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Gantz à l’ONU: L’Iran a largement augmenté le nombre de ses centrifugeuses avancées

Le ministre de la Défense, qui réclame des sanctions, a cité des renseignements israéliens montrant que les capacités d'enrichissement de l'uranium à l'usine de Fordo ont triplé

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz  lors d'une réunion avec les diplomates des Nations unies, le 12 septembre 2022. (Crédit : Nir Arieli)
Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une réunion avec les diplomates des Nations unies, le 12 septembre 2022. (Crédit : Nir Arieli)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a révélé, lundi, aux diplomates des Nations unies que l’Iran avait largement augmenté le nombre de ses centrifugeuses avancées capables d’enrichir de l’uranium au niveau nécessaire pour la fabrication d’une arme. Il a ajouté que le monde devait préparer des sanctions à l’encontre de Téhéran.

S’exprimant devant des diplomates lors d’un briefing organisé à l’ONU par l’ambassadeur israélien Gilad Erdan, Gantz a précisé que l’année passée, la république islamique « a augmenté sa production de centrifugeuses avancées permettant un enrichissement de haut niveau, une augmentation de nombreuses centaines. »

Citant des renseignements israéliens, Gantz a déclaré que le nombre de centrifugeuses avancées sur le site nucléaire souterrain de Natanz avait plus que doublé l’année dernière, tandis que les capacités d’enrichissement de l’uranium avait été multipliées par trois sur le site de Fordo.

Les centrifugeuses de type IR-6 – c’est le modèle le plus avancé du pays – peuvent enrichir de l’uranium à un degré de pureté d’au moins 60 %, un degré qui n’est guère éloigné, au niveau technique, des 90 % nécessaires pour fabriquer une arme atomique.

Selon les termes figurant dans l’accord sur le nucléaire que Téhéran avait signé en 2015 avec les puissances mondiales, l’Iran n’a le droit d’enrichir de l’uranium qu’à un degré de pureté de 3,67 %. Cet accord avait permis de lever les sanctions écrasantes imposées à la république islamique en échange de la réduction du programme nucléaire mis en place par cette dernière, avec pour objectif de l’empêcher de pouvoir produire, à terme, une bombe atomique. Néanmoins, l’administration Trump avait unilatéralement retiré les États-Unis de cet accord, le JCPOA – Plan d’action global commun – et elle avait réimposé ses propres sanctions. L’Iran avait alors choisi de se dégager de ses propres engagements et le pays a depuis fortement développé ses activités d’enrichissement de l’uranium.

« Si l’Iran le décide, le pays peut aussi passer à un enrichissement de 90 % », a mis en garde Gantz.

Un graphique présenté par le ministre de la Défense Benny Gantz aux diplomates des Nations unies, le 13 septembre 2022. (Crédit : Ministère de la Défense)

« La communauté internationale toute entière doit s’unir. Nous devons passer à l’action, mettre en place des plans opérationnels, politiques et économiques, et ne pas permettre la conclusion d’un accord qui ne fera pas reculer l’Iran de façon significative. Cette mission doit aussi se refléter dans les activités du Conseil de sécurité », a-t-il indiqué, selon un compte-rendu fourni par son bureau.

Des membres du Conseil de sécurité et des membres des Accords d’Abraham – un groupe de nations arabes qui ont normalisé les liens avec Israël en 2020 – ont participé à cette rencontre.

L’État juif exerce des pressions sur les nations occidentales pour qu’elles mettent un terme aux négociations sur la remise en vigueur de l’accord, avertissant des éventuelles conséquences.

Sur cette capture d’écran de l’IRIB (Islamic Republic Iran Broadcasting), la télévision d’Etat, trois versions de centrifuges fabriquées dans le pays dans un programme diffusé en direct depuis Natanz, une structure d’enrichissement d’uranium en Iran, le 6 juin 2018 (Crédit : IRIB via AP)

De son côté, le président américain Joe Biden favorise la perspective d’une remise en œuvre du JCPOA. Ce dernier prévoit que l’Iran pourrait profiter d’un allègement de sanctions et que le pays pourrait à nouveau vendre son pétrole partout dans le monde en échange de dures restrictions sur son programme nucléaire.

Le Premier ministre Yair Lapid a indiqué qu’Israël n’était pas défavorable à un accord, mais que celui qui est actuellement négocié permettra encore à l’Iran d’avancer vers la fabrication d’une arme atomique à l’avenir. L’État juif répète aussi que la république islamique utilisera les revenus issus de l’allègement des sanctions pour renforcer ses groupes alliés en capacité d’attaquer des Israéliens, et en particulier les groupes terroristes du Hezbollah, au Liban, mais aussi le Hamas et le Jihad islamique palestinien, deux importantes organisations terroristes palestiniennes.

Même si les négociations avaient initialement commencé dans un climat teinté d’optimisme, ce dernier s’est graduellement dissipé – les puissances mondiales accusant l’Iran d’avoir soumis des demandes déraisonnables à la dernière minute.

L’usine souterraine de Fordo, aux abords de Qom, en Iran, le 23 octobre 2021. (Crédit : Planet Labs Inc. via AP)

Ainsi, dimanche, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont émis un communiqué faisant part de leurs « doutes sérieux » sur la sincérité du désir de l’Iran de conclure un accord sur le nucléaire.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré lundi qu’au vu de la dernière réponse de Téhéran à la proposition d’accord qui avait été soumise par l’Union européenne, les perspectives d’une remise en vigueur du JCPOA étaient sombres dans un avenir proche.

« L’Iran semble ne pas vouloir ou ne pas être en capacité de faire ce qui est nécessaire pour arriver à un accord et les Iraniens continuent à tenter d’introduire des problématiques hors de propos dans les négociations, des problématiques qui rendent un accord moins probable », a commenté Blinken au cours d’une conférence de presse qui avait lieu à Mexico.

Un porte-parole du département d’État a néanmoins démenti les propos d’un haut-responsable israélien qui avait affirmé que les États-Unis abandonnaient les pourparlers après la soumission à l’administration américaine, par Jérusalem, d’éléments indiquant que Téhéran n’avait pas été honnête pendant les négociations.

Lazar Berman et Jacob Magid ont contribué à la rédaction de cet article.

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