Friedman : Aucun futur président ne pourra revenir sur la décision de Jérusalem
Rechercher

Friedman : Aucun futur président ne pourra revenir sur la décision de Jérusalem

L'envoyé américain en Israël a insisté : Israël peut faire à sa guise dans les implantations

David Friedman, nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, embrasse le mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 mai 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
David Friedman, nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, embrasse le mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 mai 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

L’ambassadeur américain David Friedman a minimisé les chances qu’un futur président puisse renverser la décision prise par Washington de transférer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître la ville comme capitale d’Israël.

Dans un entretien publié vendredi dans Israel Hayom, Friedman a également estimé que les Etats-Unis ne considèrent pas les constructions d’implantations israéliennes comme un obstacle à la paix avec les Palestiniens, et qu’ils ne demanderont pas à Israël de renoncer à certains plans de construction spécifiques ou autres initiatives en Cisjordanie.

Friedman a indiqué qu’il ne pouvait pas non plus envisager un président républicain ou démocrate à la Maison Blanche renverser la décision prise par Donald Trump, le 6 décembre, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade, malgré les mises en garde des démocrates à ce moment-là.

« Pour qu’une administration renverse cela, il faudrait qu’elle tire la conclusion que Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël et que c’est Tel Aviv. Je pense que ce serait quelque chose de bien plus controversé que ce qu’a fait le président », a-t-il dit.

Le public écoute l’allocution pré-enregistrée de Donald Trump durant l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Cela serait complètement contradictoire à la réalité et je ne pense pas qu’il y ait un politicien américain de quelque parti que ce soit – ou d’aucun parti – qui adopterait un positionnement contraire à la réalité », a-t-il ajouté.

Alors que le transfert de l’ambassade à Jérusalem a bénéficié d’un soutien bipartisan au Congrès depuis 1995, les présidents issus des deux partis avaient toujours rechigné à déménager l’ambassade, craignant d’enflammer les tensions dans la région et de préjuger des négociations portant sur l’une des questions les plus sensibles du conflit.

Les Palestiniens considèrent Jérusalem comme capitale de leur futur État tandis qu’Israël déclare que Jérusalem est sa capitale indivisible.

Un manifestant brandit un panneau disant « Al-Quds (Jérusalem en arabe) appartient aux musulmans » au cours d’une manifestation à Istanbul contre l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018 (Crédit : AFP Photo/Ozan Kose)

Trump a indiqué qu’il estimait qu’en reconnaissant Jérusalem, il avait permis de faire disparaître un important point de friction et de faire avancer les négociations par conséquent. Les Palestiniens ont répondu en tournant le dos aux efforts américains de reprise des pourparlers de paix.

Un plan de paix américain hautement attendu et élaboré par l’administration doit encore être publié mais il a été d’ores et déjà rejeté par les dirigeants de l’Autorité palestinienne.

Tandis que Trump a fait savoir, le mois dernier, qu’Israël paierait un « prix plus élevé » lors des négociations en raison de la reconnaissance américaine de Jérusalem, Friedman a expliqué que le président faisait seulement référence à des gestes de bonne volonté que l’Etat juif pourrait décider de faire.

« Nous espérons obtenir une considération réciproque, mais il n’y a pas de demande spécifique. Pas de demande quelle qu’elle soit, franchement. Il n’y a absolument aucun compromis », a-t-il commenté.

L’ambassadeur américain David Friedman durant une réception en l’honneur du Nouvel An juif, le septembre .; (Crédit : capture d’écran/US Embassy)

Les propos de Friedman ont été publiés quelques jours après que le Paraguay a annoncé qu’il retransférait son ambassade depuis Jérusalem à Tel Aviv, quatre mois après avoir suivi l’initiative des Etats-Unis.

Israël, qui avait fêté ses liens étroits avec le Paraguay au mois de mai, a réagi en fermant sa propre ambassade à Asuncion, et le vice-président américain Mike Pence a appelé le président du Paraguay Mario Abdo Benitez, lui recommandant vivement de conserver la mission à Jérusalem.

Une photo montre l’entrée vide et un panneau sur la porte de l’ambassade du Paraguay fermée à Jérusalem, le 6 septembre 2018 (Crédit : AFP / THOMAS COEX)

Dans le cas du Paraguay, le président d’alors, Horacio Cartes, avait fait le transfert de son ambassade lors de ses derniers mois au pouvoir sans consulter Abdo Benitez, qui avait déjà été élu. Le Guatemala est le seul autre pays à avoir transféré son ambassade à Jérusalem.

Abdo Benitez a indiqué jeudi que le Paraguay « s’en tiendra au droit international et à la résolution des Nations unies qui considère encore Jérusalem comme un territoire en conflit » entre Israël et les Palestiniens.

« Nous ne disons pas quoi faire à Jérusalem »

Friedman a également indiqué au journal gratuit, considéré comme proche de Netanyahu et qui appartient à l’un des soutiens de Trump, Sheldon Adelson, que Washington n’a pas dit à Israël d’éviter des constructions dans les implantations mais que l’administration peut demander de temps à autres de réfléchir à certains infléchissements.

« Nous ne disons pas quoi faire et quoi ne pas faire à Israël ». C’est un pays souverain et il doit prendre ces décisions », a-t-il dit.

Illustration : Un nouveau quartier dans l’implantation juive d’Efrat en Cisjordanie, le 26 janvier 2017. (Gershon Elinson/Flash90)

« Mais nous entretenons une relation ouverte et de bonne foi, nous parlons de ces plans et nous le faisons depuis la perspective évoquée par le président au début de son mandat – les implantations ne sont pas des obstacles à la paix mais que si une expansion continue sans frein, mathématiquement parlant, il y aurait des limites bien plus importantes sur les territoires qui pourront être donnés aux Palestiniens », a-t-il ajouté.

Contrairement aux administrations précédentes, qui avaient régulièrement condamné les constructions d’implantation et vivement recommandé à Israël de réduire les constructions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, l’administration Trump a conservé un silence presque total sur la question.

Illustration: Des Palestiniennes du camp de réfugiés de Jalazoune à un carrefour de Cisjordanie près de la ville de Ramallah et de l’implantation de Beit-elle – visible derrière elles, le 25 janvier 2017 (Crédit : AFP/Abbas Momani)

Friedman lui-même avait donné de l’argent à l’implantation de Beit El, à proximité de Ramallah, avant de devenir ambassadeur.

Il a expliqué que les responsables américains, quand on leur avait présenté les plans de construction en Cisjordanie, ne jugeaient que ce qui allait au-delà de ce qu’il a qualifié de stratégie de développement globale « raisonnable ».

« Nous ne leur disons jamais : ‘Vous devez enlever cela’. Si on a un problème avec quelque chose, nous disons : ‘Vous avez vraiment besoin d’aller jusque là ? Est-ce que vous ne pouvez pas construire plus proche des lignes de propriété existantes ?’, » a-t-il dit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...