Gabbay admet avoir songé à l’offre de rejoindre Netanyahu, avant de la rejeter
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Gabbay admet avoir songé à l’offre de rejoindre Netanyahu, avant de la rejeter

Le chef du parti travailliste a dit que le parti avait reçu mardi une offre du Likud qui comprenait des ministères et des "mesures pour protéger la démocratie"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le chef du Parti travailliste Avi Gabbay s'exprime devant ses partisans et les médias à l'annonce des résultats des élections au siège du parti à Tel Aviv, le 9 avril 2019. (Crédit : FLASH90)
Le chef du Parti travailliste Avi Gabbay s'exprime devant ses partisans et les médias à l'annonce des résultats des élections au siège du parti à Tel Aviv, le 9 avril 2019. (Crédit : FLASH90)

Quelques heures avant la date butoir pour que le Premier ministre Benjamin Netanyahu forme un nouveau gouvernement – et en pleins efforts pour dissoudre la Knesset et aller vers de nouvelles élections s’il n’y parvenait pas – le chef du parti Travailliste Avi Gabbay a reconnu mercredi soir que son parti de centre-gauche avait envisagé, avant de rejeter, une offre du Likud un jour plus tôt pour rejoindre la coalition à la place d’Yisrael Beytenu d’Avidgor Liberman.

« Au cours du dernier mois, le parti Travailliste a reçu de nombreuses propositions pour joindre le gouvernement, a tweeté Gabbay après une petite tempête médiatique qui a duré 30 minutes au sujet d’informations selon lesquelles Netanyahu lui aurait offert un poste important dans le nouveau gouvernement dans une tentative désespérée d’éviter des nouvelles élections.

« La dernière offre d’hier comprenait une promesse d’un certain nombre de mesures pour protéger la démocratie, y compris d’abandonner la loi pour contourner [la Cour suprême], de l’immunité [pour le Premier ministre], et des lois personnellement motivées entre autres éléments », a déclaré Gabbay.

« Les membres du parti ont discuté l’offre et nous avons décidé de ne pas l’accepter », a-t-il dit.

Selon la Douzième chaîne, l’offre comprenait quatre ministères, dont celui des Finances, et aucun soutien pour une loi d’immunité des poursuites pour Netanyahu. Le reportage a dit que le Premier ministre s’était engagé à ne pas tenter de limiter le pouvoir de supervision de la Cour suprême sur une loi proposée. Walla news a annoncé que l’offre pour Gabbay était le ministère de la Défense, pas des Finances.

Gabbay et le numéro 2 du parti Tal Russo ont réfléchi à la proposition, alors que les élus Shelly Yachimovich et Itzik Shmuli y étaient fortement opposés, a annoncé le reportage de la Douzième chaîne.

En réponse aux informations initiales, l’ancienne chef du parti Travailliste Shelly Yachimovich a déclaré dans un tweet, « Je préviens quiconque au sein de mon parti qui envisagerait de profiter de la ruine du parti en rejoignant le gouvernement corrompu de Netanyahu, ils paieront le prix fort ».

Réunion avec Avi Gabbay, chef du Parti travailliste, et des parlementaires travaillistes (de gauche à droite) : Stav Shaffir, Itzik Shmuli, Amir Peretz et Shelly Yachimovich, à Tel Aviv le 13 février 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le député Itzik Shmuli, qui est arrivé en première position aux primaires du parti, a déclaré : « Je n’ai aucune intention de servir un gouvernement sous Benjamin Netanyahu… en fournissant un mur de protection à la corruption. J’appelle mes collègues à rejeter immédiatement cette offre ».

Le député Amir Peretz, vétéran et ancien chef du parti, a tweeté : « Nous ne serons pas le gilet de sauvetage de Netanyahu. Toute autre option violerait tout ce que nous avons promis au public. Nous ferons ce que nous avons promis ».

Mardi, Peretz et l’ancien directeur général du parti Travailliste Elan Hermoni ont envoyé une lettre à Gabbay pour l’appeler à organiser un vote d’ici 30 jours pour choisir un nouveau chef au parti alors qu’Israël se dirige vers une nouvelle élection dans quelques mois.

Gabbay a mené le parti à son pire résultat électoral avec six sièges aux élections d’avril et il a dit à des proches qu’il ne se présentera pas à nouveau à la plus haute fonction du parti. Gabbay a servi en tant que ministre pour Koulanou en 2015-2016 avant de quitter le parti pour rejoindre les Travaillistes et a été élu à la Knesset pour la première fois aux élections d’avril. Immédiatement après le vote, il a clairement dit qu’il n’avait pas l’intention de quitter le parti mais de servir en tant que député.

Mercredi, l’élu du Likud Miki Zohar a déclaré à la Treizième chaîne que son parti essayait d’attirer deux des six élus du parti Travailliste, sachant très bien que la majorité du parti refuserait de rejoindre la coalition, afin d’obtenir une majorité à la Knesset.

« La stratégie ici est très simple », a-t-il dit.

Le Likud pensait que Gabbay « est fini au parti Travailliste » à la lumière des résultats aux dernières élections. Dans le même temps, Russo, que Gabbay a placé en deuxième position en utilisant son privilège de président, était aussi vu comme quelqu’un que l’on pouvait faire changer d’avis.

« Il était clair que les quatre autres diraient non, et nous aurions pu convaincre Tal Russo et Avi Gabbay, alors nous aurions 62 [sièges] ».

Quelques heures avant le vote, le Likud et Yisrael Beytenu continuaient à se renvoyer la faute de la crise.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, gauche, et le président Reuven Rivlin participent à la cérémonie du Prix Israël à Jérusalem, pour le 71ème Yom HaAtsmaout, le 9 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Théoriquement, la loi pourrait être retirée à n’importe quel moment avant le vote final si un compromis à la crise de coalition était trouvé. Le Premier ministre a jusqu’à minuit pour annoncer une nouvelle coalition.

Répondant aux informations que Gabbay s’était vu offrir le ministère des Finances, l’actuel ministre des Finances Moshe Kahlon, chef du parti Kulanu, a prévenu qu’il ne « sera pas dans la coalition sans le portefeuille des Finances ».

Le parti du Likud a rapidement répondu le ministère des Finances irait à Kahlon.

En réponse à l’offre pour le parti Travailliste, Yair Lapid de Kakhol lavan a tweeté : « Même dans la politique israélienne, il y a une limite à la répugnance que le public peut accepter. Je ne peux pas croire que vous ferez une telle chose ».

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