Gantz se dit « en paix » avec sa décision, seul choix face à la crise sanitaire
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Gantz se dit « en paix » avec sa décision, seul choix face à la crise sanitaire

"Il n'y a pas d'autre alternative", a écrit Gantz, qui explique sa décision – fustigée par ses anciens alliés de Kakhol lavan – en raison de la crise sanitaire

Benny Gantz à Ramat Gan, le 9 mars 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Benny Gantz à Ramat Gan, le 9 mars 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Benny Gantz, dirigeant du parti Hosen LeYisrael – jusqu’alors membre de la coalition centriste Kakhol lavan –, a défendu vendredi sa tonitruante décision de rejoindre un gouvernement d’unité avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, affirmant qu’il était « en paix » avec son choix, même s’il rompait l’alliance Kakhol lavan, qu’il dirigeait.

« Je suis plus en paix aujourd’hui que jamais », a-t-il écrit dans un message partagé sur Facebook.

« Je suis en paix parce que j’ai fait ce dont ma nation a besoin », a-t-il écrit, ajoutant qu’il comprenait la douleur et la colère de certains de ses partisans, qui considèrent cette décision comme une trahison.

« C’est une époque inhabituelle. Israël est en état d’urgence. Des centaines de milliers de familles se retranchent chez elles. Il y a un réel sentiment d’urgence face à une menace sanitaire qui emporte des vies et menace de dévaster l’économie », a écrit Gantz.

« C’est le moment pour les dirigeants de choisir ce qui est juste, et de mettre de côté les problèmes et litiges personnels persistants », a-t-il expliqué, se justifiant de cette décision contrevenant à sa promesse électorale de ne jamais servir sous Netanyahu, qui fait face à trois affaires de corruption.

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Gantz a déclaré que, avec l’ancien chef d’état-major Gabi Ashkenazi, il avait conclu que la seule alternative serait autrement une quatrième élection – une option non envisageable durant la crise sanitaire.

Gantz a réitéré ses éloges à l’égard de ses anciens partenaires de Kakhol lavan, Yair Lapid et Moshe Yaalon, les qualifiant de « patriotes » et d’hommes de « principes », mais il leur a reproché de refuser de reconnaître qu’il n’y avait pas d’autre moyen d’aller de l’avant.

Le président de Kakhol lavan Benny Gantz avec Yair Lapid, Moshe Ya’alon et Gabi Ashkenazi, à la soirée post-élections à Tel Aviv, le 18 septembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Jeudi soir, les désormais anciens partenaires de Gantz au sein de l’alliance Kakhol lavan ont fustigé sa décision. Lapid, dirigeant du parti Yesh Atid, a estimé lors d’une conférence de presse avec Yaalon, dirigeant de Telem, que Gantz avait « rampé » vers une coalition « d’extrémistes et d’extorqueurs ». Il a déclaré que l’ancien responsable militaire avait trahi les électeurs de Kakhol lavan, volé leurs votes pour les remettre à Netanyahu. Selon Lapid, Gantz n’entre pas, malgré ses affirmations, dans un gouvernement d’unité, mais s’était simplement « rendu » à Netanyahu.

Yaalon s’est joint à sa parole, affirmant que Gantz rejoignait un gouvernement qui « représente tout ce à quoi nous nous opposons » dans une décision « pour le moins décevante ».

Gantz a accusé vendredi Lapid et Yaalon de malhonnêteté avec les électeurs.

« S’il y a des gens qui veulent encore faire pression pour que des familles qui ont perdu leurs moyens de subsistance et qui s’inquiètent de leur santé soient renvoyées aux urnes – qu’ils aient le courage de le dire clairement et ouvertement », a écrit Gantz. « Vous le savez très bien : il n’y a pas d’autre alternative, il n’y a pas d’autre alternative, et s’il y en avait une, nous l’aurions empruntée. »

Alors même que Kakhol lavan se retrouve divisé en trois partis, des tensions ont éclos au sein même de ces factions, suggérant que de nouvelles divisions pourraient survenir.

Le député Yoaz Hendel de Telem a semblé soutenir Gantz, tweetant : « Le leadership se mesure dans les moments de crise : le bien du pays avant les intérêts politiques. C’est le choix de Benny Gantz. »

Cependant, Gadeer Kamal-Mreeh, la première femme druze élue à la Knesset, a promis de ne pas rejoindre Gantz.

« Le leadership et l’honnêteté se mesurent en temps de crise. Un leader ne trahit pas ses principes et ses électeurs », a-t-elle écrit. « Je suis entrée en politique pour remplacer le gouvernement raciste qui a émis la loi sur l’État-nation, et non pour y être associée. »

La candidate de Kakhol lavan Gadeer Mreeh (au centre) et le chef du parti Benny Gantz lors d’une réunion avec des membres de la communauté druze israélienne dans la ville de Daliyat al-Karmel, dans le nord d’Israël, le 7 mars 2019. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

« Je ne servirai pas une seule journée sous l’homme corrompu de [la rue] Balfour », a-t-elle dit, faisant référence à l’adresse de la résidence du Premier ministre.

Gantz a dit regretter la décision de ses partenaires de se séparer de lui, mais a déclaré qu’il n’avait pas d’autre choix.

« Je ne serai pas celui qui n’a pas fait l’effort d’empêcher une dégradation continue de l’état de droit pour au moins un an de plus. Je ne serai pas celui qui n’a pas tenté d’éviter une quatrième élection. Je ne serai pas celui qui a refusé catégoriquement d’intervenir dans une situation d’urgence », a-t-il déclaré.

Le parti Kakhol lavan a été formé en 2019, avec trois factions constituantes : Yesh Atid de Lapid, qui, ayant déjà participé à plusieurs élections, a fourni une majeure partie de l’infrastructure du parti ; Hosen LeYisrael de Gantz ; et Telem de Yaalon – les deux derniers étant de nouveaux venus sur la scène politique israélienne.

« Mes collègues et moi ne ménagerons aucun effort afin de former un gouvernement national d’urgence. Nous allons affronter la crise sanitaire. Nous sortirons le pays du traumatisme économique qu’il traverse et nous essaierons de guérir les blessures causées par la haine, qui nous déchirent de l’intérieur », a déclaré Gantz.

« Tout le monde parle de promesses électorales, mais il y a une promesse à laquelle je ne dérogerai jamais : Israël passe avant tout », a-t-il déclaré.

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