Gantz et Netanyahu s’opposent sur l’arrestation de manifestants anti-corruption
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Gantz et Netanyahu s’opposent sur l’arrestation de manifestants anti-corruption

Le droit à manifester est sacré pour le ministre de la Défense ; Netanyahu rétorque que "les accusations disant que nous voulons limiter ce droit" sont "absurdes"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense se sont querellés à l’ouverture de la réunion du cabinet de dimanche suite à l’arrestation controversée d’un ancien général et de deux autres personnes qui participaient à un mouvement de protestation aux abords de la résidence du Premier ministre.

Netanyahu a prononcé son discours d’ouverture comme il le fait habituellement devant les médias qui étaient rassemblés avant la rencontre, puis les journalistes ont été invités à quitter la pièce. Toutefois, Gantz a fait valoir que ses propres paroles n’étaient pas rendues publiques et les journalistes sont revenus dans la salle accueillant les ministres.

« La liberté de manifester est, à mon avis, un droit sacré. Tous ceux qui sont assis à cette table croient en la liberté de manifester. Nous devons bien sûr, d’un côté, autoriser les citoyens à continuer à manifester et, de l’autre côté, apporter notre soutien à la police israélienne et à l’Etat de droit », disait Gantz lorsque les journalistes sont revenus.

Netanyahu a alors riposté que toute accusation lancée à son encontre concernant des tentatives de limiter les mouvements de protestation était « absurde ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, avec le ministre Benny Gantz en arrière-plan, lors de la rencontre hebdomadaire de cabinet à Jérusalem, le 28 juin 2020 (Crédit : Ronen Zvulun/Pool Photo via AP)

« La liberté de manifester n’est pas en jeu. Aux moments les plus difficiles, au plus fort du confinement, nous l’avons autorisée. Ces accusations à notre encontre disant que nous voudrions la limiter sont absurdes. Je n’interviens pas dans les décisions de la police », a continué Netanyahu. « La condamnation des émeutiers doit être égalitaire pour tout le spectre politique ».

Trois homme ont été arrêtés, vendredi, au cours d’une manifestation contre la corruption gouvernementale aux abords de la résidence du Premier ministre, dans la capitale.

Ils sont sortis de détention, sans autre condition, dimanche matin.

La police avait réclamé l’émission d’ordonnances de restriction contre le général (rés.) Amir Haskel et deux autres manifestants, Gil Danieli et Saadi Ben Sheetrit, demandant à ce qu’ils soient interdits de séjour à Jérusalem pendant au moins quinze jours.

Le général (rés.) Amir Haskel et deux autres manifestants lors d’une audience organisée à la cour des magistrats de Jérusalem, le 27 juin 2020, après un rassemblement organisé aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 27 juin 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais lors d’une audience qui s’est prolongée jusqu’après minuit, samedi soir, la juge de la cour des magistrats de Jérusalem, Orna Sandler-Eitan, a déclaré que leur interdire de se trouver à Jérusalem reviendrait à museler leur liberté d’expression. Elle a donc ordonné leur libération sans condition.

Pendant l’audience, un représentant de la police a indiqué qu’une ordonnance temporaire de restriction interdisant aux manifestants appréhendés de se trouver à Jérusalem était le minimum requis après le refus opposé par les trois hommes d’une libération conditionnelle, selon les informations parues dans les médias en hébreu.

Le commissaire par intérim de la police israélienne, Motti Cohen, a évoqué dimanche ces arrestations controversées en disant que la police saurait « tirer les leçons » de cet incident.

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