Gantz affirme que l’armée reste prête à toute attaque de sites nucléaires d’Iran
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Gantz affirme que l’armée reste prête à toute attaque de sites nucléaires d’Iran

Le ministre de la Défense Gantz a déclaré sur Fox News qu'il serait “bon” que le monde empêche Téhéran d'obtenir des armes atomiques, sinon Israël serait contraint de s'en charger

Benny Gantz : “Une société fragmentée dont les membres se sentent aliénés et marginalisés est une société prête à cibler ceux qu'elle tient responsables de ses problèmes.” (Gili Yaari / Flash90)
Benny Gantz : “Une société fragmentée dont les membres se sentent aliénés et marginalisés est une société prête à cibler ceux qu'elle tient responsables de ses problèmes.” (Gili Yaari / Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré jeudi que l’armée israélienne mettait continuellement à jour ses plans pour une éventuelle frappe militaire contre des sites nucléaires iraniens.

Gantz, dans une interview accordée à Fox News, a déclaré que les plans militaires ne seraient finalisés qu’à la minute où une frappe serait menée.

« D’ici là, nous continuerons à les concevoir [les plans], à les améliorer… au plus haut niveau professionnel possible », a-t-il expliqué.

« Si le monde les arrête [l’Iran] avant, tant mieux. Mais sinon, nous devons être autonomes et nous devons nous défendre par nous-mêmes », a ajouté le ministre de la Défense.

Israël a mené à deux reprises des frappes militaires contre les programmes nucléaires de ses ennemis – l’Irak en 1981 et la Syrie en 2007 – dans le cadre de ce que l’on appelle désormais la doctrine Begin, qui soutient que Jérusalem ne permettra pas à un pays ennemi d’obtenir l’arme atomique.

Un technicien de l’usine de conversion d’uranium à l’extérieur de la ville d’Ispahan, en Iran, le 3 février 2007. (AP Photo / Vahid Salemi)

Gantz avait déjà averti qu’Israël mènerait une frappe militaire contre l’Iran si nécessaire.

Ses commentaires surviennent alors que les États-Unis cherchent à revenir sur l’accord nucléaire iranien. La République islamique a ouvertement violé l’accord conclu en 2015, intensifiant son enrichissement d’uranium bien au-delà des niveaux autorisés. Il a récemment interdit aux inspecteurs internationaux d’accéder à ses sites nucléaires.

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré jeudi que l’accord nucléaire de 2015 « ne pouvait pas être renégocié – point final ».

« Cessons de gesticuler », a-t-il tweeté, « comme nous l’avons fait tous les deux en vain en 2003-2012 – et passons à la mise en œuvre [de l’accord] que nous avons tous les deux signé [avec Washington]. »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, prend la parole lors d’une conférence à Téhéran, en Iran, le mardi 23 février 2021. (AP Photo / Vahid Salemi)

L’Iran exige la levée immédiate des sanctions américaines comme condition préalable à son respect de l’accord, tandis que Washington a déclaré que l’Iran devait d’abord cesser ses violations de l’accord.

L’Iran a rejeté dimanche l’offre de l’Union européenne de tenir des pourparlers informels directs avec l’UE et les États-Unis sur son programme nucléaire. L’administration du président américain Joe Biden avait donné son accord de principe.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il ferait tout ce qui est nécessaire afin d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, que Washington revienne ou non dans l’accord nucléaire avec la République islamique.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, et jusqu’à présent, nous y sommes parvenus », a déclaré Netanyahu jeudi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu interviewé sur Fox and Friends, le 4 mars 2021. (Capture d’écran : Twitter)

Dans une interview accordée jeudi à Fox News, Netanyahu a déclaré qu’il pensait que Biden « comprenait… que mon engagement à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire est absolu ».

« Une chose que je crois qu’il comprend et respecte, c’est qu’en tant que Premier ministre du seul et unique État juif, nous n’allons pas laisser un groupe d’ayatollahs nous effacer de la surface de la Terre ou nous rayer de la carte de l’histoire », a déclaré Netanyahu.

La semaine dernière, Netanyahu a tenu la première grande réunion intra-ministérielle pour discuter de la politique d’Israël vis-à-vis de l’Iran depuis que Biden a pris ses fonctions. Parmi les hauts fonctionnaires qui ont participé à la réunion figurent le ministre de la Défense Gantz, le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, le chef d’état-major de Tsahal Aviv Kohavi, le chef du Mossad Yossi Cohen et l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Gilad Erdan.

Yaakov Amidror et Yaakov Nagel, anciens présidents du Conseil national de sécurité que Netanyahu a recruté comme conseillers externes sur la question, y ont également participé, a rapporté le site d’information Walla. Ils ont tous deux une position considérée comme belliciste sur l’Iran, plus conforme à celle de Netanyahu.

Amidror était conseiller à la sécurité nationale lorsque l’accord était en cours d’élaboration, et avait croisé le fer avec son homologue américaine d’alors, Susan Rice. Nagel, un expert nucléaire, était également conseiller pendant cette période et l’est resté plus longtemps. Il a mené les discussions avec l’administration Trump afin d’instituer sa campagne de sanctions de « pression maximale ».

Le conseiller à la sécurité nationale sortant Yaakov Amidror avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie d’adieu en l’honneur d’Amidror, le 3 novembre 2013. (Kobi Gideon / GPO / Flash90)

Ron Dermer, l’assistant de longue date de Netanyahu et prédécesseur de l’ambassadeur Gilad Erdan, qui doit rentrer en Israël dans les semaines à venir, devrait également servir de conseiller externe sur la question.

Lors de la réunion de lundi dernier, Kohavi et Cohen ont souligné l’importance de travailler à la consolidation de la bonne entente avec la nouvelle administration américaine, en évitant de s’opposer publiquement à Washington au sujet de l’accord avec l’Iran, a rapporté Walla.

« Nous n’avons pas abandonné notre position contre le retour à l’accord sur le nucléaire, mais nous voulons travailler avec l’administration et avoir une discussion constructive avec elle, pas une confrontation », a déclaré un haut responsable.

De plus, Netanyahu prévoit de déléguer les discussions sur l’Iran à des cadres supérieurs pour éviter toute tension personnelle entre lui et Biden, selon Reuters.

« L’intention est de tout régler à ce niveau et de garder ce canal de communication ouvert », a déclaré un haut responsable à Reuters. « De toute évidence, cela présente des avantages là où il y a un risque de ‘tension’ au niveau des chefs de l’exécutif. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec l’ancien conseiller intérimaire à la sécurité nationale israélienne Yaakov Nagel, à droite, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 18 septembre 2016. (Crédit : Marc Israel Sellem / Flash90)

Jérusalem entend maintenir les différends avec la nouvelle administration à intensité minimale pour le moment, a rapporté la Radio militaire.

La semaine dernière également, la radio Kan a rapporté que de hauts responsables israéliens et saoudiens s’étaient récemment parlé au téléphone à plusieurs reprises pour discuter des projets de l’administration Biden de rejoindre à nouveau l’accord sur le nucléaire iranien.

Lors de ces conversations, les Saoudiens ont exprimé leur inquiétude face à la nouvelle administration américaine et ont déploré l’attention portée aux violations des droits de l’homme dans le royaume, selon le reportage. Israël et l’Arabie saoudite n’ont pas de relations diplomatiques mais maintiennent des contacts informels clandestins. Netanyahu s’est rendu en Arabie saoudite en novembre pour ce qui fut la première réunion entre dirigeants des deux pays dont on a connaissance.

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