Fin des allocations COVID pour les chômeurs, tollé autour d’un double vote
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Fin des allocations COVID pour les chômeurs, tollé autour d’un double vote

La nouvelle loi approuvée par la Knesset maintiendra les paiements uniquement pour les personnes de plus de 45 ans ; le processus a été retardé par une affaire de double vote

Des membres de l'opposition s'interpellent pendant une discussion sur une loi concernant les indemnités de chômage lors d'une session plénière dans la salle d'assemblée de la Knesset à Jérusalem, le 1er juillet 2021. (Yonatan Sindel/FLASH90)
Des membres de l'opposition s'interpellent pendant une discussion sur une loi concernant les indemnités de chômage lors d'une session plénière dans la salle d'assemblée de la Knesset à Jérusalem, le 1er juillet 2021. (Yonatan Sindel/FLASH90)

La Knesset a donné jeudi son approbation finale à des changements radicaux dans les allocations de chômage versées aux personnes qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie de coronavirus.

La législation – qui a été adoptée après l’expiration des règlements spéciaux qui avaient permis de poursuivre les paiements aux travailleurs licenciés – a été votée à 35 voix contre 0, après que les députés de l’opposition ont quitté la Knesset pour protester contre le fait qu’un député de la coalition ait voté deux fois, une erreur selon ce dernier.

La session a été brièvement interrompue après que le député Yamina Abir Kara a voté deux fois contre une objection proposée par l’opposition à la loi, suscitant une réponse furieuse de la part de l’opposition.

Kara a immédiatement reconnu qu’il avait également voté à partir de l’ordinateur de sa collègue, Idit Silman de Yamina, mais a déclaré que c’était une erreur. Silman a déclaré qu’elle n’avait pas demandé à Kara de voter en son nom. L’amendement de l’opposition avait été rejeté par une large marge, 44-20.

L’opposition a cependant accusé Kara d’avoir enfreint la loi et a demandé que le débat soit interrompu jusqu’à ce que des responsables juridiques puissent être consultés. Amir Ohana, du Likud, a également demandé que les votes de Kara des deux dernières semaines soient examinés rétroactivement. Les députés de l’opposition se sont alors engagés à boycotter le vote jusqu’à ce que la question soit examinée.

Le conseiller juridique de la Knesset a ordonné un nouveau vote sur l’amendement, qui a de nouveau été rejeté. Après cela, la législation elle-même a été approuvée en deuxième et troisième lectures, ce qui lui a donné force de loi.

Un restaurant fermé dans la rue Dizengoff à Tel Aviv, pendant le confinement national, le 6 janvier 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Selon le nouveau plan, approuvé à l’unanimité la veille par les membres de la commission des Finances de la Knesset, seules les personnes âgées de plus de 45 ans continueront à recevoir des paiements, qui seront désormais moins élevés et se poursuivront jusqu’à la mi-octobre. Les personnes âgées de plus de 67 ans qui ont été contraintes de quitter leur emploi en raison de la crise de la COVID-19 continueront également à recevoir un paiement réduit, jusqu’à la fin du mois de septembre.

En outre, les futures mères seront protégées contre les licenciements jusqu’à la fin de l’année. Les femmes qui ont accouché au cours des derniers mois et qui ont encore droit aux allocations de chômage seront payées à un taux correspondant à leur dernier salaire, ce qui représente une augmentation par rapport à l’allocation régulière qu’elles ont reçue jusqu’à présent.

Le directeur général de l’Institut national d’assurance, Meir Spiegler, a déclaré à la Douzième chaîne que le plan proposé « était équilibré, progressif et apportait une solution à de nombreuses populations qui se sont retrouvées en situation de crise et n’ont pas encore retrouvé la capacité d’entrer sur le marché du travail ».

« Ce cadre n’est pas un cadre parfait », a-t-il ajouté, mais il « apporte la réponse maximale aux populations qui sont réellement en difficulté et qui n’ont actuellement aucune solution ».

Le directeur de l’Institut national d’assurances national Meir Spiegler lors d’une conférence au centre de conférences international de Jérusalem, le 3 septembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Spiegler a noté qu’une date limite avait été fixée en août de l’année dernière, lorsque le gouvernement a décidé de prolonger la période pendant laquelle il verserait les allocations spéciales qui ont été introduites en raison de la crise du coronavirus.

« Les gens savaient que le 30 juin, les aides expireraient », a déclaré M. Spiegler.

Il a reconnu que les industries qui n’ont pas encore repris une activité totale ou partielle devraient faire l’objet d’une plus grande attention.

L’année dernière, quelque 39 milliards de shekels (10 milliards d’euros) ont été versés à plus d’un million d’Israéliens qui ont soit perdu leur emploi, soit été mis en congé sans solde, selon la Douzième chaîne.

Israël a largement levé les restrictions sur la vie publique qui avaient été introduites pour freiner la propagation du virus mais qui avaient également entraîné la fermeture de nombreuses entreprises. Bien que les employeurs aient rouvert leurs portes, de nombreux travailleurs, notamment dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, auraient choisi de ne pas revenir, préférant continuer à bénéficier des allocations de chômage fournies par l’État.

La semaine dernière, le nouveau ministre des Finances Avigdor Liberman a prévenu qu’il coupait les vivres à de nombreuses personnes qui avaient reçu des allocations l’année dernière.

« Les allocations de chômage pour les personnes mises en congé vont redevenir conformes aux normes en vigueur avant le coronavirus », a-t-il écrit dans un tweet.

Selon M. Liberman, qui est devenu ministre des Finances le mois dernier, cette mesure permettrait de pourvoir quelque 130 000 postes disponibles, l’économie ayant repris vie grâce à la quasi-éradication du coronavirus, bien qu’il y ait eu récemment une résurgence à petite échelle des cas. La mesure doit être approuvée par la Knesset.

Le Bureau central des statistiques a annoncé le mois dernier qu’il y avait 133 000 emplois vacants en mai, le chiffre le plus élevé depuis que les statistiques ont commencé à être tenues en 2009.

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