Faculté en Pologne: Le libelle antisémite fait partie du « discours scientifique »
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Faculté en Pologne: Le libelle antisémite fait partie du « discours scientifique »

L'universitaire polonais qui a déclaré que les Juifs avaient pratiqué des "meurtres rituels" ne sera pas réprimandé car ces affirmations font l'objet d'un "discours scientifique"

Le professeur Tadeusz Guz de l’Université catholique de Lublin, Pologne. (CC BY 3.0)
Le professeur Tadeusz Guz de l’Université catholique de Lublin, Pologne. (CC BY 3.0)

Un professeur polonais qui a déclaré que les Juifs avaient pratiqué des « meurtres rituels » ne sera pas réprimandé parce que ses affirmations font l’objet d’un « discours scientifique », a déclaré l’université qui l’emploie.

Un comité d’éthique interne a décidé de ne pas prendre de mesures disciplinaires à l’encontre de Tadeusz Guz, prêtre et membre du corps enseignant de l’Université catholique de Lublin, pour la deuxième fois, après avoir examiné à nouveau des plaintes concernant un discours prononcé en 2018 à Varsovie.

« Nous savons, Mesdames et Messieurs, que les faits de meurtre rituel ne peuvent être effacés de l’histoire. Pourquoi ? Parce que nous, l’État polonais, avons dans nos archives, dans les documents qui ont survécu, des preuves étalées sur des siècles où les Juifs vivaient ensemble avec notre nation polonaise », a-t-il déclaré.

Le meurtre rituel était une accusation courante au Moyen Âge à l’égard des Juifs dans toute l’Europe. Ces libelles ont servi de prétexte à de multiples pogroms antisémites meurtriers.

Le Conseil polonais des chrétiens et des juifs, une organisation à but non lucratif qui promeut le dialogue, a demandé à l’université de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de M. Guz, qui ne s’est pas excusé pour ses déclarations. Le comité d’éthique de l’université a décidé de ne pas sanctionner Guz, en invoquant notamment le fait que la conférence était extra-scolaire.

Le conseil a fait appel, ce qui a conduit à la décision de la semaine dernière par le comité, qui a déclaré que Guz « a simplement fait référence aux positions scientifiques sur cette question ».

Avant cette décision, un porte-parole de l’université a déclaré que les remarques de M. Guz ne reflétaient pas la position de l’université, qui, selon lui, s’est engagée à lutter contre l’antisémitisme.

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