Fils de l’ancien chef spirituel du Shas : Lapid « en enfer, avec son père »
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Fils de l’ancien chef spirituel du Shas : Lapid « en enfer, avec son père »

Aryeh Deri, le chef du parti Shas, a déclaré que l'élection de mardi serait un référendum sur la religion et l'Etat

Le rabbin Avraham Yosef, le fils du chef spirituel shas le rabbin Ovadia Osef, participe à une cérémonie en mémoire de son père à Jérusalem, le 22 octobre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le rabbin Avraham Yosef, le fils du chef spirituel shas le rabbin Ovadia Osef, participe à une cérémonie en mémoire de son père à Jérusalem, le 22 octobre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Mercredi, le fils de l’ancien Grand-Rabbin séfarade d’Israël a attaqué Yair Lapid, déclarant que le numéro 2 de Kakhol lavan « devrait aller en enfer, avec son père » lors d’un meeting pour encourager le public à voter pour le parti Shas aux élections de mardi.

Lapid est le fils du député Yosef (Tommy) Lapid, aujourd’hui disparu, qui dirigeait le parti laïc Shinouï [changement en hébreu].

« Il suit le chemin de son défunt père – il devrait aller en enfer avec lui », a déclaré le rabbin Avraham Yosef aux participants d’un événement de campagne du parti religieux dans la ville côtière de Holon.

Avraham Yosef est le fils du rabbin Ovadia Yosef qui a officié comme Grand-Rabbin séfarade de 1973 à 1983. Il a également été le fondateur et le chef spirituel du parti ultra-orthodoxe Shas pendant longtemps. Ovadia Yosef est perçu comme un chef religieux important de la communauté séfarade ultra-orthodoxe en Israël.

En 2013, Ovadia Yosef avait déclaré que son fils était son candidat favori pour devenir le nouveau Grand-Rabbin du pays, mais avait ensuite apporté son soutien au plus jeune frère de celui-ci, Yitzhak, qui a fini par être nommé à la fonction, en partie du fait d’une enquête criminelle qui visait l’aîné et de sa condamnation pour abus de confiance.

Le parti centriste Kakhol lavan a promis de former un « gouvernement d’unité laïc » s’il arrivait en tête au terme du scrutin de la semaine prochaine.

Yosef ‘Tommy’ Lapid en 2003 (Flash90)

À Holon, le chef du Shas, Aryeh Deri, a appelé des centaines de rabbins de la communauté à participer à la campagne et à persuader leurs étudiants et fidèles de voter pour le parti. De récents sondages placent le Shas autour de sept sièges aux élections du 17 septembre.

« Ce n’est pas une élection, c’est un référendum », a déclaré Aryeh Deri. « En Angleterre, ils ont voté pour le Brexit, et les citoyens israéliens auront à choisir entre un État juif traditionnel et un État laïc sans traditions religieuses ».

« Si Dieu permet à des partis anti-religieux de gagner et au Shas et aux partis religieux de perdre, cela sera une tragédie pour des générations à venir, la destruction du judaïsme. Je suis désolé de dire que Netanyahu va probablement former un gouvernement laïc aux côtés de Benny Gantz et de Yair Lapid [de Kakhol lavan] et d’Avigdor Liberman [d’Yisrael Beytenu] », a dénoncé Deri, selon le site d’information Ynet.

« Il cédera à l’extorsion de Liberman et Lapid et établira avec eux un gouvernement juif épuré de toute tradition et religion. Les gardiens de la tradition et du judaïsme seront mis dehors, les mangeurs de porc et les profanateurs du Shabbat pourront entrer », a déclaré Deri.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri dirige une réunion du parti Shas à la Knesset le 27 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas pu former une coalition majoritaire à l’issue des élections d’avril, car Liberman, un défenseur de la laïcité, a refusé de rejoindre son gouvernement, citant une impasse avec les partis ultra-orthodoxes.

Le mois dernier, la communauté ultra-orthodoxe a accusé Yair Lapid d’être antisémite après que le numéro 2 de l’alliance centriste a partagé une vidéo de campagne présentant les responsables politiques ultra-orthodoxes comme vénaux et corrompus, demandant d’importantes sommes d’argent en échange d’une promesse de loyauté envers Netanyahu.

Yaakov Litzman, le chef du parti Yahadout HaTorah, a qualifié la publicité d’antisémite, affirmant qu’il avait franchi une « ligne rouge » et que cela rappelait « les pires moments où les Juifs ont été présentés comme des persécuteurs vénaux ».

Lapid a rapidement répondu, en déclarant qu’il n’était pas prêt à accepter des critiques de quelqu’un qui « protège des pédophiles », une référence aux allégations selon lesquelles Litzman, vice-ministre de la Santé, aurait protégé des délinquants sexuels dans au moins 10 affaires.

Yair Lapid et des militants du parti Kakhol lavan posent devant un bus de campagne à Glilot, le 21 juillet 2019. (Flash90)

« Je ne suis pas impressionné quand ils hurlent ‘la haine, la haine’ chaque fois que quelqu’un les critique. Il y a de l’antisémitisme dans le monde : des Juifs sont abattus dans des synagogues. Ce [que je dis] n’est pas de l’antisémitisme », a déclaré Lapid. « Nous continuerons à combattre pour un Israël État démocratique, juif libre et progressiste ».

Plus tôt ce mois, le chef de Kakhol lavan Benny Gantz a promis de former un gouvernement laïc d’unité s’il devait former une coalition après les élections, semblant exclure de s’associer avec les partis ultra-orthodoxes et religieux nationaux.

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