Francis Kalifat répond à Emmanuel Macron après ses propos sur Pétain et Maurras
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Francis Kalifat répond à Emmanuel Macron après ses propos sur Pétain et Maurras

Le président du CRIF a fait part de son incompréhension suite à l'entretien du président dans lequel il a évoqué le maréchal Pétain et le théoricien antisémite Charles Maurras

Emnanuel Macron et Francis Kalifat lors de la soirée débat organisée par le Crif  au Grand Hotel Intercontinental de Paris, en mars 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)
Emnanuel Macron et Francis Kalifat lors de la soirée débat organisée par le Crif au Grand Hotel Intercontinental de Paris, en mars 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

Dans un entretien accordé au magazine L’Express le 17 décembre, publié le 22, le président Emmanuel Macron a évoqué le maréchal Philippe Pétain, collaborateur du régime nazi, le qualifiant de « héros de 17 » et de « grand militaire ». En 2018, il l’avait déjà défini comme un « grand soldat » en raison de son action militaire lors de la Première Guerre mondiale.

Dans ce même entretien, il a évoqué Charles Maurras, théoricien français du nationalisme et de l’antisémitisme du début du siècle dernier. S’il a dit ne pas « l’apprécier » ni partager ses idées, le président a déclaré trouver « absurde » de faire comme s’il ne devait pas exister.

En réponse à cet entretien, Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a accusé jeudi au micro de Radio J le président Emmanuel Macron de « remettre en lumière des antisémites notoires ».

« Je n’arrive pas à comprendre à quelle intention politique cela répond. Comme ça, au hasard d’une interview d’un grand magazine ? », s’est-il interrogé, l’accusant de vouloir « en même temps » combattre l’antisémitisme tout en « remettant en lumière » ces personnages.

« Je ne vois pas quelle était l’urgence de remettre cette question sur le tapis, et j’avoue que je suis dans une incompréhension totale », a-t-il poursuivi, rappelant que la France n’était pas dans une période électorale, et que l’explication d’une tentative de séduction de l’extrême droite ne tenait pas.

« On ne peut pas remettre en lumière des hommes qui ont trahi la France ou qui ont été la honte de la France en défendant les thèses les plus infâmes », a-t-il expliqué. « Je ne vois pas quel est l’intérêt de vouloir les remettre dans l’actualité. »

« Nous connaissons l’engagement sincère du président dans la lutte contre l’antisémitisme, et pourtant, il s’engage sur une voie périlleuse car elle va blesser », a-t-il ajouté.

« C’est presque une insulte aux victimes de la Seconde Guerre mondiale, et pas uniquement des Juifs », a-t-il conclu, espérant pouvoir prochainement évoquer la question avec le chef de l’État.

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