Fureur à gauche après la déclaration de Bitan sur le meurtre “apolitique” de Rabin
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Fureur à gauche après la déclaration de Bitan sur le meurtre “apolitique” de Rabin

“C’était un assassinat politiquement motivé” rétorque le travailliste Hilik Bar après la déclaration du président de la coalition

Hilik Bar, député de l'Union sioniste et vice-président du parlement, à la Knesset. (Crédit : Flash90)
Hilik Bar, député de l'Union sioniste et vice-président du parlement, à la Knesset. (Crédit : Flash90)

Les députés israéliens du centre et de gauche ont répondu samedi soir avec colère à la déclaration de David Bitan, député du Likud et président de la coalition, qui avait affirmé le même jour que l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin il y a 21 ans par un extrémiste juif n’avait pas de motif politique.

« Ce n’était pas un meurtre politique, et cela n’a rien à voir avec les politiques. C’était un meurtre commis par un individu seul, qui voulait interrompre le processus [de paix] », a déclaré Bitan pendant un rassemblement à Holon.

Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste, et Hilik Bar, vice-président de la Knesset, ont riposté contre Bitan, affirmant qu’un environnement politique hostile avait entraîné l’assassinat de Rabin, et que cet environnement est toujours très vivace dans le gouvernement de droite de Netanyahu.

« Même si Yigal Amir [l’assassin de Rabin] n’avait pas de page Facebook que nous aurions pu examiner à l’époque, vous n’avez pas besoin d’être vice-président de la Knesset pour comprendre que c’était un assassinat motivé politiquement, de toutes les manières possibles », a déclaré Bar.

File photo of Yigal Amir appearing in court in 2004 (photo credit: Yoram Rubin/Flash90)
Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, comparait devant le tribunal, en 2004. (Crédit : Yoram Rubin/Flash90)

« Le meurtre a été précédé par une campagne de propagande, de haine et de persécution organisée par l’extrême-droite, complétée par des appels au ‘traitre’ et par le marquage de cibles », a-t-il ajouté.

« Cette même haine, cette même persécution, cette même incitation [à la haine] et ce même marquage de cibles existent toujours aujourd’hui, contre les journalistes, les juges et les responsables qui expriment une opinion différente de celle du gouvernement, a déclaré Bar. C’est pour cela qu’il faut venir sur la place [Rabin à Tel Aviv] ce soir, et se battre pour la démocratie. »

Livni a déclaré que la meilleure réponse aux déclarations de Bitan et à son déni de la persécution politique actuelle est que « quiconque pense différemment » du gouvernement du Likud assiste au rassemblement de samedi soir.

« C’est alors seulement qu’un changement pourra se produire », a-t-elle déclaré.

L'ancien Premier ministre Ehud Barak lors d'une conférence de l'organisation Darkeinu à Rishon Lezion, le 17 août 2016 (Crédit : Neri Zilber)
L’ancien Premier ministre Ehud Barak lors d’une conférence de l’organisation Darkeinu à Rishon Lezion, le 17 août 2016 (Crédit : Neri Zilber)

Ehud Barak, ancien Premier ministre travailliste, a également fustigé Bitan pour sa déclaration, et a indiqué que Netanyahu était responsable de la minimisation du rôle que les accords de paix de 1995 ont joué dans l’assassinat de Rabin.

« Qui veut stopper le processus de paix ? Ce n’est pas Bitan, c’est Bibi, le messager et l’expéditeur », a-t-il déclaré sur Twitter, en appelant Netanyahu par son surnom.

Les déclarations de Bitan ont eu lieu peu avant la cérémonie annuelle d’hommage à Rabin à Tel Aviv.

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