. (Crédit : Capture d’écran/UGC via AP)

Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al Jazeera que la décision de couper l’internet avait été prise en raison « d’opérations terroristes » dont « les ordres venaient de l’étranger ».

« Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts », a-t-il ajouté.

« Derniers jours »

Le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé que le pouvoir en Iran vivait ses « derniers jours et semaines ».

Agé de 86 ans, l’ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d’importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.

Mais ces manifestations « représentent sans doute le défi le plus sérieux » pour le pouvoir « depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites », relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po.

Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l’immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le corps des Gardiens de la Révolution, où aucune division n’est apparue pour le moment.

Reza Pahlavi, figure de l’opposition iranienne et fils du shah déchu, tient une conférence de presse à Paris le 23 juin 2025. (Crédit : Joel Saget/ AFP)

Le fils de l’ancien chah d’Iran, chassé du pouvoir en 1979, et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a exhorté les forces de sécurité à « se tenir aux côtés du peuple ».

Dans une interview sur CBS News, il a mis en garde contre un pouvoir qui « tente de duper le monde en faisant croire une nouvelle fois qu’il est prêt à négocier » et souligné que « la ligne rouge qui avait été tracée a été clairement franchie par ce régime ».

Le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d’or du festival de Cannes, a souligné mardi sur France Inter que la répression frappait un peuple « sans défense », qui « a besoin que la communauté internationale l’aide et le soutienne ».

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