Frontières maritimes : Les USA pousseraient à des négociations Israël-Liban
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Frontières maritimes : Les USA pousseraient à des négociations Israël-Liban

Selon un reportage, un point majeur de désaccord entre les deux parties porterait sur les intermédiaires intervenant dans les pourparlers

La plate-forme de traitement du gaz naturel Leviathan de la réserve naturelle de Dor Habonim Beach, le 1er janvier 2020. (Flash90)
La plate-forme de traitement du gaz naturel Leviathan de la réserve naturelle de Dor Habonim Beach, le 1er janvier 2020. (Flash90)

Washington redoublerait d’efforts pour lancer des négociations directes entre Israël et le Liban au sujet de leurs frontières maritimes respectives et disputées et espérerait obtenir une avancée avant les élections qui auront lieu aux Etats-Unis au mois de novembre, a indiqué le média Axios vendredi. Il y aurait néanmoins un désaccord portant sur les intermédiaires qui seraient susceptibles d’intervenir lors de ces discussions sensibles.

Des responsables israéliens ont déclaré au site d’information que l’administration avait décidé de prendre cette initiative suite à l’explosion survenue dans le port de Beyrouth, à l’heure où le Liban est enkysté dans une grave crise économique et civile.

En 2018, le Liban avait signé son premier contrat d’exploration pétrolière et gazière dans ses eaux territoriales, et notamment dans un secteur qui est revendiqué par Israël, son voisin du sud, pays avec lequel il a connu plusieurs guerres.

Axios a expliqué que le secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires du Proche-Orient, David Schenker, s’était entretenu avec les responsables de Jérusalem et de Beyrouth, ces dernières semaines, pour tenter d’obtenir un résultat.

Les officiels israéliens cités par Axios ont déclaré que l’un des désaccords portait sur les médiateurs susceptibles d’intervenir lors de ces pourparlers, le Liban cherchant à impliquer les Etats-Unis et les Nations unies tandis qu’Israël désire que l’ONU ne tienne aucun rôle actif au cours des futurs entretiens.

Schenker a expliqué aux journalistes libanais, au début du mois, que des « progrès graduels » étaient réalisés, et il a ultérieurement dit au cours d’une visioconférence qui était organisée par le Brookings Institute que le « point de friction… est absurde ».

Il n’est pas possible d’affirmer qu’il faisait référence, à ce moment-là, à la question de la médiation, comme Axios a pu le mentionner.

Schenker a également dit en évoquant les incitations données au Liban que « nous parlons ici d’argent gratuit pour un pays actuellement en proie à une crise financière ».

David Schenker, secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires du Proche-Orient à Beyrouth, au Liban, le 9 septembre 2019. (Crédit : Hussein Malla/AP)

Mais un officiel israélien qui s’est entretenu avec le site d’information a confié : « Il y a des progrès. Nous constatons une volonté d’aller de l’avant du côté libanais pour régler ce point. Nous sommes prêts à lancer immédiatement les pourparlers et nous espérons qu’ils aboutiront avant la fin de l’année. »

Le gouvernement israélien avait annoncé, au mois de mai 2017, avoir accepté de prendre part à des négociations, sous les auspices des Etats-Unis, sur la question des frontières maritimes avec le Liban. Mais des pressions du Hezbollah avaient semblé amener Beyrouth à reculer.

Début août, le président du parlement libanais, Nabih Berri, avait dit au journal Annahar que des discussions avec Washington portant sur la délimitation des frontières maritimes avec Israël touchaient « leur conclusion ».

Le Liban et Israël sont officiellement en guerre.

Le sujet des frontières maritimes est sensible, particulièrement en raison d’un conflit portant sur les droits de forage sur les côtes.

Au mois de février 2018, le Liban avait signé son premier contrat d’exploration pétrolière et gazière offshore dans deux blocs de la mer Méditerranée avec un consortium comprenant les géants de l’énergie Total, ENI et Novatek.

Au mois d’avril, le Liban avait indiqué que les forage initiaux réalisés dans le Bloc 4 avaient révélé des traces de gaz, mais pas de réserves commercialement viables.

L’exploration du Bloc 9 n’a pas encore commencé et il est bien plus controversé – Israël revendiquant en être partiellement propriétaire.

L’AFP a contribué à cet article.

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