Faisant ses adieux, Eizenkot met en garde contre la politisation de l’armée
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Faisant ses adieux, Eizenkot met en garde contre la politisation de l’armée

Devant le lieutenant-général Aviv Kochavi, son successeur, Gadi Eizenkot a déclaré que "les militaires doivent conserver leur place au centre du discours public civil"

Le chef d'Etat-major sortant Gadi Eizenkot, à gauche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le nouveau chef d'Etat-major Aviv Kochavi, à droite, lors de la cérémonie d'investiture de ce dernier au siège du ministère de la Défense de Tel Aviv, le 15 janvier 2019 (Crédit :  JACK GUEZ/AFP)
Le chef d'Etat-major sortant Gadi Eizenkot, à gauche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le nouveau chef d'Etat-major Aviv Kochavi, à droite, lors de la cérémonie d'investiture de ce dernier au siège du ministère de la Défense de Tel Aviv, le 15 janvier 2019 (Crédit : JACK GUEZ/AFP)

Le chef d’état-major sortant de l’armée israélienne, le lieutenant-général Gadi Eizenkot, a appelé l’armée, lors d’un un discours d’adieu après quatre années passées à la barre de Tsahal, à rester un bastion de civisme malgré un climat politique marqué par les rancoeurs.

Ces propos ont été tenus lors d’une cérémonie organisée au ministère de la Défense à l’occasion de l’investiture de l’ancien chef d’état-major adjoint, Aviv Kochavi.

« Je laisse derrière moi une armée compétente, préparée et puissante, qui ne pourra que renforcer sa force, sa sagesse et sa détermination à l’avenir », a dit Eizenkot qui prend sa retraite après 40 années de service.

« Armée du peuple, l’armée israélienne doit par dessus-tout préserver sa place au centre du discours public civil », a-t-il ajouté.

Eizenkot a plaidé dans le passé en faveur d’une armée qui ne se laisserait pas entraîner dans la politique et vice-versa. Cela avait été particulièrement le cas lors du procès d’un soldat qui avait tué un terroriste palestinien, qui se trouvait alors blessé et désarmé, en Cisjordanie. L’affaire avait suscité des critiques à l’encontre des militaires de la part de certains politiciens de droite, et des menaces de mort contre Eizenkot.

Des activistes d’extrême droite protestent devant le tribunal où Elor Azaria est entendu, à Jaffa, le 1er juin 2016 (Crédit : Flash90)

Son discours de mardi survient en pleine campagne électorale, l’armée servant souvent de champ de bataille politique.

Eizenkot a salué le leadership de Kochavi, affirmant que sa « détermination et sa vaste expérience renforceront les capacités de l’armée israélienne, préserveront ses valeurs et le sentiment de fierté ressenti par la population face à ses militaires ».

Kochavi, 54 ans, est devenu le 22e chef d’Etat-major israélien. Sa prestation officielle de serment aura lieu dans la soirée de mardi au siège de l’armée de Tel Aviv, le Kirya.

Dans son allocution, Kochavi a remercié Eizenkot pour toutes ses années de service passées au sein de l’armée israélienne, disant que « sous votre autorité et à maintes reprises, Tsahal a prouvé sa force dans la défense des frontières du pays ».

« Je prends ce rôle avec humilité et je le considère comme un privilège », a-t-il continué. « L’armée israélienne est l’armée du peuple – un peuple qui rend hommage à ses soldats, venus de toute la nation, et qui sont eux aussi plus forts grâce au soutien de la population ».

Le nouveau chef d’Etat-major Aviv Kochavi, à droite, serre la main au Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie de passation de pouvoir au siège du ministère de la Défense à Tel Aviv (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Kochavi a servi dans le passé aux postes de commandant des renseignements militaires, de chef du Commandement du nord et il était l’adjoint d’Eizenkot. Il a aussi dirigé la division de Gaza durant le retrait israélien de l’enclave côtière, en 2005.

Cette investiture survient dans un contexte d’opérations militaires pour empêcher l’ancrage iranien en Syrie et de confrontations violentes dans le sud, sur la frontière avec la bande de Gaza, et dans un cadre de menaces constantes et de tensions avec le groupe terroriste du Hezbollah, au Liban.

Sur le territoire national, l’Etat juif est au cœur d’une période électorale, avec des dossiers liés à la sécurité à la tête de l’ordre du jour. L’armée a essuyé les critiques des députés et d’intermédiaires extérieurs qui ont estimé qu’elle n’était peut-être pas préparée à la guerre.

Lors de la cérémonie, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué le leadership d’Eizenkot et de Kochavi, mais il a consacré une grande partie de son discours à mettre en garde l’Iran, disant que l’ancrage de la république islamique en Syrie entraînerait plus encore de frappes israéliennes.

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