Gantz et Netanyahu assurent aux militants qu’ils tiendront leurs promesses
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Gantz et Netanyahu assurent aux militants qu’ils tiendront leurs promesses

Sortant de chez le président, le Premier ministre a dit qu'il ne formera une coalition qu'avec ses alliés politiques ; le chef de Kakhol lavan : "Le public a choisi le changement"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) salue Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan, lors d'une cérémonie commémorative en l'honneur du regretté président israélien Shimon Peres, au Mont Herzl à Jérusalem, le 19 septembre 2019. (GIL COHEN-MAGEN/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) salue Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan, lors d'une cérémonie commémorative en l'honneur du regretté président israélien Shimon Peres, au Mont Herzl à Jérusalem, le 19 septembre 2019. (GIL COHEN-MAGEN/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a assuré lundi soir à ses partenaires politiques religieux de droite qu’il s’en tiendrait à son pacte pour négocier en bloc avec eux, après avoir accepté de lancer des pourparlers d’unité avec le principal rival Benny Gantz du parti Kakhol lavan.

Dans le même temps, Gantz a dit aux membres de son parti qu’il n’abandonnerait pas sa promesse aux électeurs de ne pas laisser Netanyahu rester Premier ministre, indiquant que le blocage politique qui a laissé Israël sans gouvernement depuis des mois pourrait persister.

La semaine dernière, Netanyahu a demandé aux partis Yamina, Shas et Yahadout HaTorah de signer un accord avec son propre parti, le Likud, pour négocier en tant que groupe, après des élections qui ont vu les partis de droite et religieux ne pas obtenir un soutien suffisant pour former une coalition par leurs propres moyens. Gantz et ses partenaires du centre gauche n’ont pas non plus obtenu les 61 sièges nécessaires.

Le Premier ministre a rencontré lundi pour la première fois Gantz, à la résidence du président Reuven Rivlin, et a accepté d’entamer des pourparlers visant à former une coalition unifiée. Rivlin les a invités à revenir mercredi.

Suite aux pourparlers avec Gantz, qui ont été initiés par Rivlin, le Likud a déclaré que Netanyahu s’est entretenu par téléphone avec les chefs des partis alliés pour les informer de leur réunion. Selon un communiqué du Likud, Netanyahu a dit avoir souligné à Gantz qu’il représentait « l’ensemble du camp nationaliste » et qu’il menait les négociations au nom de tous.

« Je suis fidèle à ce que je vous ai promis », a dit Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu reçoit les dirigeants des formations ultra-orthodoxes à son bureau à Jérusalem, le 18 septembre 2019. (Autorisation : Likud)

Gantz a insisté pour qu’il dirige un gouvernement d’unité et a exclu de siéger avec Netanyahu en raison de son inculpation en instance pour corruption. Dans les dernières semaines de la campagne électorale, Gantz a également promis de former un gouvernement « laïc » et a rejeté le partenariat avec Shas et Yahadout HaTorah.

Après avoir quitté la Résidence présidentielle, Gantz a informé les dirigeants de Kakhol lavan de ses entretiens avec Netanyahu, a déclaré le parti centriste, qui a affirmé avoir dit que l’unité n’était possible que lorsqu’il démissionnerait de ses fonctions de Premier ministre.

« Lors de la réunion, on a beaucoup parlé de l’unité », a déclaré M. Gantz dans un communiqué, soulignant que Kakhol lavan s’en tiendrait à ses promesses de campagne.

« Le public a choisi le changement et nous n’avons pas l’intention de renoncer à diriger [la coalition], à nos valeurs ou à nos partenaires naturels en cours de route », a déclaré M. Gantz dans le communiqué du parti.

Les leaders de Kakhol lavan de gauche à droite : Gabi Ashkenazi, Benny Gantz, Yair Lapid et Moshe Yaalon saluent leurs partisans au siège de la formation après les premiers résultats des élections à Tel Aviv, en Israël, le 18 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

Des sources de Kakhol lavan ont été citées par le site d’information Ynet, disant que la présence de Netanyahu à la réunion n’était qu’une façade et qu’il se préparait à un troisième tour des élections en moins d’un an.

Netanyahu « est fourbe », ont dit les sources. « Il fait tout son possible pour une troisième élection parce qu’il croit toujours qu’il obtiendra 61 [sièges]. »

« Il sait que nous ne siègerons pas avec [Yaakov] Litzman et [Bezalel] Smotrich », ont ajouté les sources, faisant référence au leader de Yahadout HaTorah accusé d’avoir aidé des pédophiles présumés et à un député radical et homophobe de Yamina.

Netanyahu et Gantz se sont rencontrés pendant plus de deux heures à la Résidence du Président, d’abord avec Rivlin, puis seuls, les pourparlers étant apparemment centrés sur qui dirigerait un éventuel gouvernement commun. M. Rivlin est retourné s’entretenir de nouveau avec eux avant la fin de la réunion.

On s’attendait à ce que Rivlin propose un accord de rotation qui verrait les deux chefs de parti partager le poste de Premier ministre, bien que l’accord sur l’ordre d’une telle entente soit resté difficile à conclure.

Le président Reuven Rivlin, (au centre), le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), et le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d’une cérémonie de commémoration de feu le président Shimon Peres au mont Herzl de Jérusalem, le 19 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que Gantz et Netanyahu se rencontraient en tête à tête, le bureau de Rivlin a déclaré qu’il avait dit à Netanyahu et Gantz que les Israéliens ne voulaient pas de nouvelles élections et que c’était maintenant à eux de surmonter l’impasse.

« La responsabilité de former un gouvernement vous incombe, et le peuple attend de vous que vous trouviez une solution et que vous empêchiez de nouvelles élections, même si cela a un coût personnel et même idéologique. Ce n’est pas le moment d’exclure le peuple », a-t-il dit.

Rivlin a dit à Gantz et à Netanyahu qu’aucun des deux n’ayant obtenu la majorité des recommandations pour former le prochain gouvernement, il disposait d’une plus grande marge de manœuvre pour déterminer qui il allait charger de le faire.

Un communiqué commun publié par le Likud et Kakhol lavan à l’issue de la réunion annonçait que les représentants des partis se réuniraient mardi.

Auparavant, M. Gantz avait rencontré Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, qui, selon les résultats quasi définitifs des élections, détient l’équilibre du pouvoir à la Knesset, le Likud et les Kakhol lavan n’ayant pas de solution claire pour obtenir une majorité sans son parti.

Après la réunion, M. Liberman a déclaré qu’un gouvernement d’unité était une affaire conclue, et que seul l’ordre de la rotation n’avait pas encore été établi.

Liberman a fait campagne pour forcer un gouvernement d’unité entre Yisrael Beytenu, Kakhol lavan et le Likud s’ils avaient besoin de lui pour former un gouvernement et a réitéré cette demande depuis les élections.

L’ancien ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman s’adresse aux membres de son parti Yisrael Beytenu, lors d’une réunion dans le village coopératif israélien de Yad Hashmona près de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Gil Cohen-Magen/AFP)

Lors des consultations que Rivlin a tenues avec les partis politiques dimanche et lundi, Yisrael Beytenu s’est abstenu de soutenir Netanyahu ou Gantz pour former la prochaine coalition, Liberman affirmant que les deux n’avaient pas soutenu son projet de gouvernement d’unité et cherchaient ailleurs à obtenir une majorité.

Les élections de mardi dernier ont été déclenchées après un tour de scrutin précédent, en avril, qui n’avait pas abouti à la formation d’un gouvernement. La Knesset a été dissoute fin mai et un nouveau vote a été organisé après que Liberman a conditionné son entrée au gouvernement de Netanyahu à la promotion d’une loi régissant le projet militaire pour étudiants ultra orthodoxes – une demande rejetée par les partis politiques haredi.

 

Netanyahu et Gantz ont eux-mêmes discuté ensemble lundi soir et convenu avec le président que leurs négociateurs respectifs, Yariv Levin pour le Likoud et Yoram Turbowitz pour la liste « bleu-blanc », devaient se rencontrer dès ce mardi.

Liberman est pour beaucoup considéré comme étant à l’origine du nouveau scrutin de mardi, ayant entravé les efforts livrés par Netanyahu pour établir un gouvernement suite au précédent vote qui avait été organisé au mois d’avril en raison de ses querelles avec les factions ultra-orthodoxes.

D’autres considèrent que ce sont les ultra-orthodoxes qui n’ont pas cédé à la loi sur le service militaire des étudiants de yeshiva. D’autres encore estiment que c’est Netanyahu qui n’a pas su laisser la main à un autre pour former une coalition.

M. Levin, un membre du Likud âgé de 50 ans, est actuellement ministre de l’Intégration et de l’Alyah, le « retour » en Israël des Juifs, tandis que Yoram Turbowitz est l’ancien chef de cabinet d’Ehud Olmert, Premier ministre également sous la bannière du Likud (2006-2009).

Benjamin Netanyahu et Benny Gantz devront ensuite revoir mercredi soir le président, qui pourrait dès lors décider de confier à l’un d’eux le mandat de tenter de former le gouvernement ou plus simplement avaliser un accord de partage du pouvoir.

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