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Gafni présente un projet de loi visant à abaisser le seuil électoral à 2%

La proposition de loi du parti Degel HaTorah abaisse le nombre minimum de sièges pour entrer à la Knesset, ce qui lui permettrait de se désolidariser de Yahadout HaTorah

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le leader de Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, à la Knesset, le 2 septembre 2021. (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)
Le leader de Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, à la Knesset, le 2 septembre 2021. (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)

Le chef du parti Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, a présenté une proposition de loi visant à abaisser le seuil électoral pour entrer à la Knesset, de 3,25 % à 2 %, décision qui permettrait au parti ashkénaze haredi de se scinder en deux.

Un seuil électoral abaissé permettrait également à d’autres petits partis de se frayer un chemin à la Knesset. Actuellement, le seuil de 3,25 % impose aux partis de remporter au moins quatre sièges pour entrer à la Knesset. Les partis sous le seuil voient leurs votes redistribués proportionnellement entre les autres partis.

La proposition de loi, qui aurait pour effet de fixer le seuil à deux sièges, a été déposée à la fin de la semaine dernière. Elle pourrait être le signe d’une lutte de pouvoir au sein de Yahadout HaTorah, parti composite – alliance de deux partis haredim ashkénazes, Degel HaTorah et Agudat Yisrael – doté de sept sièges. Degel HaTorah – la faction de Gafni – représente les haredim non hassidiques. Au cours des dernières années, Degel HaTorah a gagné en influence par rapport à Agudat Yisrael, qui représente les communautés hassidiques.

Cette proposition de loi de Gafni est cosignée par les trois autres membres de Degel HaTorah présents à la Knesset sous les couleurs de Yahadout HaTorah.

Agudat Yisrael détenait historiquement la majorité au sein de la liste du parti à la Knesset, jusqu’à ce que la remarquable performance de Degel HaTorah aux élections municipales de 2018 redistribue les cartes. Aujourd’hui, les deux partis sont divisés sur la représentation à la Knesset. La direction de Yahadout HaTorah est passée à Gafni, l’an dernier, après les 18 années à la barre du député Yaakov Litzman, d’Agudat Yisrael, qui a fait valoir ses droits à la retraite.

Un seuil électoral réduit permettrait aux partis de se présenter sur des listes distinctes.

Le député Yahadout HaTorah Yaakov Litzman prend la parole lors d’une réunion des partis de Yahadout HaTorah , le 13 décembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Il pense qu’il aura plus de voix » si Degel HaTorah se présente seul et non dans le cadre de l’alliance Yahadout HaTorah, a déclaré Avi Grinzweig, analyste politique et conseiller haredim, à propos de Gafni.

L’éventualité d’élections à la Knesset se fait chaque jour plus forte et Yahadout HaTorah n’est pas l’unique parti menacé ou desservi par l’actuel seuil électoral. Plusieurs partis de la coalition – parmi lesquels Meretz, Raam, Yisrael Beytenu, Tikva Hadasha et Yamina – disposent ainsi de 4 à 5 sièges.

Plusieurs partis de la coalition sont également gênés par le seuil de quatre sièges, et des médias israéliens ont indiqué que le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, soutenait la proposition de Gafni d’abaisser le seuil.

Le porte-parole de Lapid s’est contenté d’indiquer que « la question n’était pas actuellement à l’ordre du jour ».

Le seuil électoral est une question souvent débattue en politique israélienne. Un seuil réduit permet une représentation plus fidèle de l’électorat, mais peut occasionner des situations complexes lorsque de petits partis forts de quelques membres seulement monnaient chèrement leur participation à une coalition. Un seuil plus élevé réduit ce risque et consolide le pouvoir, au prix du déni d’un certain pourcentage des suffrages exprimés.

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