Gantz: Pas de relations avec les régimes génocidaires et les dirigeants racistes
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Gantz: Pas de relations avec les régimes génocidaires et les dirigeants racistes

S'exprimant à l'ADL, le chef de Kakhol lavan dit à propos de la formation d'un gouvernement : "L'unité n'est pas que tous pensent la même chose et travaillent pour un seul homme"

Le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, s'exprime lors de la conférence de l'ADL sur la cohésion sociale en Israël, à Airport City près de Tel Aviv, le 5 novembre 2019. (Avshalom Shoshoni/Flash90)
Le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, s'exprime lors de la conférence de l'ADL sur la cohésion sociale en Israël, à Airport City près de Tel Aviv, le 5 novembre 2019. (Avshalom Shoshoni/Flash90)

Israël ne doit pas soutenir des régimes racistes ou vendre des armes à des nations impliquées dans des actions génocidaires, a déclaré mardi Benny Gantz, le dirigeant de Kakhol lavan.

S’exprimant lors du troisième sommet annuel de la Anti-Defamation League sur la cohésion sociale en Israël, qui se tient dans la zone industrielle Airport City près de l’aéroport Ben Gurion, M. Gantz, qui tente actuellement de former un gouvernement de coalition, a déclaré qu’Israël « doit faire en sorte que nous ne légitimions pas les régimes racistes ».

Il n’était pas clair à qui Gantz faisait spécifiquement référence, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été accusé de s’être rapproché de dirigeants au bilan douteux en matière de droits humains, tels que le président brésilien Jair Bolsonaro, le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le président des Philippines Rodrigo Duterte.

M. Gantz a également déclaré que les armes israéliennes ne doivent pas être vendues « aux nations qui commettent des génocides ». Nous sommes un peuple moral, une nation morale, et nous devons agir de cette manière à la fois à l’intérieur les uns envers les autres et dans nos relations extérieures. »

Le président philippin Rodrigo Duterte avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 3 septembre 2018. (Crédit : Marc Israel Sellem/Flash90/Pool)

Israël est accusé de vendre des armes et des équipements militaires à des auteurs de violations des droits de l’homme dans le monde entier depuis des décennies, notamment en Afrique du Sud, au Rwanda pendant le génocide de 1994 et, ces dernières années, au Sud Soudan et au Myanmar. Le ministère de la Défense ne reconnaît pas les ventes d’armes comme une question de politique.

Le dirigeant de Kakhol lavan a également déploré l’impasse politique actuelle qui a suivi les élections de septembre, le deuxième vote national de l’année et l’assombrissement des perspectives de formation d’un gouvernement d’unité, considérant l’insistance de Netanyahu à ne négocier que dans le cadre d’un bloc de partis de droite comme un obstacle majeur pour former un gouvernement commun.

« L’unité n’est pas un bloc dans lequel tout le monde pense comme un seul homme et travaille pour un seul homme », a-t-il dit des 55 députés qui ont déclaré ne soutenir que Netanyahu comme Premier ministre.

« L’unité existe quand toutes les parties mettent de côté leurs intérêts personnels et agissent ensemble pour l’avenir de la nation, pour notre avenir à tous. »

Il a continué : « Lors des dernières élections, la plupart des Israéliens ont choisi l’unité, tandis que d’autres sont occupés par leurs intérêts personnels et juridiques. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir, tant en surface qu’en coulisses, pour faire de ce choix une réalité et pour éviter qu’une autre élection ne serve à la désunion. »

Gantz a affirmé que « 80 % d’entre nous, Israéliens, sommes d’accord sur 80 % des questions, et les autres peuvent être discutées », mais il a averti que « Israël ne doit pas être entraîné vers une autre élection » dans laquelle des milliards de shekels seraient « jetés à la poubelle ».

Kakhol lavan, avec le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, a cherché à former un gouvernement d’unité laïque qui ne dépend pas des partis ultra-orthodoxes. Le monopole ultra-orthodoxe sur les institutions religieuses a de plus en plus bouleversé les Israéliens laïcs ces dernières années, tout en provoquant une rupture croissante avec la diaspora juive.

Avidgor Liberman, le président d’Yisrael Beytenu, s’exprime lors d’un meeting du parti à Neve Ilan, à l’ouest de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

M. Gantz a fait remarquer que les Juifs du monde entier « ont eu le sentiment ces dernières années qu’Israël s’éloigne d’eux, en particulier de la jeune génération », et il a déclaré que ces tendances devaient être inversées.

Il a également averti que l’instabilité politique persistante et les rivalités internes qui la sous-tendent affaiblissaient Israël face aux problèmes de sécurité.

Le mois dernier, le président Reuven Rivlin a chargé Gantz de tenter de former une coalition après l’échec de Netanyahu à la suite des élections de septembre, mais les chances de Gantz de réussir là où Netanyahu a échoué sont considérées comme tout aussi minces.

Ces derniers jours, les spéculations se sont concentrées sur la faction HaYamin HaHadash de trois personnes qui pourraient rompre avec le bloc de 55 de Netanyahu. Naftali Bennett, chef de HaYamin HaHadash, a averti dimanche que le bloc de droite subirait un « effondrement historique » si une troisième élection était déclenchée.

Les dirigeants de Kakhol lavan ont affirmé que le bloc du Premier ministre les empêche de former un gouvernement. Netanyahu a exigé de négocier au nom des 55 députés. Pour Kakhol lavan, cette position est une ruse transparente pour s’assurer que Gantz ne puisse pas former un gouvernement, condamnant Israël à de nouvelles élections.

Les négociations entre le Likud et le parti de Gantz se sont également heurtées à l’insistance de Kakhol lavan sur le fait qu’il ne peut pas soutenir une première investiture de Netanyahu tant que celui-ci est soupçonné dans trois affaires pénales et pourrait bientôt y être poursuivi en justice.

Naftali Bennett, chef de HaYamin HaHadash, durant une conférence de presse à Expo Tel Aviv, le 5 septembre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Pendant ce temps, Liberman, mardi, a démenti les rapports des médias, selon lesquels il pourrait envisager d’abandonner ses vœux de ne pas rejoindre un gouvernement étroit de droite afin d’éviter une troisième élection.

Lundi, la Douzième chaîne a rapporté que M. Liberman se préparait à entamer plusieurs jours de consultations avec les hauts dirigeants du parti avant de prendre ce que la chaîne a décrit comme une « décision finale » concernant le blocage politique en cours.

« Ce matin, j’ai entendu et lu un tas d’absurdités de la part de journalistes de divers médias concernant les actions que Yisrael Beytenu aurait planifiées : compromis sur des questions de religion et d’Etat, adhésion à un bloc ou à un autre, etc, a tweeté Liberman. « Ces informations sont sans fondement et produites par les seuls auteurs et experts. »

Un sondage publié dimanche a montré qu’une majorité d’Israéliens soutiendrait le parti pour lequel ils ont voté lors des dernières élections, qui se joindraient à une coalition dirigée par Kakhol lavan.

Selon le sondage de l’Institut israélien de la démocratie, 62 % des Israéliens sont favorables au parti pour lequel ils ont voté pour faire partie d’une coalition dirigée par M. Gantz. Parmi eux, près de la moitié des électeurs de droite soutiennent une telle démarche.

Le sondage a révélé que 48 % des électeurs du Likud sont favorables, ainsi que 49 % de l’ancien parti Yamina, qui s’est divisé en plusieurs factions après les élections.

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