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Gantz souhaite désigner le prochain chef de Tsahal, contre l’avis de l’opposition

Les partis de droite et religieux ont demandé au procureur général de surseoir l'approbation des nominations de haut niveau jusqu’à la formation du prochain gouvernement

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 20 juin 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/ Porte-parole de la Knesset )
Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 20 juin 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/ Porte-parole de la Knesset )

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’est engagé, mardi, à finaliser le processus de sélection du prochain chef de l’armée israélienne, suite à la demande des partis religieux et de droite de l’opposition de surseoir à nommer à des postes de haut-fonctionnaire jusqu’au prochain gouvernement.

Dans un courrier adressé à la procureure générale, Gali Baharav-Miara, les dirigeants du Likud, du Shas, de Yahadout HaTorah et du parti Sionisme religieux ont fait valoir que le gouvernement intérimaire, supposé prendre le pouvoir après la dissolution de la Knesset, n’avait pas l’autorité pour nommer à des postes de haute responsabilité.

« Je souhaite, dans la mesure du possible, finaliser ce processus…car personne en Israël ne connaît mieux les candidats que moi, à la fois leurs capacités mais aussi les besoins du système, de manière à choisir la bonne personne parmi des candidats exceptionnels », a déclaré Gantz lors d’un point de presse, au cours duquel il a également évoqué des questions électorales.

Gantz aurait aimé nommer le nouveau chef de Tsahal avant la chute de la coalition, mais il n’en aura manifestement pas le temps, puisque la Knesset devrait être dissoute dès la semaine prochaine.

La nomination permanente de hauts fonctionnaires – tels que le chef de la police ou de l’armée – ne se fait normalement pas par des gouvernements intérimaires. Entre 2018 et 2020, la police israélienne a ainsi eu un directeur par intérim du fait d’une succession de scrutins infructueux.

Le procureur général peut tout-à-fait approuver des nominations permanentes proposées par un gouvernement intérimaire. Aussi, les partis d’opposition ont demandé à Baharav-Miara de surseoir à toute approbation jusqu’à ce que le prochain gouvernement prête serment.

La nouvelle procureure générale Gali Baharav-Miara lors d’une cérémonie d’accueil à Jérusalem le 8 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le mandat de quatre ans de l’actuel chef d’état-major général de Tsahal, le lieutenant-général Aviv Kohavi, devrait prendre fin en janvier 2023. Le poste est d’une durée de trois ans, prorogeable d’un an voire deux en de rares occasions. La plupart des chefs de l’armée servent pendant quatre ans.

Les candidats nommés par Gantz la semaine passée sont Eyal Zamir, ex-chef d’état-major adjoint de Tsahal actuellement chercheur dans un groupe de réflexion à Washington, Herzi Halevi, actuel chef de cabinet adjoint et Yoel Strick, ex-commandant des forces terrestres de l’armée, également chercheur dans un groupe de réflexion à Washington.

(De gauche à droite) Photographies officielles non datées des major-généraux Eyal Zamir, Herzi Halevi et Yoel Strick. (Crédit : Armée israélienne)

Selon les éléments publiés par son cabinet, Gantz aurait eu un entretien avec Zamir dimanche, et devait rencontrer Strick et Halevi mardi, pour « s’assurer de leur disponibilité pour le poste et les entendre sur leur vision de Tsahal dans les années à venir ainsi que sur le rôle de chef d’état-major ».

Gantz s’entretiendra également avec d’ex-hauts responsables de la défense « pour d’autres consultations », a ajouté son cabinet, « et si nécessaire s’entretiendra à nouveau avec les candidats ».

Le chef de Tsahal, le lieutenant-général Aviv Kohavi, s’exprime lors d’une conférence dans la ville centrale de Modiin, le 12 juillet 2022. (Crédit: Tsahal)

La loi veut que les candidatures au poste de chef du gouvernement ainsi que d’autres postes de haut niveau tels que le chef de la police ou le gouverneur de la Banque d’Israël, soient examinées par le Comité consultatif des nominations de haut niveau, préalablement au vote du gouvernement.

Halevi est présenté comme favori et Zamir, l’outsider. Halevi et Kohavi ont commencé leur carrière militaire dans la même unité parachutiste et ont tous deux été chefs de la Direction du renseignement militaire de Tsahal.

Avant d’être chef d’état-major adjoint, Halevi, qui est âgé de 54 ans, a été à la tête du Commandement Sud de Tsahal, lors de plusieurs combats entre Israël et les terroristes, dans la bande de Gaza, en 2018 et 2019.

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