Gantz exhorte Rivlin à aider Israël pour éviter un troisième scrutin
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Gantz exhorte Rivlin à aider Israël pour éviter un troisième scrutin

Pour le chef de Kakhol lavan, le président devrait confier la formation du gouvernement à quelqu'un qui s'engagerait, en cas d'échec, à passer le relais à un autre député

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz lors d'un rassemblement de campagne à  Tel Aviv, le 15 septembre 2019 (Crédit :  Tomer Neuberg/Flash90)
Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz lors d'un rassemblement de campagne à Tel Aviv, le 15 septembre 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le chef de Kakhol lavan a vivement recommandé, dimanche, au président Reuven Rivlin d’aider Israël à éviter un troisième scrutin, laissant ainsi entendre que la tâche de former un gouvernement ne devait pas être confiée à Benjamin Netanyahu à moins qu’il ne fasse la promesse de céder la mission à un autre député en cas d’échec.

Après les élections du mois d’avril, Netanyahu n’était pas parvenu à rassembler une coalition et avait préféré faire retourner les Israéliens aux urnes plutôt que de donner sa chance à un autre parlementaire.

« J’appelle le président Rivlin, de manière à ce que nous ne retournions pas voter une troisième fois, à ne donner le mandat de la formation d’un gouvernement qu’à quelqu’un qui promettra de la confier à un autre si – et quand – il ne parvenait pas à le mettre en place », a déclaré Gantz lors d’un événement de campagne à Tel Aviv.

Le chef du parti centriste a également clamé que Netanyahu « vendrait le pays au nom de ses intérêts propres ».

Cette supplique adressée par Gantz à Rivlin survient alors que le Premier ministre s’est refusé à exclure la possibilité d’un troisième scrutin en moins d’un an s’il échouait encore une fois à former un gouvernement à l’issue du scrutin du 17 septembre.

Sous les termes de la loi israélienne, si un député chargé de rassembler un gouvernement avant la fin de la période légale échoue dans sa mission, il doit rendre son mandat au président qui le confie alors à un autre membre de la Knesset, qui se trouve à son tour chargé de bâtir une coalition.

Néanmoins, à la suite du scrutin d’avril, Netanyahu avait prôné un vote de dissolution de la Knesset et réclamé des élections anticipées après avoir échoué à rassembler un gouvernement avant la date-butoir définie par la loi, plutôt que de voir Rivlin confier cette tâche à un autre.

Le Président Reuven Rivlin (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu alors que Rivlin charge Netanyahu de former la prochaine coalition, à la résidence du Président à Jérusalem le 17 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Rivlin a expliqué au début du mois qu’il ferait tout son possible pour éviter un troisième scrutin et suggéré que Netanyahu avait exploité une faille pour contourner les règles de la démocratie fragile du pays et rester au pouvoir.

« Nous n’avons pas de constitution. Jusqu’aux dernières élections, il y avait une constitution non écrite ; il y avait des règles du jeu claires », a-t-il déploré.

Après le scrutin, les représentants de chaque parti rencontreront le président et recommanderont la personnalité qui, selon eux, devra former le gouvernement. À la suite de ces consultations, le président confiera cette mission à celui qui, selon lui, a la meilleure chance de la mener à bien. Ce ne sera pas nécessairement le député ayant reçu le plus de recommandations.

Si le député échoue à constituer une coalition après 28 jours, il pourra bénéficier d’une prolongation de 14 jours à la discrétion du président – comme cela avait été le cas pour Netanyahu après le dernier scrutin.

Il avait obtenu les recommandations de 65 députés sur 120 après le mois d’avril et été chargé de former un gouvernement.

Le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, qui avait recommandé Netanyahu, avait ensuite refusé d’intégrer la coalition sans l’adoption préalable et sans changement d’une loi régulant la participation des étudiants en yeshivot au service militaire – une demande qui avait été rejetée par les alliés ultra-orthodoxes du Premier ministre.

Malgré des initiatives présumées de séduction de membres de Kakhol lavan et une tentative de dernière minute de faire entrer le Parti travailliste de centre-gauche dans sa coalition, il avait manqué un siège à Netanyahu pour qu’il dispose d’une majorité. Il avait donc initié le nouveau scrutin au lieu de rendre son mandat à Rivlin.

Il s’agissait de la première fois dans toute l’histoire d’Israël qu’un scrutin n’eut pas entraîné la formation d’un nouveau gouvernement.

Depuis l’appel à de nouvelles élections, les sondages prévoient que ni le Likud ni Kakhol lavan ne bénéficieront de suffisamment de sièges pour former un gouvernement avec les autres partis de leur bloc respectif – ce qui laisse entrevoir davantage de paralysie politique.

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