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Fier de son bilan, Bennett parle au NYT de la coalition comme d’un « succès »

le Premier ministre se dit fier que la coalition ait "mis de côté ses désaccords idéologiques", regrette que l'opposition s'en soit prise aux "maillons faibles"

Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors d'une conférence de presse à la Knesset à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/ FLASH90)
Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors d'une conférence de presse à la Knesset à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/ FLASH90)

Le Premier ministre sortant, Naftali Bennett, a défendu son court mandat à la tête d’Israël, parlant de sa coalition hétéroclite comme d’un « succès », dans une courte interview publiée mercredi.

« Dans un monde où la polarisation est quelque part le plus grand défi, l’expérience est concluante », a déclaré Bennett au chroniqueur du New York Times, Bret Stephens, qui a rapporté leur conversation téléphonique dans un article intitulé « Naftali Bennett’s Exit Interview ».

« L’expérience » consistait à mettre en place une coalition diversifiée avec Yair Lapid de Yesh Atid, comprenant huit partis de droite, du centre, de gauche et, pour la première fois, un parti arabe.

Bennett a déclaré au Times que des partis très différents étaient capables du meilleur à condition de « mettre de côté leurs désaccords idéologiques » et de se concentrer sur « les questions d’éducation, d’emploi, d’infrastructures ».

Il a mis en avant le faible taux de chômage d’Israël, sa croissance économique et le succès le plus emblématique du gouvernement qu’a constitué, en novembre, l’approbation par la Knesset du budget pour 2021 et 2022, une première en près de trois années et demi [de blocage budgétaire].

L’adoption du projet de loi aura suffi à repousser le risque d’élections dans les premiers jours du gouvernement, mais ne lui aura finalement pas évité la chute.

Les chefs des huit partis composant le nouveau gouvernement potentiel. De gauche à droite : Mansour Abbas, chef du parti Raam, Merav Michaeli, chef du parti travailliste, Benny Gantz, Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, Naftali Bennett, Gideon Sa’ar, chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman et Nitzan Horowitz, chef du parti Meretz, à la Knesset le 13 juin 2021 (Crédit : Ariel Zandberg).

Bennett a donné l’interview mardi, un jour après l’annonce, faite avec Lapid, de leur intention de dissoudre la Knesset, suite aux nombreuses défections dans les rangs des partis de la coalition qui l’ont précipitée dans la minorité et finalement neutralisée.

La Knesset, qui a adopté, mercredi, le projet de loi sur la dissolution en première lecture sera officiellement dissoute lundi prochain, en vue d’élections à l’automne. Conformément aux termes de l’accord de coalition, Lapid sera nommé Premier ministre par intérim.

Bennett a également salué l’accord de libre-échange signé avec les Émirats arabes unis et la participation d’Israël à une alliance de défense aérienne au Moyen-Orient dirigée par les États-Unis.

Finalement, la coalition s’est effondrée lorsque ses opposants, aux deux extrémités du spectre politique, « ont identifié les maillons faibles et exercé sur eux une pression énorme », a-t-il expliqué au Times.

Au cours de l’interview, Bennett a également évoqué les activités secrètes d’Israël en Iran, indiquant à Stephens que lorsque les Iraniens « nous frappent directement ou indirectement, ils en paient le prix en Iran ». Il a décrit ce qu’il a qualifié de « doctrine de la pieuvre », consistant à frapper Téhéran à la tête plutôt qu’au niveau des tentacules.

Les tensions entre Israël et l’Iran se sont accrues ces dernières semaines, suite à l’assassinat d’un haut responsable iranien à Téhéran, le mois dernier, que le régime impute à Israël, ainsi qu’à la mort de plusieurs autres membres du personnel scientifique ou de sécurité en Iran.

« Ces types sont plus vulnérables qu’ils n’en ont l’air », a affirmé Bennett. « Le régime iranien est pourri, corrompu et incompétent. »

Des personnes en deuil se rassemblent autour d’un camion transportant le cercueil drapé du drapeau du colonel Hassan Sayyad Khodaei, des Gardiens de la révolution iraniens, tué dimanche, lors de la cérémonie funéraire à Téhéran, en Iran, le 24 mai 2022. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Évoquant la mort de la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, abattue au cours d’une fusillade entre soldats israéliens et des hommes armés palestiniens dans le camp de réfugiés de Djénine, en Cisjordanie, en mai dernier, Bennett s’est dit “certain” que les soldats de Tsahal ne l’avaient pas intentionnellement prise pour cible.

Les Palestiniens ont accusé les soldats israéliens de s’en être délibérément pris à Abu Akleh. Israël a rétorqué qu’il était impossible de dire avec certitude qui avait tiré sur la journaliste sans pouvoir analyser la balle, que l’Autorité palestinienne refuse de partager avec Israël.

L’armée a déclaré que s’il s’avérait qu’Abu Akleh avait été tuée par des tirs israéliens, ce ne pouvait être qu’un accident.

Bennett a souligné  que « jamais des soldats israéliens ne prendront intentionnellement pour cible des journalistes ».

Bennett a également évoqué l’invasion de l’Ukraine par la Russie, confiant son désir de voir la guerre prendre « rapidement  » fin, sans exprimer clairement l’espoir d’une victoire ukrainienne. Bennett s’était offert comme médiateur dans ce conflit, dans le but de maintenir des relations de qualité avec la Russie, qui dispose d’une importante force militaire en Syrie, de l’autre côté de la frontière nord d’Israël, où Israël cherche à prévenir l’implantation de l’Iran.

Bennett a indiqué, durant l’interview, qu’un couloir humanitaire avait été ouvert à partir de l’aciérie assiégée d’Azovstal à Marioupol, suite à ses menées diplomatiques.

Au terme de presque dix années à la Knesset, les médias israéliens ont suggéré que Bennett envisageait de faire une pause de la vie politique.

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